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Dialogue social : "Le temps des grands accords structurants pour les entreprises est derrière nous" (Alexandre Saubot)

"Il faut un nouveau modèle de patronat fondé sur un syndicalisme de service, à tous les niveaux […]. Le rôle du Medef national sera demain moins de négocier des grands accords que de donner des outils aux Medef territoriaux et aux branches, sur tous les sujets stratégiques, pour accompagner les évolutions économiques. Chaque entreprise, confrontée à une question ou à une difficulté particulière, devra trouver au sein du réseau une réponse adaptée", résume Alexandre Saubot dans son programme diffusé vendredi 13 avril 2018 dans le cadre de l’élection de juillet prochain à la présidence du Medef. Pour l’ancien vice-président du Medef et président de l’UIMM, "le Medef doit être utile aux entreprises, sinon il perd sa raison d’être".

"Par le passé, le Medef a pu définir son rôle de manière principale à travers la conclusion d’accords interprofessionnels. Cette époque est révolue : le temps des grands accords structurants pour les entreprises est derrière nous et la pratique même du dialogue social doit évoluer", explique Alexandre Saubot dans son programme de candidature à la présidence du Medef. "Nous avons, ces dernières années, trop souvent conclu des accords nationaux interprofessionnels insatisfaisants, des compromis peu ambitieux, arrachant des avancées modestes par rapport aux enjeux auxquels nos entreprises sont confrontées au prix de concessions parfois significatives", ajoute-t-il dans le document diffusé vendredi 13 avril 2018.

Sur le même sujet, l’ancien vice-président du Medef explique vouloir refuser "à l’avenir la pratique de la négociation encadrée à la demande des pouvoirs publics, dans laquelle le gouvernement nous incite à négocier tout en nous dictant le résultat auquel nous devons aboutir".

décentralisation de la négociation

À la place, le candidat à la présidence du Medef souhaite que les partenaires sociaux reprennent en main leur agenda social et se concentrent sur "un nombre restreint de sujets que nous entendons négocier avec eux soit parce qu’ils requièrent une mutualisation entre secteurs d’activité et entreprises et qu’ils relèvent du paritarisme de gestion [retraites complémentaires, assurance chômage…], soit parce qu’ils répondent à une attente forte des entreprises et qu’ils peuvent nécessiter un cadre au niveau interprofessionnel [par exemple sur le télétravail]".

D’une manière générale, il s’inscrit dans la logique de décentralisation de la négociation collective, voulant que le Medef favorise et vienne en appui des négociations d’entreprise et de branche. Si la négociation de branche permet de créer "un socle conventionnel indispensable pour le PME et surtout les TPE", elle pâtit actuellement de la "fragmentation excessive des branches professionnelles". Du coup, Alexandre Saubot souhaite que le Medef joue "un rôle de facilitateur" dans le chantier de restructuration des branches.

"réinterroger le paritarisme"

L’ancien président de l’IUMM souhaite réinterroger le paritarisme. "lorsqu’il s’exerce sans interférence de l’État, le paritarisme est un mode de décision et de gestion à même de dégager des compromis opérationnels et réalistes entre les exigences de compétitivité des entreprises et l’aspiration légitime de leurs salariés à un filet de sécurité dans et à l’issue de leur vie professionnelle. Et c’est un facteur de stabilité face aux alternances politiques", considère-t-il.

Par conséquent, "le Medef doit se retirer des institutions où la tutelle de l’État est omniprésente et sa présence moins légitime que par le passé [assurance maladie, assurance vieillesse, allocations familiales…], du fait du caractère désormais universel du financement et des prestations. Et il doit se recentrer sur les institutions où le paritarisme conserve un rôle stratégique parce qu’il apporte une valeur ajoutée significative aux entreprises [retraites complémentaires, assurance chômage, accidents du travail et maladies professionnelles, commissions des recours amiables de la Sécurité sociale…]".

renforcer le débat au sein du medef

Outre une "montée en gamme" du Medef dans sa "capacité d’analyse et de propositions", Alexandre Saubot veut renforcer le débat au sein de l’organisation patronale. Il veut que se tiennent "tous les ans un débat et un vote sur les orientations générales lors de l’assemblée générale". "L’adhésion de chacun ne doit pas être purement formelle. Et le débat devra préalablement avoir lieu dans chacune de nos organisations (fédérations et territoires) afin de déboucher sur un engagement fort de tous", précise-t-il. Parallèlement, il propose de revoir la durée des mandats du président du Medef, actuellement fixée à cinq ans non renouvelable : il préconise trois ans renouvelable une fois "pour permettre aupPrésident de ne pas s’isoler et de rester au contact de ses mandants".

En termes d’organisation, Alexandre Saubot remet en cause la place des Medef régionaux au profit des Medef territoriaux. Pour ce faire, il préconise "que l’échelon régional découle de l’échelon des territoires". "Ce sera donc aux représentants territoriaux de désigner leurs représentants régionaux, de leur confier certaines missions, et de leur attribuer les moyens nécessaires", précise-t-il.

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Jérôme Lepeytre, journaliste