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Congrès de la CFDT : "Il n’y a pas de demande d’inflexion de la ligne politique confédérale" (Laurent Berger à AEF info)

Après deux jours d’intervention sur le rapport d’activité, Laurent Berger fait le point pour AEF info sur le début du 49e congrès de Rennes. "Ce que je retiens, c’est qu’il n’y a pas de demande d’inflexion de la ligne politique confédérale […]. En revanche, il y a une forte demande de réflexion sur nos modes de mobilisation", souligne-t-il, quelques heures avant de répondre aux 1 750 congressistes réunis à Rennes. Et de se féliciter que l’opération sur la transparence du nombre d’adhérents constitue "un élément d’identification" pour les militants réunis.

Laurent Berger, mercredi 6 juin 2018, avant l'ouverture du troisième jour du 49e congrès confédéral de la CFDT.

AEF : Que retenez-vous des deux jours d’intervention des congressistes sur le rapport d’activité ?

Laurent Berger : Il y a deux principaux types d’intervention. En premier lieu, il y a ceux qui portent une forme de validation consistant à dire "On est bien à la CFDT, vous faites le job. Il y a des choses réussies, d’autres non, mais ça va". Mais ils font part aussi de leurs grandes inquiétudes notamment sur la façon dont s’organise le dialogue social dans les entreprises, à savoir sur ce qui constitue le pilier de notre syndicalisme. Ces interventions varient selon le niveau d’inquiétude et l’histoire de chaque structure, mais elles valident globalement la ligne de la confédération.

Et puis, il y a les traditionnelles interventions de ceux qui ne sont pas d’accord avec la stratégie et le type de syndicalisme prôné par la CFDT. La part de ces interventions reste constante de congrès en congrès, c’est-à-dire entre 15 et 18 %.

AEF : Mais ces inquiétudes affichées à la tribune ne vous alarment pas ?

Laurent Berger : Il faut répondre à ces inquiétudes, mais ce que je retiens, c’est qu’il n’y a pas de demande d’inflexion de la ligne politique confédérale. Il n’y a pas de demande de convergence des luttes, par exemple. En revanche, il y a une forte demande de réflexion sur nos modes de mobilisation. Nous avons un immense chantier devant nous pour permettre aux salariés de nous suivre.

Les interventions des congressistes sont aussi marquées par des demandes de prise en compte de leurs besoins de mutualisation des moyens, de soutien et d’accompagnement des militants…

AEF : Justement, on peut avoir le sentiment que les congressistes parlent plus de leurs problématiques internes que de leur action dans les entreprises…

Laurent Berger : Il y a quatre ans, à Marseille, nous avons ouvert la porte en acceptant de discuter sur notre fonctionnement. Les organisations nous disent aujourd’hui deux choses : "un, il y a eu des progrès, mais deux, il faut aller plus loin et donner la possibilité aux syndicats de se développer."

Nous avons fait des progrès, mais il y a encore du travail et cela ne dépend pas de la seule confédération. Il faut passer d’une réflexion sur notre fonctionnement à de vraies discussions sur nos pratiques quotidiennes. C’est ce que nous allons porter dans la résolution.

AEF : La satisfaction de la première place dans le secteur privé ne masque-t-elle pas les lacunes en termes de syndicalisation ?

Laurent Berger : Sur la syndicalisation, les interventions illustrent le fait que la maison est actuellement en mode ralenti. Il y a bien eu quelques affirmations sur ce thème, quelques exemples mis en avant par ceux qui ont obtenu des résultats, mais il faut clairement remettre le dossier sur le dessus de la pile.

En revanche, sur la transparence des chiffres d’adhérents, je m’attendais à ce que cela secoue un minimum, mais les congressistes en ont déjà fait un élément d’identification. À tel point que celui qui a remis en cause la démarche a senti une désapprobation de la salle.

AEF : Outre les multiples réactions sur la politique d’Emmanuel Macron, de nombreux congressistes ont regretté la "déception" que vous avez affichée à l’automne en plein débat sur les ordonnances…

Laurent Berger : Oui, je vais répondre sur ce terme "déçu". C’est la titraille d’une interview dans laquelle je fais aussi part de mon désaccord profond sur certains points de la réforme et sur le fait que le gouvernement ne fait pas le choix de laisser toute sa place au dialogue social. Alors oui, "déçu" n’était peut-être pas le terme le plus approprié, mais c’est le terme d’un instant.

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Jérôme Lepeytre, journaliste