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Une étude note la "quasi absence" des professionnels du DD et de la RSE dans le secteur agricole et automobile (Birdeo)

Une étude, menée par le cabinet de conseil Birdeo et publiée mercredi 21 février 2018, sonde plus de 810 professionnels du développement durable et de la RSE, pour saisir les différents profils de ces experts, et les missions réelles qu’ils effectuent. L’étude s’attache aussi à recueillir leur jugement sur l’engagement réel de leur organisation dans la transition environnementale et sociétale. Il en ressort que, si les métiers de la RSE ont à peu près intégré tous les secteurs d’activité, nonobstant quelques mauvais élèves comme le secteur automobile ou agricole, les professionnels jugent assez sévèrement leur organisation : 36% d’entre eux estiment "limitée" la prise de conscience de leurs dirigeants, la moitié considère comme insuffisants les moyens alloués à leurs missions, et 42 % notent une inadéquation entre la stratégie RSE, lorsqu’elle existe, et la stratégie d’entreprise.

Particulièrement diplômés (90% ont un bac+5 ou plus) et comprenant une majorité de femmes (59%), les professionnels du développement durable et de la RSE sont assez présents dans le secteur privé "mais à des degrés et dans des conditions diverses", note l’étude conduite par le cabinet de conseil Birdeo et publiée mercredi 21 février 2018.

Les secteurs comprenant le plus de ces professionnels sont ceux de la distribution (12%), de la banque et des assurances (11%) de l’agroalimentaire (11%). En revanche, l’étude souligne la "quasi absence de professionnels DD" dans le secteur des arts et spectacles, du secteur agricole et du secteur automobile. 

Secteur privé, public et conseil


Les professionnels sondés sont à 45% des experts internes salariés du secteur marchand. 34% sont des professionnels spécialisés dans le conseil en entreprise (18% exercent en indépendant et 16% en cabinet). 13% des personnes sondées évoluent dans le secteur de l’ESS et 9% sont issues de la fonction publique.

Deux fois plus de CDD que la moyenne nationale

Si cette représentation de tous les secteurs d’activité est jugée positive, l’étude s’attarde sur les conditions d’emplois de certains de ces professionnels, permettant ainsi de "relativiser le niveau d’engagement des entreprises".

Ces derniers travaillent à temps partiel pour 23% d’entre eux, et près d’un quart des sondés ne consacre pas 100% de leur travail au développement durable ou à la RSE. De plus, l’étude souligne un important recours aux CDD dans ces entreprises, près de deux fois supérieur à la moyenne nationale.

Trois quarts des personnes interrogées exercent donc des missions "transverses". Le quart restant, plus "technique", se consacre au domaine environnemental (carbone ou énergie). Les auteurs de l’étude soulignent d’ailleurs la faible part de missions relevant du social, qui reste dévolues aux ressources humaines (8%).

Une défiance à l’égard des plus grosses entreprises

Plus l’entreprise est grande, plus les sondés sont sévères quant à la sincérité de son engagement. Les entreprises de 1 000 à 5 000 salariés obtiennent la note la plus basse de la part de leurs cadres (5,7/10) lorsqu’on leur demande d’évaluer les efforts de leur société sur ce terrain. Les PME, elles, font l’objet d’un meilleur jugement, avec une note de 6,9.

Les consultants, eux aussi assez critiques, jugent que leurs clients les sollicitent principalement dans le but de pourvoir à leurs obligations réglementaires. En revanche, les salariés de l’ESS sont les plus satisfaits à l’égard de l’engagement de leur environnement professionnel, donnant la note de 7,8/10.

Des stratégies d’entreprises déconnectées de la RSE

Selon les sondés, 80 % des entreprises privées qui ont créé un poste d’experts DD ont établi une stratégie RSE. Mais sans que cela n’influence réellement la stratégie d’entreprise : dans 42% des cas, la stratégie d’entreprise n’est pas cohérente avec la stratégie RSE.

Dans ces entreprises, 9 professionnels sur 10 pensent que la prise de conscience des décideurs est réelle, mais pour 36% d’entre eux, il s’agit d’une prise de conscience "limitée".

Moyens insuffisants

De plus, près de la moitié des professionnels jugent les moyens alloués à la transition environnementale ou sociétale, humains comme matériels, insuffisants. Pourtant, pour 90% des experts DD, "leur entreprise devra faire face à d’importants enjeux de transformation à court terme".

Aussi, pour accélérer le mouvement, 80% des consultants et 85% des experts DD des entreprises privées estiment que la formation est un levier clé. Dans le domaine de l’ESS ou dans le secteur public, plus de la moitié des personnes interrogées considèrent qu’il faudrait augmenter les moyens financiers.

Dans la fonction publique, les salariés n’hésitent pas à parler de frein culturel au déploiement d’une véritable politique RSE, avec des élus qui "n’ont pas pris la mesure des enjeux".

Le secteur privé plus convaincu que le public sur la politique du gouvernement

S’agissant de la politique gouvernementale, un professionnel sur deux "pense que les entreprises seront davantage incitées à avancer avec le nouveau gouvernement". Le secteur public se montre plus sceptique (46%), que le secteur privé, où 54% des professionnels croient en la capacité de changement de la politique menée.

Cependant, les trois-quarts des sondés considèrent que les différentes mesures annoncées par le gouvernement (Plan Climat, Assises de la mobilité, États généraux de l’alimentation…) constituent une opportunité.

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Roxane Poulain, journaliste