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Accord sur un "nouveau modèle social" à la Macif portant sur le temps de travail, la rémunération, la GPEC et la QVT

Deux syndicats du groupe Macif (CFDT et CFE-CGC) ont signé jeudi 29 mars 2018 11 accords constituant le "Nouveau modèle social", sur quatre volets principaux : l'organisation du temps de travail, la rémunération, l'employabilité et la QVT. Près de 350 pages redéfinissent le socle conventionnel applicable à tous les salariés. À la clé, le passage de 31h30 à 35h  hebdomadaires de travail (ou de 193 à 203 jours pour les cadres au forfait) moyennant une compensation salariale partielle, et la mise en place d’un système de rémunération moins mécanique. En matière d’employabilité, le groupe proposera à chaque salarié un plan d’accompagnement de carrière et des heures de formation dédiées au développement personnel. Les accords QVT déploient le télétravail, améliorent le don de jours au profit des aidants familiaux, accroissent le congé paternité et expérimentent le mécénat de compétences.

Le groupe Macif change profondément ses règles sociales : à l'issue de près d'un an et demi de négociations, la CFDT et la CFE-CGC du groupe mutualiste (1) ont signé jeudi 29 mars 2018 pas moins de 11 accords avec le directeur général, Jean-Marc Raby, et le DGRH, Benoît Serre. Les deux syndicats, qui pèsent près de 70 % en termes de représentativité, ont validé le "nouveau modèle social" (NMS) applicable à l'ensemble des salariés des différentes entités du groupe, la CGT (3e syndicat représentatif) refusant de parapher les différents textes.

"Notre 'nouveau modèle social' est tout à fait en ligne avec la stratégie du groupe, telle qu’elle a été définie par les représentants des sociétaires, souligne le DGRH, Benoît Serre (2). Il va nous permettre de tenir compte des évolutions du marché, de renforcer notre compétitivité et d’accompagner les transformations du groupe. C’est un accord global majoritaire très structurant, obtenu à l’issue d’une centaine de réunions de négociations." Les précédents accords de 2006, définissant un nouveau contrat social, n’avaient été signés que par la seule CFE-CGC.

La CFE-CGC globalement satisfaite de la reprise de ses propositions

"Certes, le NMS n’est pas à tous égards synonyme de progrès social" au regard des précédentes règles, admet la CFE-CGC (3) dans un communiqué, mais il "donne aux salariés du groupe des droits et des garanties quant à leur statut social" et il est "plus avantageux que la seule application des conventions collectives applicables au sein des entités", les accords précédents ayant été dénoncés par la direction à l’automne 2017. La CFE-CGC se réjouit que certaines de ses propositions aient été validées, notamment sur la prime d’expérience, le compte épargne temps, la mise en place d’une NAO au niveau du groupe ou encore l’ouverture de discussions sur la charge de travail des salariés.

Accroissement du temps de travail


C’est une des mesures phares du NMS : le nouveau temps de travail hebdomadaire sera fixé à 35h à partir du 1er janvier 2019. La mesure s’imposera aux nouveaux entrants et sera proposée aux salariés déjà en poste, qui travaillent 31h30 pour la plupart, moyennant des compensations, sous forme de hausse des salaires, d’abondement au PEE et d’amélioration du régime de retraite supplémentaire (lire sur AEF info).

Pour les cadres au forfait jours, la durée annuelle de travail sera fixée à 203 jours pour les nouveaux embauchés à partir de l’an prochain (193 aujourd'hui) et les salariés déjà en poste seront incités à augmenter leur durée annuelle, via des contreparties similaires à celles proposées aux non-cadres.

Une évolution moins automatique de la rémunération


Le NMS entérine une "dé-mécanisation des évolutions salariales", selon l’expression de la CFE-CGC. La prime d’expérience, équivalente aujourd’hui à 1% par année d’ancienneté, est sensiblement revue à la baisse (lire sur AEF info) et une grille de classification unique est instaurée, le salaire évoluant désormais selon le niveau de maîtrise de la fonction exercée (intégration, développement, confirmé ou expert), au sein de plages de rémunération propres à chaque niveau de maîtrise.

En outre, les salariés pourront placer jusqu’à 6 jours de congés payés sur le compte épargne-temps, contre 3 jusque-là, avec la possibilité d’en transférer jusqu’à 10 par an vers le PEE ou le Perco.

