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Cinquièmes assises de la sécurité privée : trois questions à Philip Alloncle, délégué aux coopérations de sécurité

"Les assises de la sécurité privée font figure de grand rendez-vous annuel des professionnels de la sécurité privée sous toutes ses composantes. Ce rendez-vous bénéfice de la présence des responsables du secteur, de représentants des personnels et du ministère de l’Intérieur, d’élus, et d’universitaires", déclare Philip Alloncle dans un entretien à AEF. Le délégué aux coopérations de sécurité présente la cinquième édition de l’événement, co-organisée avec l’Inhesj et le Cnaps, lundi 5 février 2018 à Paris. Il revient par ailleurs sur les grandes évolutions qui ont marqué la sécurité privée en 2017 – notamment l’entrée en vigueur de l’obligation de formation continue et le décret du 29 décembre 2017 relatif à l’armement et évoque, pour 2018, "des enjeux en termes de crédibilité pour la sécurité privée".

AEF : La délégation aux coopérations de sécurité co-organise les cinquièmes assises de la sécurité privée, lundi 5 février 2018 à Paris. En quoi consiste cet événement ?

Philip Alloncle : Les assises de la sécurité privée font figure de grand rendez-vous annuel des professionnels de la sécurité privée sous toutes ses composantes. Ce rendez-vous bénéfice de la présence des responsables du secteur, de représentants des personnels et du ministère de l’Intérieur, d’élus, et d’universitaires. C’est donc la réunion de l’ensemble des acteurs du secteur et de ceux qui réfléchissent à la sécurité privée.

Pour mémoire, les premières assises de la sécurité privée se sont tenues en 2012 avec une centaine de personnes réunies (lire sur AEF info) contre 650 lors de la quatrième édition en décembre 2016 (lire sur AEF info). Notre objectif est de réunir autant de personne : c’est un forum pour l’ensemble des organisations professionnelles et nous comptons sur la présence d’un certain nombre de nouveaux responsables. Ce sera ainsi une des premières sorties publiques du nouveau président du Snes, Pascal Pech (lire sur AEF info), qui représente la deuxième organisation patronale de la surveillance humaine. Ce sera également l’une des premières interventions publiques de Stéphane Volant, président du CDSE, qui représente l’ensemble des donneurs d’ordres en matière de sécurité privée (lire sur AEF info).

AEF : "La sécurité privée, acteur aujourd’hui pleinement reconnu" : tel est le thème de cette édition. Est-ce aujourd’hui une réalité ?

Philip Alloncle : C’est une réalité et ce thème est donc une affirmation qui nécessite un certain nombre de développements. L’année 2017 a marqué le franchissement de plusieurs étapes qui sont significatives. J’en citerais deux : la première est une étape interne et qui est extrêmement importante pour un secteur constitué de très petites entreprises. C’est l’obligation, aujourd’hui, de suivre une formation continue pour l’ensemble des agents et des salariés de la sécurité privée (lire sur AEF info). Cette mesure est issue de la loi du 17 août 2015 relative au dialogue social et à l’emploi (lire sur AEF info). Il y a eu un débat tout au long de l’année afin de déterminer s’il s’agissait d’un changement opportun et comment cette formation serait financée… Et nous sommes arrivés en fin d’année 2017 à un consensus de l’ensemble des organisations professionnelles pour porter cette réforme à travers un financement professionnel (lire sur AEF info). Cette réforme place désormais la sécurité privée et notre pays dans les standards européens et internationaux.

Quant à la deuxième étape, il s’agit de la possibilité d’armer un certain nombre d’agents de sécurité privée, introduite là aussi via une disposition législative avec la publication du décret du 29 décembre 2017 "relatif à l’exercice de certaines activités privées de sécurité avec le port d’une arme" (lire sur AEF info). Nous sommes en cours de préparation de cette réforme, qui mérite bien entendu d’être consolidée avec des arrêtés qui feront l’objet préalablement de consultations. Mais la profession a franchi cette étape de façon coordonnée et concertée.

AEF : L’année 2018 sera marquée par le lancement de la police de sécurité du quotidien et l’instauration d’un "continuum de sécurité". Quels sont les grands enjeux que vous identifiez pour la sécurité privée dans ce contexte ?

Philip Alloncle : Effectivement, après une année 2017 qui a été riche en événements et en évolutions, 2018 est une année qui s’annonce importante. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, l’a rappelé à différentes reprises à travers le terme de "continuum" (lire sur AEF info). Il s’agit d’un terme très explicite, qui montre les attentes du gouvernement vis-à-vis de ce secteur de la sécurité privée qui est extrêmement présent sur le terrain. Il y a des enjeux en termes de crédibilité pour la sécurité privée, c’est pour cela que la formation est aussi essentielle et que l’année 2017 a été une étape importante.

Maintenant, il faut essayer de clarifier des missions existantes voire d’en définir de nouvelles, et c’est tout l’intérêt de ce continuum qui va faire l’objet de réflexions dans les prochaines semaines. De nouvelles missions, pour quoi faire, avec quels fondements, quelles compétences, quelles garanties, quelle complémentarité avec l’État ? Ce sont des réflexions qui vont s’ouvrir, et je compte bien entendu sur les professionnels, à l’occasion de ces assises, pour dire clairement jusqu’où leurs entreprises peuvent aller. Il est important que l’État sache parfaitement ce qu’il peut demander à ses nouveaux partenaires.

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Marc-Antoine Bindler, journaliste