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La renonciation aux soins pour raison financière diminue dans le dentaire et l’optique (baromètre MGEN/Solidaris)

La MGEN, en partenariat avec l’institut belge Solidaris, a présenté ce 26 février 2018 la seconde édition d’une enquête sondant le moral et le sentiment de bien-être des Belges et des Français. Globalement, le moral des Français est en hausse de quatre points, avec un indice global de bien-être atteignant les 60 %. Cette embellie se retrouve notamment dans le domaine sanitaire, avec une moindre crainte d’une baisse de qualité des soins du fait de pressions financières. Analysant la renonciation aux soins, l’enquête montre par ailleurs que - à contre-pied de la stratégie gouvernementale priorisant la baisse du reste à charge sur les secteurs optiques/dentaires/auditifs - la renonciation aux soins pour raisons financières baisse légèrement sur ces trois secteurs, tandis qu’elle progresse de manière notable concernant l’accès aux médecins généralistes et spécialistes.

L’enquête présentée ce 26 février 2018 par la MGEN et l’institut belge Solidaris constitue la seconde édition du baromètre intitulé "Confiance et bien-être". Réalisée simultanément en Belgique et en France, via un questionnaire administré en ligne et complété par téléphone, l’enquête s’appuie, pour la partie française, sur un échantillon de 973 personnes, interrogées de manière très large sur leur niveau de confiance actuel dans l’évolution de la société. Concernant les questions relatives à la santé, cette enquête vient compléter les nombreuses autres études illustrant le phénomène de renonciations aux soins.

une renonciation aux soins persistante

Réalisé en septembre 2017, en amont du PLFSS, le sondage permet tout d’abord d’observer que, à cette date, l’échantillon de sondés ressent globalement une embellie du système de santé, avec une baisse notable du nombre de personnes estimant que la qualité des soins est menacée par des questions de coûts (66 % des sondés contre 72 % un an plus tôt).

En dehors de cette inflexion spécifique de l’état de l’opinion, le sondage tend plutôt à mettre en lumière la persistance de certaines problématiques structurelles de la renonciation aux soins. Trois quarts des personnes jugent ainsi, comme en 2016, que le temps d’attente reste trop long pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste. Ce ressenti d’une trop longue durée croit également concernant les demandes d’admission (hors urgences) à l’hôpital.

En pleines négociations sur la conception d’offres de couverture sans reste à charge, l’enquête illustre aussi à nouveau la part de renonciations aux soins pour des raisons financières :

des résultats questionnant les priorités publiques

À rebours des priorités fixées par Emmanuelle Macron durant sa campagne présidentielle pour lutter contre la renonciation aux soins, l’enquête montre que la situation semble s’améliorer en réalité dans le secteur optique et dentaire, avec une baisse de la part de sondés déclarant avoir renoncé à des soins pour des raisons financières, tandis qu’elle se dégrade dans le secteur médical, du fait probablement des dépassements d’honoraires. La renonciation à une visite chez le généraliste progresse ainsi de manière conséquente, avec un taux de renonciation passant de 7 % à 12 % en un an. (1). Ces tendances méritent toutefois d’être relativisées, du fait de la taille de l’échantillon (avec une marge d’erreur d’environ 3 % de ce fait) et du manque de recul dans le temps de cette série de sondages.

Affinant les ressorts de cette renonciation aux soins, l’enquête indique par ailleurs que le problème se concentre essentiellement, pour les soins dentaires, sur la population des chômeurs (43 % de renonciations) et des familles monoparentales (36 %). Le sondage n’indique pas malheureusement si ces populations se sont équipées ou non des nouveaux contrats ACS, bénéficiant depuis quelques mois de nouveaux tarifs plafonds pour les soins dentaires. Concernant l’accès aux spécialistes, c’est chez les Français vivant en zone rurale que le taux de renonciations pour raisons financières serait le plus fort (30 %).

(1) Par ailleurs, à la même période pratiquement que ce sondage, alors que le nouveau gouvernement annonçait vouloir se concentrer sur les secteurs optiques, dentaires et auditifs, conformément aux promesses du candidat élu, la généralisation du tiers payant, censée lutter contre la renonciation aux soins pour des raisons financières, était reportée à une date non définie.

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Grégoire Faney, journaliste