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Pierre Lieutaud (CNSJ) : "Les JO 2024 représentent un tremplin formidable pour la filière des industries de sécurité"

"Les Jeux olympiques vont représenter un tremplin formidable pour la filière des industries de sécurité", affirme Pierre Lieutaud, jeudi 14 juin 2018. Le préfet coordinateur national pour la sécurité des Jeux olympiques de Paris 2024 s’exprimait lors d’une conférence organisée dans le cadre du salon Eurosatory 2018, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), présentant les besoins en sécurité en prévision de l’événement sportif international. "Toute innovation technologique qui permettra de renforcer la sécurité […], tout en permettant de dégager des effectifs, aura un intérêt capital", déclare-t-il.

Paris 2024

L’implication de la filière des industries de sécurité dans l’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 doit lui permettre "de capitaliser sur l’expérience des Jeux pour pouvoir exporter et développer un savoir-faire". C’est ce que déclare le CNSJ (coordinateur national pour la sécurité des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024), le préfet Pierre Lieutaud (lire sur AEF info), jeudi 14 juin 2018, lors du salon Eurosatory 2018, au cours d’une conférence portant sur les besoins en sécurité de l’État, du Cojo et des collectivités locales pour les JO.

"Les JO ne seront pas un laboratoire"

Le CNSJ identifie différentes "contraintes cumulatives" qui s’imposent aux industriels souhaitant proposer leurs innovations dans la perspective des Jeux. "Les JO ne seront pas un laboratoire, nous ne serons pas dans une phase de recherche et de développement", avertit-il. "Tout matériel qui sera employé lors des JO devra avoir été testé et éprouvé dans des conditions opérationnelles sévères." Pierre Lieutaud ajoute que l’engagement de ces moyens technologiques innovants "devra s’exercer de manière uniforme sur l’ensemble du territoire". "Pour chaque type de sites, quelles que soient leur implantation sur le territoire national, les moyens et les procédures qui seront mis en œuvre seront rigoureusement identiques."

Autre contrainte, l’évolution des textes de loi en adéquation avec les innovations envisagées. Le préfet envisage que "certains de ces matériels puissent nécessiter l’adaptation d’un certain nombre de textes juridiques, voire de créer des textes appropriés". Il cite notamment l’exemple de la reconnaissance faciale, "qui va être un sujet important pour les Jeux olympiques, et un dispositif que l’on pourrait mettre en œuvre". "Nous n’avons pas de couverture juridique qui nous permet d’employer ce dispositif. Les délais de modification des textes étant très longs, il est essentiel que nous nous mettions au travail dès 2018", précise-t-il.

Pierre Lieutaud précise en outre que "la maîtrise de coûts est une priorité" du Cojo et qu’ainsi "toute innovation technologique devra en conséquence être raisonnable sur le plan budgétaire". Ces outils devront en outre s’inscrire dans une logique durable : "Les Jeux olympiques sont pour nous l’objectif capital de la décennie à venir mais ce n’est pas l’objectif final."

"L’industrie va se mobiliser pour le succès de cette aventure"

En liaison avec le ministère de l'Intérieur, le Cojo et les collectivités territoriales, la filière des industries de sécurité a mis en place un groupe de travail "JO 2024" au sein du Cofis (Comité de la filière industrielle de sécurité) (lire sur AEF info). "Nous avons décidé de travailler dans l’anticipation pour influer sur la façon dont le besoin sera étudié et commencer à identifier les points sur lesquels des actions doivent être mises en place en termes réglementaires, législatifs ou organisationnels", explique Jacques Roujansky, délégué général du CICS (Conseil des industries de confiance et de sécurité). "L’industrie est un partenaire proactif, très ouvert et qui va se mobiliser à fond pour le succès de cette aventure."

Jérôme Perrin, de la DMISC du ministère de l'Intérieur, précise qu’un "premier travail entre tous les opérateurs de sécurité est de définir quels sont les besoins prioritaires de sécurité dans la perspective 2024". Ceux-ci sont déterminés selon différents critères tels que "la facture RH, la sensibilité des actions, la répartition entre sécurité publique et sécurité privée". "Nous nous appuierons sur les retours d’expérience des JO passés ou à venir, comme Tokyo 2020", ajoute-t-il. Selon Jacques Roujansky, des premières idées plus concrètes émergent de cette réflexion au sein du groupe de travail, telles que "des sas multimodes d’accès au site", et le besoin d’une solution permettant aux agents "d’être connectés entre eux et plus efficients". Il juge par ailleurs que "la question de la vidéosurveillance reste un point évident". "Nous sommes très loin du compte aujourd’hui." Le groupe de travail réfléchit ainsi à la façon de développer un dispositif "plus complet à l’horizon 2024". Quant à la reconnaissance faciale, il assure que le Cofis "va tout faire pour que les obstacles réglementaires et légaux soient levés".

"Le planning est contraint", relève néanmoins Jérôme Perrin. "Les solutions doivent être opérationnelles avant les Jeux, pour avoir le temps de les valider, s’assurer que les forces de sécurité publique ou privée, les opérateurs industriels aient eu le temps de les prendre en main, de faire de l’entraînement, de la formation, ce qui nous conduit plutôt à l’été 2023." Il estime ainsi que les années 2019 à 2022 seront consacrées à "une veille active" sur les solutions de sécurité, la conduite de développements pour "amener les solutions technologiques à maturité" et la tenue d’expérimentations, "afin d’être en mesure de fournir aux organisateurs les meilleures solutions de sécurité pour les Jeux".

L’enjeu de la surveillance humaine : 20 000 agents prévus

"La sûreté et la sécurité de tous sont la priorité numéro un pour un organisateur d’événements", affirme Augustin Nechad, chef de projet "Games services" de Paris 2024. "Cela passe par de la co-construction de la sécurité, avec l’État, mais également avec les industriels", abonde-t-il. "Il est important de mobiliser tout le monde dès le début sur ces réflexions, afin d’observer comment les dispositifs de sécurité vont s’articuler pendant les Jeux. C’est aussi des procédures et des équipements fiables, testés et efficaces."

Augustin Nechad souligne par ailleurs l’enjeu de la surveillance humaine et relève que le Cojo a prévu de déployer 20 000 agents privés de sécurité pour les Jeux (lire sur AEF info), contre 13 000 pour l’Euro 2016 de football en France (lire sur AEF info). "Sera-t-on capable de mobiliser autant de monde ?", s’interroge-t-il. "Il y a un enjeu très important sur la quantité ainsi que sur la qualité et la formation de ces personnes, pour qu’elles soient présentes au rendez-vous des Jeux olympiques", estime-t-il (lire sur AEF info). Et de rappeler : "Les Jeux sont une fête où le monde entier se réunit dans une ville, un pays. Il faudra que nos opérations de sécurité ne se fassent pas au détriment cette célébration."

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Marc-Antoine Bindler, journaliste