Service abonnements 01 83 97 46 50

Revenir en haut de la page

Nicolas Hulot installe le comité chargé d'accélérer la transition écologique, présidé par Jean-Dominique Sénard

Jean-Laurent Bonnafé, DG de BNP Paribas, Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef ou encore Pierre André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, font partie des 14 membres du comité "Acte" installé par Nicolas Hulot, vendredi 30 mars 2018. Présidé par Jean-Dominique Sénard, président de Michelin, le comité a "comme mission de créer les conditions les plus favorables pour que l'économie française saisisse toutes les opportunités, les bénéfices liés à la transition écologique", explique le ministre de la Transition écologique. Il leur demande de le "pousser dans [ses] retranchements" et d'être "disruptifs" mais aussi de rendre "désirable" le futur qu'il contribueront à dessiner.

Nicolas Hulot a présenté, ce vendredi 30 mars, le comité "Acte" pour "Accélérateur de la transition écologique". Évoqué pour la première fois lors de la présentation de ses vœux à la presse en janvier dernier pour remplacer le "green new deal" (lire sur AEF info), Acte englobe les différents travaux lancés par le ministre depuis son arrivée à l’hôtel Roquelaure : plan climat, plan de rénovation des bâtiments, assises de la mobilité, plan de libération des énergies renouvelables, feuille de route économie circulaire, actions dans la finance verte, réflexion sur la finance verte. Son "cadre" est la "neutralité carbone" que doit atteindre la France en 2050 et la "protection de la biodiversité", précise le ministre.

Les membres du comité

Les membres du comité, qualifié "d’équipe de France de la transition écologique" par Nicolas Hulot, sont les suivants :

  • Président : Jean-Dominique Sénard, président de Michelin, président d’Entreprises pour l’environnement, coauteur avec Nicole Notat du rapport "L’entreprise, objet d’intérêt collectif" (lire sur AEF) ;
  • Jean-Laurent Bonnafé, DG de BNP Paribas (lire sur AEF info) ;
  • Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain (lire sur AEF info) ;
  • Thierry Déau, fondateur et PDG de Meridiam, société destinée à financer des infrastructures publiques et qui a lancé en 2015 un fond dédié aux projets d’infrastructures en rapport avec la transition énergétique, Meridiam Transition ;
  • Françoise Gaill, directrice de recherche au CNRS, océanographe ;
  • Florence Gilbert, directrice du laboratoire de la mobilité inclusive et présidente de Wimoov ;
  • Alain Grandjean, économiste, fondateur et associé du cabinet Carbone 4 (lire sur AEF info) ;
  • Marion Guillou, ancienne présidente de l’Inra ;
  • Olivier Hersent, fondateur et dirigeant d’Actility, start-up spécialiste des réseaux basse consommation et longue portée ;
  • Patrick Oliva, cofondateur de PPMC (Paris process on mobility and climate), ancien de Michelin ;
  • Laurence Parisot, vice-présidente de l’Ifop, administratrice de BNP Paribas, de la Coface et d’EDF, membre du conseil de surveillance de Michelin, ancienne présidente du Medef ;
  • Élizabeth Pastore-Reiss, fondatrice et directrice d’Ethicity ;
  • Claude Turmes, eurodéputé Vert luxembourgeois, expert des sujets énergétiques ;
  • Natacha Valla, cheffe de la division politique et stratégie de la BEI, membre permanent du CAE, administratrice des groupes LVMH, Accor et ASF-Cofiroute, ancienne directrice exécutive de la recherche économique chez Goldman Sachs (2008-2014) ;
  • Laetitia Vasseur, fondatrice de l’ONG HOP (Halte à l’obsolescence programmée).

"Porter un regard critique" sur les actions du MTES

Ils sont chargés, selon la lettre de mission du 29 mars adressée à Jean-Dominique Sénard, de "porter un regard critique sur les politiques menées" par son ministère, "de donner des conseils sur leur mise en œuvre et de faire des propositions pour les rendre plus efficaces". "L’idée est de réunir, autour du ministère […] des hommes et des femmes d’expériences différentes qui vont nous pousser dans nos retranchements", explique le ministre. Il leur demande d’être "audacieux et, maintenant le mot est à la mode mais je le reprends volontiers, disruptifs".

Il s’agit aussi de "s’interroger sur le déroulement des actions retenues sur leurs éventuelles difficultés d’application" et de "déterminer quels enseignements pourraient être tirés des expériences et organisations étrangères", selon les termes employés dans la lettre de mission. Enfin, les membres du comité sont invités à "proposer des réflexions à moyen-long terme afin de rendre plus concrètes les évolutions nécessaires". Le ministre leur demande également d’être "à l’écoute des signaux faibles".

bilan critique du plan climat en juillet prochain

Le comité se réunira au moins jusqu’en juin 2019 au cours de quatre séminaires d’ores et déjà prévus. Le premier, en juin de cette année, portera sur le thème "Mobilité, et pollution de l’air, comment parvenir au plus vite à des véhicules zéro émission ?" ; le second, en octobre, portera sur "Énergies renouvelables, stockage, hydrogène, quel futur pour l’énergie en France ? Quelles filières industrielles ?" ; le troisième, en janvier 2019, aura pour objet "Efficacité énergétique, digitalisation et smart grid ? Comment générer des économies d’énergie de masse dans le bâtiment" ; le dernier, en juin 2019, évoquera le thème de l’industrie et de l’économie circulaire.

Le comité devra en outre établir un "bilan critique" de la première année de mise en œuvre du plan climat en juillet prochain, et faire un bilan d’Acte en décembre 2018. Il pourra aussi s’exprimer sur l’intelligence artificielle, le numérique, ou encore la PPE en cours d’élaboration. Le ministre n’a pas fixé de terme à ses travaux, expliquant avoir "besoin" de lui "durablement".

passer de la "frondaison" à la "floraison"

Il espère que le comité l’aidera à faire "changer d’échelle la transition écologique" et "accélérer le tempo" en "synchronisant" son action ministérielle et celle du monde économique. "Nous en sommes à la frondaison et j’aimerais qu’on passe à la floraison", déclare le ministre. Il donne également pour objectif aux membres du comité de "rendre désirable" le futur économique français qu’ils aideront à construire, de "créer un récit, un horizon dans lequel les Français auront l’envie d’avancer".

Jean-Dominique Sénard indique avoir été "pris de vertige" à la lecture de sa lettre de mission, du fait du nombre "très élevé" de sujets à traiter. Mais il a accepté malgré tout d’être "le chef d’orchestre" de ce comité, car, depuis la COP 21, il juge que la "question du développement durable est déjà dans les gènes des entreprises" et qu’un "partenariat public-privé intelligent" est possible.

Fermer

Bonjour

Vous souhaitez contacter

Claire Avignon, journaliste