De nouvelles dispositions pour favoriser les évolutions de carrière


"À partir de la redéfinition des métiers, nous nous engageons à proposer un plan d’accompagnement de carrière à chaque salarié, indique Benoît Serre : ce plan sera élaboré par un collectif de managers, dans le cadre des revues RH annuelles pilotées par les DRH d'entité. Cette disposition était en test jusque-là sur la population des top managers." En parallèle, au-delà de l’entretien professionnel tous les deux ans, des bilans professionnels réguliers seront effectués, au plus tous les sept ans.

Le DGRH assure aussi qu’un SIRH unique verra le jour en 2020, pour remplacer les SIRH des différentes sociétés, avec une première brique de développement des compétences l’an prochain, pour recenser les compétences internes et externes des collaborateurs, acquises dans leurs différents postes, pour favoriser les mobilités et parcours de carrières.

En outre, le NMS prévoit plusieurs mesures relatives à l’intégration et à la formation :  

  • création d’un parcours d’intégration unique, commun à toutes les entités du groupe ; le parcours est testé depuis novembre sur un groupe de 300 téléconseillers ;
  • création d’un parcours managérial unique, en ligne avec les valeurs managériales redéfinies en 2014 ;
  • généralisation des Mooc et des modules e-learning, permettant aux salariés de faire un point sur leur carrière, leurs compétences et leur projet professionnel ; ils étaient proposés à un petite minorité de salariés dans le cadre d'un pilote construit avec l'Essec ;
  • mise au point de parcours de formation type pour les principales passerelles métiers et certification de certains parcours par des partenaires experts ;
  • développement de formations liées à la digitalisation.

Un accord QVT étoffé


"L’accord sur la QVT reprend bon nombre des propositions" de la CFE-CGC, relève le syndicat dans son communiqué adressé aux salariés. L’un des points-clés est l’instauration du télétravail, une modalité jusqu’ici limitée à un service, celui de la protection juridique. Le télétravail pourra désormais se faire selon 3 modalités, moyennant l’accord de la hiérarchie :

  • des jours fixes de télétravail chaque semaine : deux au plus
  • des jours flottants dans l’année : 20 au plus et deux au plus par semaine
  • 6 jours par an au plus dans des tiers-lieux appartenant au groupe Macif.

L’accord prévoit aussi d’impliquer davantage les salariés dans les projets ayant des impacts sur leurs conditions de travail, via l’organisation de temps d’échanges sur le temps de travail. "Il s’agit de donner plus d’autonomie aux managers et à leurs équipes pour définir les horaires et la répartition des vacations entre salariés, dans le cadre d’un schéma global prédéfini", souligne Benoît Serre.

 Don de jours, congé paternité allongé et plateforme de services

Le texte relatif à la QVT comporte également de nombreuses dispositions relatives à l’articulation entre la vie professionnelle et personnelle :

  • don de jours aux salariés aidants familiaux étendus aux conjoints gravement malades ou dépendants, en vertu de la nouvelle loi (lire sur AEF info)
  • congé de paternité et d’accueil de l’enfant porté de 11 à 18 jours calendaires
  • mise en place d’une plateforme de services, pour trouver rapidement une aide-ménagère ou une personne de compagnie pour un parent dépendant ou une solution d’accueil en crèche en urgence ou encore avoir accès rapidement à des prestations de ménage, jardinage ou bricolage...
  • mécénat de compétences au profit d’associations avec lesquelles le groupe Macif a déjà noué des partenariats.

Enfin, le groupe va mettre en place un module de développement personnel, permettant aux salariés de faire un point sur l’articulation entre vie professionnelle et personnelle. "Dans les 3h30 travaillées en plus chaque semaine, nous avons souhaité leur restituer une heure, au service de leur développement personnel, mais également en lien avec les enjeux du groupe, assure le DGRH. Ils pourront cumuler ces heures sur deux ans, pour suivre des modules voire rechercher des parcours certifiants."

La CGT hostile à la nouvelle durée du travail et au système de rémunération

La CFDT, premier syndicat du groupe, a signé le NMS, alors qu'elle avait déjà un a priori favorable ces derniers mois, dans la dernière ligne droite des discussions, tandis que la CFE-CGC était plus circonspecte à l'automne, ce qui avait conduit la direction à dénoncer les accords existants. La CGT avait fait savoir très rapidement qu'elle ne validerait pas une hausse de la durée du travail et une remise en cause du système de rémunération. Ni la CFDT ni la CGT, sollicitées par l'AEF, n'ont souhaité s'exprimer ou transmettre leurs appréciations sur les accords signés.

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Nicolas Lagrange, journaliste