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À Rennes, les gendarmes de la brigade numérique répondront aux internautes en temps réel

"La brigade numérique va nous permettre de répondre à toutes les questions des internautes qui concernent la sécurité du quotidien", explique le lieutenant-colonel Rémy Nollet, officier de la mission numérique de la gendarmerie nationale. Alors que le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, doit lancer officiellement la brigade numérique de la gendarmerie, mardi 27 février 2018, AEF a rencontré les gendarmes qui vont recueillir les questions des internautes via Facebook, Twitter et le site internet de la gendarmerie. Une vingtaine de militaires, basés à Rennes, seront disponibles 24 heures sur 24 pour fournir des renseignements aux internautes ou les orienter vers les services appropriés. Désormais, l’une des attentes de la brigade numérique réside dans le développement de la pré-plainte en ligne.

"Nous nous attendons à une forte demande", affirme le lieutenant-colonel Rémy Nollet, officier de la mission numérique de la gendarmerie nationale. À l'occasion d'une présentation de la brigade numérique, lundi 26 février 2018 à Rennes, Rémy Nollet explique que ce nouveau service, qui s'inscrit dans la démarche de la police de sécurité du quotidien, doit permettre de "dédramatiser le premier contact avec la gendarmerie" (lire sur AEF info). "Il va d'abord permettre de renseigner les utilisateurs sur des questions qui concernent le code de la route, les incivilités, la loi en général… Toutes les questions que l'on nous pose déjà en brigade" (lire sur AEF info).

La mission de la brigade numérique est aussi de faire de la prévention auprès des utilisateurs qui la contactent, que ce soit concernant les cambriolages, le harcèlement, les violences sexuelles ou encore la prévention de la radicalisation. "Les internautes pourront nous contacter pour éviter une escroquerie sur internet, ou même pour savoir comment protéger son domicile face aux cambriolages."

Un "complément" de l'accueil physique

Au total, 20 gendarmes sont affectés à la brigade numérique, dont treize ont la qualification d'officier de police judiciaire. Si tous ont une expérience du terrain, certains ont des compétences particulières, notamment en cyber ou en langues étrangères. En cas de pic d'affluence, qui pourrait surgir lors d'un attentat ou d’une alerte enlèvement, la brigade numérique pourra faire appel à des réservistes.

Un dispositif testé aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne

"Nous sommes une des premières forces de sécurité intérieure à ouvrir ce type d’outils", se réjouit Rémy Nollet. Le dispositif est en effet déjà expérimenté par la police des Pays-Bas et celle de Londres depuis le mois de décembre 2017, selon l'officier.

Ce nouveau dispositif n’a cependant pas vocation à remplacer l’accueil physique. "Ce n’est pas le but", assure le capitaine Patrice Georget, commandant de la brigade numérique, pour qui ce dispositif vient "en complément" de l’accueil en brigade territoriale.

Trois interfaces de contact

La brigade numérique sera accessible via trois canaux : d’abord, par un "chat" sur le site internet de la gendarmerie, mais également par message privé sur Facebook et sur Twitter.

L’internaute peut également s’appuyer sur une "foire aux questions" accessible sur le site internet de la gendarmerie, regroupant près de 600 questions fréquemment posées en brigade de gendarmerie. "Cela rejoint l’objectif de désengorger les services d’urgence", explique Rémy Nollet.

Les usagers seront informés en temps réel par les gendarmes. Si la demande nécessite une procédure plus complexe, l'internaute sera redirigé vers les services compétents de la gendarmerie et de la police nationales. La gendarmerie souhaite autant que possible orienter les internautes vers les téléservices, tels que le dispositif de pré-plainte en ligne, la plateforme de signalement des contenus illicites Pharos (lire sur AEF info) et, bientôt, les plateformes Perceval pour les usages frauduleux de carte bancaire et Thésée pour les cyberescroqueries (lire sur AEF info).

La question de la confidentialité des données

Pour la gendarmerie, le problème de la confidentialité des données ne se pose pas : sur Facebook et Twitter, "nous ne répondrons que par message privé", assure Rémy Nollet. Mais les deux réseaux sociaux peuvent potentiellement avoir tout de même accès au contenu des conversations entre gendarmes et citoyens. "Pour les informations les plus sensibles, nous basculerons sur notre site internet, de façon à éviter d’étaler de potentielles infractions pénales sur les réseaux sociaux", et ainsi garder la main sur les données des utilisateurs.

La gendarmerie assure par ailleurs que les utilisateurs qui les contactent sur le site de la gendarmerie ne seront pas identifiés. "Si nous avons besoin de les authentifier, nous passerons par la plateforme France Connect." (lire sur AEF info)

Vers une extension des plaintes en ligne ?

Certaines demandes seront traitées en priorité en fonction de leur gravité. "Nous avons pointé certains sujets, notamment la radicalisation ou les violences sexuelles, afin de prioriser les demandes en cas de forte affluence", explique le capitaine Patrice Georget. Pourtant, "la mission de la brigade numérique n’est pas de recueillir des plaintes", rappelle Rémy Nollet. "Toutefois, si, au cours des échanges, le gendarme constate des éléments constitutifs d’une infraction, il peut les relever par procès-verbal et les transmettre au service enquêteur territorialement compétent."

L’officier de la mission numérique affirme par ailleurs que lorsque la plateforme dédiée aux signalements d’infractions sexuelles ou sexistes sera lancée, normalement au printemps (lire sur AEF info), "ce seront les gendarmes de la brigade numérique qui recueilleront ces signalements pour la zone gendarmerie".

Aujourd’hui, l’une des attentes de la brigade numérique réside dans le développement de la pré-plainte en ligne. "Nous espérons une extension du dispositif, notamment concernant les discriminations", affirme le lieutenant-colonel Rémy Nollet.

"Nous espérons pouvoir mettre en place la prise de rendez-vous en ligne d’ici la fin de l’année", ajoute Rémy Nollet. Ce rendez-vous servira à effectuer des démarches telles qu’un dépôt de plainte, et pourra se faire en brigade ou même au domicile de la victime, si cette dernière ne peut pas se déplacer.

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Amandine Sanial, journaliste