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L’intelligence artificielle, un "outil" qui "ne doit pas s’interposer entre l’enseignant et son métier" (salon Eduspot)

L'intelligence artificielle est "comme un GPS pour l’enseignant" : elle lui permet "de très bien connaître ses élèves" et de faire de la pédagogie différenciée, affirme Benjamin Magnard, fondateur de Educlever et intervenant à la table ronde "Intelligence artificielle et sciences cognitives : la recherche au service des enseignants", organisée jeudi 15 mars 2018 lors du salon Eduspot dont AEF est partenaire. Les algorithmes permettent au groupe classe "d’aller plus loin dans le niveau d’exercice", ajoute Catherine de Vulpillières, fondatrice de la start-up Evidence B. "L’enseignant doit s’approprier l’outil, qui ne doit pas s’interposer entre lui et son métier", précise Daniel Andler, professeur émérite et membre honoraire de l’Institut universitaire de France.

"Nous en sommes aux prémices de l’usage de l’intelligence artificielle" dans l’éducation et la pédagogie, souligne Benjamin Magnard, fondateur de Educlever (1), intervenant à la table ronde "Intelligence artificielle et sciences cognitives : la recherche au service des enseignants", organisée lors du salon Eduspot dont AEF est partenaire.

Il compare l’IA avec un GPS. Ainsi, il s’agit d’une "aide à la conduite" pour l’enseignant : elle lui permet "de très bien connaître ses élèves" et de faire de la pédagogie différenciée. Le système "fait des propositions" à l’enseignant, "ce qui le fait aller plus vite".

En outre, "quand on fait travailler les élèves avec des parcours générés par un algorithme, le groupe classe va aller plus loin dans le niveau d’exercice. En tant qu’enseignant, on a tendance à ne pas projeter tout ce que peut faire notre groupe classe", met en avant Catherine de Vulpillières, fondatrice de la start-up Evidence B et enseignante de français.

L’enseignant doit s’approprier l’outil

"Ce qui fonctionne le mieux dans les exercices que nous proposons, c’est lorsque l’enseignant fonctionne avec toute sa classe", renchérit Roch Feuillade de Kwyk (2). "80 % de nos exercices sont faits en groupe, 10 % sont proposés à l’élève par l’algorithme et 10 % relèvent du choix de l’élève. L’IA a des conséquences sur les pratiques pédagogiques mais c’est un processus assez long."

Pour que l’intelligence artificielle se développe dans l’éducation, "il faut intégrer ces trois éléments : l’enseignant, les élèves et l’algorithme", appuie de son côté Daniel Andler, professeur émérite et membre honoraire de l’Institut universitaire de France. "L’enseignant doit s’approprier l’outil, qui ne doit pas s’interposer entre lui et son métier".

Il faut "rassurer l’élève et l’enseignant", souligne également Benjamin Magnard, en leur expliquant comment fonctionne l’algorithme, pour qu’ils n’aient pas "l’impression d’être manipulés". "L’outil doit être débrayable", ajoute-t-il.

(1) Educlever est une entreprise qui produit des contenus pédagogiques numériques pour les enseignants.

(2) Kwyk est une entreprise concevant des exercices de maths auto-corrigés.

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Marine Forestier, journaliste