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Mobilisation du 22 mai 2018 : l"unité totale" des syndicats justifiée par une situation "assez grave"

Une nouvelle journée unitaire aura lieu le mardi 22 mai 2018, à laquelle participera l’ensemble des neuf syndicats représentatifs de la fonction publique, ont souligné leurs représentants syndicaux lors d’une conférence de presse, mardi 17 avril 2018, dans les locaux de la FGF-FO.

La CFDT et l’Unsa se sont récemment ralliés à l’intersyndicale (lire sur AEF info), après s’être abstenues de participer à la journée de mobilisation du 22 mars 2018 (lire sur AEF info). Christian Grolier, secrétaire général de FO Fonctionnaires, affirme sa "grande satisfaction" face à la cohésion de l’ensemble des syndicats de la fonction publique, révélatrice d’une "unité totale" dans les revendications contre le gouvernement. Il évoque un "contexte social fortement agité", avec la mobilisation en parallèle des cheminots, des éboueurs et des Ehpad.

L’UFSE-CGT, l’Uffa-CFDT, la FGF-FO, l’Unsa Fonction publique, la FSU, Solidaires Fonction publique, la CFTC-FAE, les Services publics CFE-CGC et la FA-FP, soit l’ensemble des neuf syndicats représentatifs de la fonction publique, ont décidé de mener une nouvelle journée d’action le 22 mai 2018. À l’origine de cette mobilisation unitaire, la "situation assez grave" dans laquelle se trouve l’ensemble de la fonction publique, indique Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’UFSE-CGT.

"Nous avons été déçus que le président Emmanuel Macron n’ait pas dit un mot sur les fonctionnaires lors de sa récente prise de parole", souligne Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, lors de la conférence de presse de l’intersyndicale, ce 17 avril. Un silence révélateur, selon elle, du flou entretenu par le gouvernement autour de la transformation de la fonction publique. Les syndicats en sont réduits à "attendre ce qui sera mis sur la table", estime-t-elle. 

Des revendications Pérennes

Parmi les revendications syndicales, à peu près identiques à celles de la journée de mobilisation du 10 octobre 2017 (lire sur AEF info), la question de la rémunération et du pouvoir d’achat est prioritaire pour Bernadette Groison. L’union des neuf syndicats rendrait possible une "mobilisation forte des agents", qui viendrait "peser" sur le calendrier social, notamment le rendez-vous salarial prévu mi-juin. "Nous ne voulons pas d’une rémunération au mérite, mais la reconnaissance générale du travail des agents", indique-t-elle, faisant allusion à l’un des objectifs poursuivis par le gouvernement dans le cadre de la concertation "fonction publique" ouverte le 9 avril (lire sur AEF info). Il y a un "problème d’attractivité" de la fonction publique, qui serait notamment dû à la question salariale, selon la syndicaliste.

"Nous demandons des mesures générales de revalorisation pour les agents, y compris les non-titulaires", poursuit-elle. La titularisation serait en effet "demandée par toutes les organisations syndicales", appuie Jean-Mac Canon, qui estime que la fonction publique présente un "chiffre excessif" de contractuels, dont la situation les maintient "dans la précarité". "Le gouvernement veut toujours avoir recours à plus de non-titulaires, malgré le fait que le bilan Sauvadet n’a pas eu les effets escomptés (lire sur AEF), ce à quoi nous nous opposons", explique-t-il.

De l'"Inquiétude" pour l’avenir de la fonction publique

Les mesures annoncées concernant la transformation du secteur public ont par ailleurs été accueillies froidement. C’est le cas notamment du document pour "refonder le contrat social avec les agents publics" (lire sur AEF) ou du plan Action publique 2022. À ce sujet, Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, appelle le gouvernement à "écouter les propositions des organisations syndicales" avant de s’interroger sur l’importance à donner au rapport du comité d’expert CAP22 qui devrait bientôt être rendu. "Nous ne savons pas quelles annonces sont à venir de ce côté-là ; le gouvernement agit sur le mode de la fuite", s’inquiète-t-elle.

La possibilité d’une rémunération au mérite est quant à elle loin de faire l’unanimité. "Nous nous y opposons par principe, justifie Christian Grolier, car cela casserait le principe de la carrière selon les catégories d’agents". Pour Bernadette Groison, "le gouvernement veut faire un comparatif des métiers, mais nous ne rentrerons pas dans ce jeu-là qui consiste à monter les agents les uns contre les autres". Les représentants syndicaux se prononcent également contre la fusion envisagée entre les CHSCT et les CE dans le cadre du chantier "rénovation du dialogue social". "Nous sommes attachés aux CHSCT parce qu’ils garantissent la santé et la sécurité au travail et apportent des éléments positifs dans le quotidien des agents", souligne Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa Fonction publique.

une "suite de la mobilisation" après le 22 mai

Dans ce contexte, il faut s’attendre à une mobilisation "forte, soutenue, durable" dans la fonction publique, avertit Christian Grolier, secrétaire général de FO Fonctionnaires. "Il n’est pas garanti que les services publics de demain seront à la hauteur de ceux d’aujourd’hui", alerte ainsi Nathalie Makarski, présidente des Services publics CFE-CGC, notamment à la suite de l’annonce de la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires à l’horizon 2022. Une appréhension que partage Caroline Charruyer, membre de la FA-FP : "Le cœur du statut des fonctionnaires risque d’être modifié, alors que le statut ne fait pas des agents des privilégiés, mais a été créé pour garantir aux usagers l’accès aux services publics."

"Nous sommes confrontés à une impasse du dialogue social, pointe Denis Turbet-Delof, délégué général de Solidaires Fonction publique, qui prévoit d’ores et déjà une "suite de la mobilisation" après le 22 mai, en insistant sur l’importance de "maintenir un calendrier de mobilisation dans la durée".

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Myriam Mariotte, journaliste