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Dominique Marchand (Cnous) : "La CVEC sera un levier de développement de la relation avec les établissements"

Alors qu’un "élément central" de l’action de Dominique Marchand, nouvelle présidente du Cnous, sera les partenariats avec les établissements d’enseignement supérieur, elle se dit "persuadée, dans un entretien accordé à AEF le 21 juin 2018, que la nouvelle CVEC sera "un levier de développement de cette relation". Elle entend leur "montrer encore plus tout ce que les Crous peuvent leur apporter", sans empiéter sur leur autonomie. Autre "gros chantier", celui-ci RH : la fonctionnarisation des PO. Le Cnous travaille à l’organisation des concours réservés et Dominique Marchand n’est "pas inquiète" des incidences d’une campagne nationale de recrutement. "Cela demandera une organisation différente, proche des modes de fonctionnement connus dans les universités". Par ailleurs, interrogée sur la future réorganisation territoriale, elle affirme que la fusion des Crous n’est pas une ses priorités.

Dominique Marchand, présidente du Cnous. Cnous

AEF : Vous êtes arrivée à la tête du Cnous fin mai dernier (lire sur AEF), quels seront les chantiers prioritaires de votre feuille de route stratégique ?

Dominique Marchand : Ma feuille de route n’est pas encore formalisée et le sera plutôt à la rentrée. Depuis mon arrivée au Cnous, j’ai pu participer à Campus Cook à Nancy, au colloque des vice-présidents étudiants à Bordeaux, au séminaire des cadres à Lyon, et se déroule actuellement le dialogue de gestion avec chacun des Crous. C’est une très bonne période pour prendre mes fonctions car ce travail de terrain va nourrir les propositions que je pourrai faire à la ministre Frédérique Vidal, afin de construire ma feuille de route.

Je peux toutefois d’ores et déjà affirmer que je compte poursuivre la modernisation du réseau des œuvres déjà très bien engagée, dans tous les champs. Par exemple, sur le logement, je préciserai la volonté du Cnous de contribuer au plan de construction de 60 000 logements étudiants sur le quinquennat et de poursuivre les réhabilitations, ou d’améliorer encore la qualité du logement et de l’accueil. Dans bien des académies, la quasi-totalité des logements seront bientôt réhabilités. Sur la restauration, nous poursuivrons l’adaptation de l’offre en veillant à préserver un équilibre entre restauration assise et restauration rapide. Je souhaite également développer fortement les actions de communication du réseau dont toutes les évolutions gagnent à être connues et amplifier le recours aux outils numériques.

Un autre élément central de mon action sera les partenariats avec les établissements d’enseignement supérieur autour de la vie étudiante, qui est indéniablement un facteur important de réussite pour les étudiants et d’attractivité pour les établissements. Sur ce sujet, je suis persuadée que la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) sera un levier de développement de cette relation qui est déjà très nourrie. Il n’est pas question d’empiéter sur l’autonomie des établissements, mais le logement et la restauration sont des métiers pour lesquels les Crous disposent de professionnels. Nous devons montrer encore plus aux établissements tout ce que les Crous peuvent leur apporter en termes de partenariat et d’accompagnement et que nous sommes des partenaires efficaces.

AEF : Concernant la mise en place de la contribution de vie étudiante et de campus dont le décret vient d’être présenté au Cneser (lire sur AEF), les Crous sont-ils prêts pour sa mise en œuvre et les craintes exprimées par certains réseaux ont-elles été dépassées (lire sur AEF) ?

Dominique Marchand : Tout est prêt au plan technique pour la période de paiement de la contribution qui s’ouvrira au 1er juillet. Il y a aura ensuite l’utilisation des montants qui seront dégagés. Concernant la part qui reviendra aux Crous, nous ferons une analyse territoire par territoire des besoins, pas par académie, mais bien par campus et par site, analyse à laquelle seront associés les étudiants.

Les établissements ont pu avoir des interrogations sur le rôle des Crous mais ces derniers ont été choisis pour plusieurs raisons : c’est un réseau qui couvre tout le territoire et qui s’adresse à l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur et dispose de comptables publics aptes à procéder au recouvrement. De plus, ce sont des opérateurs naturels de la vie étudiante, et par exemple, ils peuvent identifier, dès le début du processus d’inscription, les boursiers qui ne paient pas la CVEC. Enfin, ils ont un terreau de compétences, notamment concernant le paiement dématérialisé.

AEF : Un autre sujet majeur pour le réseau des œuvres est la mise en œuvre de la fonctionnarisation des personnels ouvriers des Crous. Où en est ce dossier alors que le protocole d’accord doit être mis en œuvre d’ici septembre prochain ?

Dominique Marchand : Les directions d’administration centrale se préoccupent des textes d’application, de notre côté, nous travaillons à l’organisation de concours réservés qui ont vocation à se dérouler sur plusieurs années, même si pour l’heure nous n’avons aucune visibilité précise sur le nombre de personnes qui seront intéressées en octobre. Il s’agit en effet de choix individuels, liés au parcours professionnel, à l’âge et donc à l’impact sur la retraite, à l’attachement au symbole qu’être fonctionnaire représente ou par appétence pour les possibilités que cela pourra offrir en termes de mobilité…

Cet intérêt ne pourra être réellement mesuré que lorsque les inscriptions aux concours auront été enregistrées. C’est un gros chantier RH pour les Crous, mais aussi pour le Cnous : le service RH vient en effet en appui et en conseil aux personnels ouvriers et aux services RH des Crous. Tout cela dans un contexte de préparation du prélèvement de l’impôt à la source et de l’organisation des élections professionnelles.

