Service abonnements 01 83 97 46 50

Revenir en haut de la page
Home| Social / RH| Formation professionnelle| Dépêche n°588441

Construction des certifications : "Il manque des DRH ou des responsables de formation dans les CPC" (P. Gaumet, AFT)

Le projet de loi "Avenir professionnel" prévoit notamment de réformer la certification professionnelle et de rapprocher les branches professionnelles au sein des futurs opérateurs de compétences. Dans un entretien accordé à AEF info, Hugues Pouzin (CGI) et Philippe Gaumet (AFT) livrent leur vision des impacts de ces changements pour leurs secteurs. Ils présentent un bilan plutôt positif du processus de construction des certifications. Ils constatent également une proximité entre les secteurs du commerce de gros et des transports dans leur approche de la question des compétences.

AEF : La réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage questionne le rôle et le fonctionnement des CPC. Est-ce que dans vos secteurs respectifs ces commissions fonctionnent ?

Hugues Pouzin, directeur général de la CGI (1) : Il y a aujourd’hui une proximité très forte avec l’Éducation nationale qui participe à nos travaux. Par ailleurs, la CGI siège également dans la 15e et la 11e CPC et ça se passe très bien.

Philippe Gaumet, directeur de l’ingénierie pédagogique à l’AFT (2) : L’AFT existe depuis 60 ans et nous travaillons avec la DGEFP et la Dgesco pour faire évoluer les diplômes. Ils jouent le jeu. Après, il faut reconnaître qu’il y a toujours des figures imposées avec ces administrations, notamment en termes d’intégration de blocs d’apprentissages académiques, qui complexifient parfois les choses. On ne pilote jamais complètement les choses. De plus, il y a un "fantasme" qui tient à faire valider les diplômes par des personnes qui tiennent l’emploi concerné. Or, ces personnes ont une bonne connaissance technique de l’emploi mais ils n’en ont pas une vision systémique.

Quand on parle de parcours, de validation d’acquis, de modalités de formation formelles ou informelles, ce n’est pas à quelqu’un qui tient l’emploi qu’il faut parler. Il faut parler à un RH, à un responsable de formation, à un responsable de mission locale… Dans la phase de construction du diplôme, quand on rédige la compétence ou la référence partagée, il faut avoir la compétence technique. Par contre, quand on organise l’alternance ou la mobilité, il faut travailler avec les gens qui sont sur les systèmes de formation. En fait, il manque des DRH ou des responsables de formation dans les CPC.

AEF : En résumé, le système est perfectible mais il fonctionne…

Hugues Pouzin : Il faut reconnaître que nous sommes dans deux secteurs qui travaillent très bien avec l’Éducation nationale parce que nous avons des conventions renforcées avec elle. Nos branches sont très actives, nous les rencontrons très fréquemment, ils connaissent nos attentes. Il y a des secteurs où c’est plus brutal mais c’est peut-être aussi parce que ça manque de proximité.

Philippe Gaumet : C’est un investissement de tous les jours, qui est long et qui se fait au niveau national comme au niveau local. Par exemple, nous sommes, pour nos deux branches, présents dans les campus des métiers. Il y a un maillage qui permet que nos problématiques soient connues et appropriées.

AEF : Finalement, le sujet est aussi celui de la structuration des branches professionnelles. Vous représentez tous les deux des branches qui sont présentes sur les territoires et, en cela, vous êtes des secteurs favorisés…

Hugues Pouzin : Parce que nous nous sommes favorisés nous-même. Demain, il y aurait une réflexion transports-commerce de gros, je ne serai pas choqué. Nous avons un mode de fonctionnement qui est assez proche. Dans le commerce de gros, nous sommes beaucoup plus proches du transport que de la grande distribution. Certains politiques veulent faire un "grand truc" du commerce, mais nous ne formons pas de caissières. Chez nous, la relation commerciale basée sur du conseil est stratégique et le digital ne va pas nous "disrupter". Nous ne travaillons qu’avec des professionnels qui ont besoin d’experts "produit" en face d’eux, car ils achètent des références (alimentaires, du bâtiment ou du matériel électrique…) aux grossistes, qu’ils vont transformer pour livrer un "produit" qui doit satisfaire un client final. Finalement, la relation commerciale dans le transport et dans le commerce de gros est assez similaire.

Philippe Gaumet : Nous sommes vraiment sur une logique de compétences, pas financière.

Hugues Pouzin : Par exemple, nous utilisons l’ingénierie pédagogique du transport et nous sommes un des principaux clients de l’Aftral [le premier opérateur de formation du secteur transport-logistique].

(1) Hugues Pouzin est le directeur général de la CGI (Confédération du commerce de gros et international). Il est également est le président du réseau NetInvet, un réseau européen de promotion des mobilités pour les jeunes en formation

(2) Philippe Gaumet est le directeur de l’ingénierie pédagogique à l’AFT, la structure en charge du développement de la formation dans les secteurs du transport et de la logistique. Il est également le vice-président de NetInvet

Fermer

Bonjour

Vous souhaitez contacter

Christophe Marty, journaliste