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Emmanuel Macron veut un "hub des données de santé" pour accélérer les innovations grâce à l'intelligence artificielle

Dans son discours au Collège de France du 29 mars 2018 sur l'intelligence artificielle, publié le 4 avril, le président de la République s'est longuement exprimé sur l'utilisation des bases de données massives et centralisées dont dispose la France, notamment dans le secteur de la santé via le SNDS (Système national de données de santé) constitué en 2017 autour du Sniiram et du PMSI notamment. Afin de tirer "tout le parti possible des données à disposition de la recherche", il souhaite la création d'une "structure partenariale entre producteurs et utilisateurs des données de santé", soit un "véritable hub des données de santé". C'est cette plateforme qui pilotera l'enrichissement du SNDS et le valorisera. "Ce hub nous permettra, dans un cadre parfaitement sécurisé (...) d'avoir un espace de travail pour l'intelligence artificielle qui permettra d'accélérer les innovations" en santé.

Se basant sur le rapport Villani (lire sur AEF info), Emmanuel Macron a longuement évoqué dans le discours prononcé à l'issue d'une visite de l'Institut Curie à Paris le 29 mars dernier l'atout sectoriel dont disposerait la France en matière de données de santé, "et donc d'intelligence artificielle", du fait de l'existence de riches bases de données centralisées comme celle de l'assurance maladie et des hôpitaux.

"Elles sont parmi les plus importantes au monde et mettent à notre portée des découvertes scientifiques majeures", a-t-il affirmé, faisant le pari qu'en "chaînant et en enrichissant les informations, en travaillant sur de très larges volumes de données, en accélérant leur ouverture à des fins de recherche, nous inventerons la médecine de demain".

L'IA permet d'ores et déjà, observe-t-il, de "mieux déceler des pathologies, de mieux traiter telle ou telle tumeur, de mieux déceler des arythmies cardiaques, d'assister de manière profonde des radiologues dans leurs travaux et de réduire les erreurs médicales humaines qui existent encore". De manière générale, les pouvoirs publics renforceront l'ouverture des données publiques et le "service public de la donnée" sera élargi et renforcé. Les données "financées sur fonds publics" seront également ouvertes "en particulier les données de santé" à des fins de recherche et d'intérêt général.

vers une structure rassemblant producteurs et utilisateurs

"L'intelligence artificielle ne se substituera pas, ni aux médecins, ni aux chercheurs, mais elle permet ce passage à l'échelle", insiste le président de la République qui veut créer, sur la base du SNDS, une nouvelle structure composée des producteurs d'informations santé et des utilisateurs de ces données. Les organismes de recherche, tels l'Inria, le CNRS et l'Inserm, participeront à cette plateforme santé.

Ce hub aura pour missions, au-delà de celles dévolues à l'Institut national des données de santé (INDS) qui continuera d'être le garant du respect des règles d'accès aux données de santé, de veiller à "l'enrichissement continu des bases de données" et de "valoriser" le système national de données de santé.

Cette structure inclura "à terme" l'ensemble des données remboursées par l'assurance maladie, les données cliniques des hôpitaux, les données de la médecine de ville, ainsi que les données créées dans le cadre des cohortes nationales.

garantir un retour économique et industriel en france

"Je souhaite que l'infrastructure que nous mettrons en place soit en mesure de garantir à notre pays un juste retour économique et industriel [...] et il est important aussi que dans les critères d'ouverture [à des fins de recherche], nous ayons la possibilité d'avoir les innovations qui se déploient en France et en Europe sur le plan industriel, d'avoir aussi la création de valeurs qui se fait là", explique Emmanuel Macron, qui souhaite éviter que l'exploitation par la recherche de la "ressource formidable" que constituent les données de santé "permette de développer des acteurs extraordinaires qui vont créer des emplois mais essentiellement à l'autre bout du monde".

Emmanuel Macron fait par ailleurs des "enjeux éthiques" le 4e pilier de sa stratégie en matière d'IA. Il se dit favorable à la création d'un laboratoire dans ce domaine de l'IA afin de conduire une  réflexion sur l'éthique de l'usage et de construire les codes éthiques qui accompagneront ces usages indispensables. Plus largement, il souhaite l'engagement d'une réflexion européenne et internationale sur le contrôle et la certification des algorithmes.

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Corinne Duhamel, journaliste