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"Métiers de la sécurité" : le député Christophe Di Pompeo (LREM, Nord) présente les orientations du groupe d’études

"Identifier des solutions afin d’améliorer les conditions de travail des forces de l’ordre" et étudier "l’encadrement des nouveaux métiers de la sécurité privée" : tels sont les principaux objectifs du groupe d’études de l’Assemblée nationale sur "les métiers de la sécurité", dont la réunion constitutive doit se tenir mercredi 11 avril 2018. C’est ce qu’indique le président de cette structure, Christophe Di Pompeo (LREM, Nord), dans un entretien accordé à AEF. "Notre rôle est de rencontrer tous les acteurs du secteur", ajoute le député. "Nous aurons également un rôle de suivi afin d’identifier ce qui fonctionne ou non dans les réformes déjà lancées", poursuit Christophe Di Pompeo.

AEF : Pourquoi avoir créé ce groupe d’études sur "les métiers de la sécurité" (lire sur AEF info) et que recouvre-t-il précisément ?

Christophe Di Pompeo : Une fois élu, j’ai été sollicité, comme tous les députés, par un grand nombre de corps de métiers, et notamment par les représentants des forces de l’ordre (gendarmes, gardiens de prison…) qui ont mené un lobbying intense. Tous m’ont fait part de leur amour pour leur métier, mais également de leurs conditions de travail insupportables. Ce groupe d’études a pour première ambition d’identifier des solutions afin d’améliorer ces conditions de travail. Son autre chantier concerne l’encadrement des nouveaux métiers de la sécurité privée, qui ont déjà un rôle prépondérant et sont appelés à être de plus en plus présents. Or, on trouve, parmi les multiples entreprises de sécurité privée, le meilleur comme le pire…

AEF : Ces enjeux ont déjà été identifiés – par le gouvernement, qui a chargé deux députés d’une mission sur le "continuum de sécurité", ou encore par des parlementaires, via la commission d’enquête du Sénat sur l’état des forces de sécurité intérieure… Quelle sera votre valeur ajoutée ?

Christophe Di Pompeo : Notre rôle est de rencontrer tous les acteurs du secteur et de proposer des directives qui pourront ensuite être reprises par le ministère. Nous procéderons donc à des auditions. Nous aurons également un rôle de suivi afin d’identifier ce qui fonctionne ou non dans les réformes déjà lancées, telles que la simplification de la procédure pénale ou encore la police de sécurité du quotidien.

Notre groupe d’études vient de se mettre en place. La réunion constitutive, au cours de laquelle le bureau sera élu, aura lieu le 11 avril. Avec la vingtaine de députés membres de ce groupe, nous déterminerons notre méthode, les prochaines rencontres, les échéances… dans un souci d’efficacité. Nous ne sommes encore pas en lien avec les différentes missions parlementaires déjà à l’œuvre sur le sujet de la sécurité, mais nous le ferons si cela s’avère utile.

AEF : Sylvain Waserman (Modem, Bas-Rhin), président de la délégation chargée des représentants d’intérêts et des groupes d’études, a annoncé qu’un travail sera réalisé afin d’instaurer une plus grande transparence des rencontres menées au sein de ces groupes, réputés être des lieux d’influence des lobbys. L’idée est, par exemple, d’identifier précisément l’origine des amendements. Qu’en pensez-vous ?

Christophe Di Pompeo : Dans certains cas, faire toujours plus de transparence n’est pas utile. Dans les groupes d’études, la transparence est déjà là, contrairement, par exemple, au Parlement européen où les lobbyistes font partie des murs et circulent comme chez eux dans les couloirs. Tracer les amendements est inutile tant on sait déjà très bien d’où ils viennent !

La transparence est à la mode, mais, ici, en mettre davantage serait gadget, d’autant plus que les groupes d’études ne font pas la loi mais rédigent des prescriptions. En outre, la liste de nos rencontres sera bien sûr rendue publique. Il n’y a rien à cacher.

En tant que chercheur, dépendant d’un président d’université, j’ai déjà dû arrêter mon métier afin de garantir mon indépendance. Ne nous éloignons pas de l’esprit de la loi en "scolarisant" ainsi les députés par un encadrement excessif.

AEF : Dotés de peu de moyens et venant s’ajouter aux multiples réunions et travaux des élus, les groupes d’études se réunissent rarement, parfois seulement une fois par an. Comment comptez-vous donner une réelle utilité au groupe consacré aux métiers de la sécurité, sachant qu’une évaluation de la pertinence des groupes d’études doit être réalisée dans un an ?

Christophe Di Pompeo : Pour qu’un groupe d’études fonctionne, il faut créer du lien entre ses membres. Si après trois ou quatre réunions, nous réalisons qu’il ne se passe rien, cela signifiera que ce groupe ne sert à rien !

L’évaluation intermédiaire est une bonne chose pour juger de l’utilité des groupes d’études. Aujourd’hui, je suis convaincu de la pertinence du nôtre, notamment pour apporter un éclairage sur l’encadrement de la sécurité privée, angle mort du secteur. Mais ce ne sera peut-être plus le cas dans six mois !

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Félicité De Maupeou, journaliste