PO : le CTMESR vote pour le décret ouvrant le concours réservé

 

Le projet de décret prévoyant l’ouverture, pour les personnels ouvriers des Crous relevant de l’échelle 7, d’examens professionnels pour accéder au grade de technicien de recherche a reçu un vote favorable lors du CTMESR du 14 juin 2018, avec 14 voix pour (SNPTES, CGT, CFDT, FSU, Unsa, Sud) et 1 abstention (FO).

En outre, une motion présentée par le SNPTES a été adoptée par la quasi-totalité des représentants du CTMESR (sauf l’Unsa). Le texte regrette que les "PO exerçant des fonctions particulièrement importantes, notamment les échelles 7 et 8, n’aient pas directement accès, par ces recrutements réservés, aux grades sommitaux de la catégorie B et, pour ceux dont les fonctions le justifient, aux corps de la catégorie A". La motion demande à la ministre de l’ESRI, Frédérique Vidal, "que soit engagée une politique reconnaissant les qualifications des métiers dans les missions qu’ils concourent à réaliser", ce qui doit "notamment permettre à ces collègues d’intégrer les corps ou grades auxquels leurs fonctions correspondent réellement et de revaloriser les grilles de rémunérations des collègues qui feront le choix de rester sous contrat régi par les DAPOOUS (dispositions applicables aux personnels ouvriers des œuvres universitaires et scolaires)".

AEF : La fonctionnarisation va-t-elle entraîner des lourdeurs dans le recrutement des agents et avez-vous l’assurance qu’elle sera financée ?

Dominique Marchand : Nous allons en effet devoir nous inscrire dans une campagne nationale de recrutement annuelle, ce que certains Crous comme celui de Bordeaux faisaient déjà. Cela aura donc une incidence, je ne peux pas dire le contraire, mais qui demandera une organisation différente, proche des modes de fonctionnement connus dans les universités. Je ne suis pas inquiète car il y a toujours la possibilité de recruter des contractuels en attendant le concours. Quant au financement de la fonctionnarisation, nous n’avons pas entamé les discussions budgétaires, mais chacun est conscient de l’incidence que cela aura, notamment concernant le CAS pension.

AEF : Un récent rapport sur la réorganisation territoriale des services déconcentrés du ministère (lire sur AEF) indique que "la réflexion devra également porter sur les Crous" et que les opérations de fusions devront être "poursuivies au fur et à mesure de la mise en place des nouvelles académies". Y a-t-il des réflexions au Cnous sur ces questions ?

Dominique Marchand : Le sujet n’a pour l’instant pas été évoqué en tant que tel, y compris avec le ministère, et les fusions de Crous ne font pas partie de mes priorités. Il me semble pour l’instant plus majeur de travailler sur des outils de mutualisation, comme c’est le cas pour des plateformes d’appels téléphoniques ou sur le patrimoine, et ensuite regarder si d’éventuelles fusions ont du sens sur un territoire, par rapport à la configuration des établissements d’enseignement supérieur. Pour l’instant, les Crous de Dijon et Besançon d’une part et de Caen et Rouen d’autre part sont en train de fusionner (lire sur AEF).

AEF : Les étudiants avaient jusqu’au 31 mai pour remplir leur dossier social étudiant. Cela pose-t-il un problème de calendrier alors que la procédure Parcoursup n’est pas terminée et que des étudiants n’ont pas encore d’affectation pour l’année universitaire à venir ?

Dominique Marchand : Il n’y a aucune difficulté d’articulation entre Parcoursup et le tour logement et nous avons toujours demandé aux étudiants de remplir leur DSE dès janvier, sans savoir s’ils auraient le bac et sans connaître l’établissement d’enseignement supérieur dans lequel ils seraient amenés à étudier. Et je dirais même qu’avant, avec APB, il n’y avait pas plus d’adéquation et au final c’était même plus en décalage. Nous nous adaptons évidemment, y compris grâce à notre centrale logement qui permet de faire en sorte que les étudiants jusqu’à fin septembre puissent déposer leur dossier, avec ensuite une procédure au fil de l’eau. La seule raison pour laquelle il est recommandé de déposer son dossier complet dans les temps impartis, est que nous garantissons un paiement à la rentrée, d’autant que nous avons un objectif de paiement à date.

AEF : En octobre 2017, le Premier ministre Édouard Philippe avait annoncé la création d’un soutien à la mobilité jusqu’à 1 000 € ainsi qu’un quota de logements Crous pour les étudiants changeant d’académie (lire sur AEF). Comment les Crous mettent-ils en place ces mesures ?

Dominique Marchand : Les Crous vont en effet accompagner les mobilités des étudiants sur les aspects aides et logement, dans le cadre des commissions d’accès à l’enseignement supérieur pilotées par les recteurs et auxquelles ils sont invités. Nous sommes prêts et organisés afin que, dès que la commission valide une mobilité, le Crous puisse immédiatement prendre le relais, en veillant à ce que les commissions d’attribution des aides spécifiques des Crous soient organisées juste après les commissions d’accès.

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Camille Cordonnier, journaliste