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Malgré des sentiments ambivalents des dirigeants, la RSE s'installe peu à peu chez les PME-ETI (Bpifrance Le Lab)

"Notre objectif, avec cette étude sur la RSE, est de démystifier ce mot-valise en montrant les nombreuses pratiques déjà mises en place par les PME-ETI, et [en donnant] la parole aux dirigeants de ces entreprises", explique Élise Tissier, directrice de Bpifrance Le Lab, lors de sa présentation mercredi 14 mars 2018. Menée auprès de plus de 1100 dirigeants de PME et ETI, l'étude, intitulée "Une aventure humaine, les PME-ETI et la RSE", révèle, au-delà de la progression certaine de la RSE, un décalage entre l'intérêt des dirigeants, plutôt élevé, et leur engagement réel, plus mesuré. En cause, selon l'étude, des freins opérationnels à la structuration de la démarche RSE, mais également un certain agacement des dirigeants face à des sujets dans lesquels ils ont du mal à se reconnaître, du fait d'une connotation "grande entreprise".

"En réalisant cette étude, nous avions deux objectifs : voir où en étaient réellement les PME et ETI sur les questions de RSE, mais aussi sonder les opinions des dirigeants à ce sujet et estimer s'ils avaient globalement une posture d'acceptation ou de rejet", explique David Targy, responsable des publications chez Bpifrance Le Lab. En effet, renchérit Élise Tissier, directrice de Bpifrance Le Lab, "on parle beaucoup actuellement des PME et des ETI mais il y a peu d'études les concernant. Notre souhait est de mieux les comprendre." En donnant la parole à leurs dirigeants, l'étude veut également montrer que la RSE peut être un axe de différenciation ou un atout compétitif, et que les moyens de mettre en place une telle démarche sont pluriels et ne se limitent pas à un simple suivi d'indicateurs.

Un terrain favorable à la RSE...

Quelle méthodologie pour l'étude ?

  • 35 000 dirigeants interrogés pour 1154 réponses exploitées, entre mai et juin 2017
  • 20 entretiens réalisés en face à face avec des dirigeants de PME ou ETI, suite au questionnaire
  • 20 entretiens avec des experts, universitaires et consultants

Comme l'explique Cécile Schoenberg, responsable d'études chez Bpifrance, "le premier message clé de l'étude, c'est que la RSE est enfin entrée dans les mœurs des PME et ETI." Ainsi, 50 % des dirigeants interrogés déclarent avoir une démarche RSE et 7 % estiment même être en avance sur la règlementation." Un quart a, quant à lui, mis en place un plan d'action à moyen ou long terme. Un sujet en pleine montée en puissance, deux-tiers des politiques RSE reportées dans l'étude ayant été mises en place durant les cinq dernières années.

S'il est vrai que la bonne santé économique de l'entreprise reste la priorité principale des dirigeants d'entreprise, d'autres objectifs sont désormais également visés. "La fierté de créer autre chose que du profit ressort beaucoup", affirme Élise Tissier. Ainsi, à la question de l'étude concernant "la responsabilité du dirigeant dans le monde économique contemporain", 98 % répondent favorablement à l'amélioration du bien-être des salariés, 94 % à la protection de l'environnement et 83 % au développement de la diversité. "Il y a un terrain favorable au développement de la RSE. Pourtant, seuls 50 % des dirigeants interrogés sont passés de l'idée à l'action", constate David Targy.

... mais de nombreux freins subsistent

Pour expliquer ce décalage, l'étude souligne plusieurs facteurs. Tout d'abord, les dirigeants pointent un concept assez flou et ont expliqué ne pas toujours savoir comment s'y prendre. Par ailleurs, la RSE est source d'agacement. "Pour certains dirigeants (62 %), c'est une source de lourdeur administrative. Mais surtout, le terme leur semble associé à une certaine hypocrisie des grands groupes, ce qui rend l'injonction à être responsable inaudible pour les PME", détaille Cécile Schoenberg. Les dirigeants interrogés aimeraient ainsi qu'un autre terme soit utilisé pour désigner la RSE en PME ou ETI, qui rendrait mieux compte de "la particularité et l'authenticité de leurs démarches", pointe l'étude. "Il y a une pluralité de termes, comme l'ESG, mais l'enjeu est surtout de démontrer que les actions sont concrètes et au cœur de la stratégie de l'entreprise", estime Philippe Kunter, directeur RSE et développement durable chez Bpifrance.

Une RSE informelle pour les TPE

"La RSE, c'est quelque chose qui n'a pas de sens en tant que démarche formalisée pour une TPE, mais dont l'esprit et les objectifs poursuivis doivent animer le gérant d'une TPE et son personnel", résume un des dirigeants ayant témoigné pour l'étude.

D'autres résultats indiquent pourtant que les dirigeants du panel semblent conscients des avantages représentés par la RSE. Ils sont ainsi 85 % à la considérer comme un élément de fierté pour les collaborateurs, et 80 % comme un facteur d'attractivité RH. "On pourrait être tenté de penser qu'il y a les "pro" et les "anti". Mais les dirigeants sont encore ambivalents sur ces sujets", affirme David Targy.

L'étude souligne enfin la diversité des approches RSE, aussi bien selon la personnalité des dirigeants - qui occupent une place centrale dans ces plus petites structures -, la philosophie sous-tendant ces pratiques - parfois mises en place pour des raisons d'économie par exemple - ou la taille des entreprises. Les démarches RSE sont ainsi plus structurées chez les ETI que chez les TPE, où les actions sont plus spontanées. Par exemple, 38 % des ETI font un bilan carbone contre 8 % des TPE, et 49 % des ETI ont obtenu une certification environnementale contre 11 % des TPE.

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Laure Hanggi, journaliste