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"De nombreuses propositions en faveur de l’économie circulaire sont remontées au gouvernement" (Nathalie Boyer, Orée)

Nathalie Boyer, déléguée générale d’Orée, est l’un des neuf ambassadeurs nommés en octobre 2017 par le ministère de la Transition écologique et solidaire pour animer des ateliers thématiques visant à alimenter la feuille de route de l’économie circulaire. Elle répond aux questions d’AEF vendredi 19 janvier 2018, quatre jours après la parution d’un point d’étape présentant les pistes des acteurs impliqués dans les travaux (lire sur AEF info). Le gouvernement est en train de faire le tri pour soumettre à la consultation du public un projet de feuille de route. La publication du texte définitif est toujours annoncée pour mars.

AEF : Quel est selon vous l’enjeu de la feuille de route sur l’économie circulaire ?

Nathalie Boyer : Il s’agit de promouvoir ce nouveau modèle économique sobre en ressources, de prendre des mesures qui soient transversales et systémiques, en y incluant tous les piliers de l’économie circulaire comme l’écologie industrielle et l’économie de la fonctionnalité, mais également des leviers essentiels comme le soutien à l’emploi, la formation, le lien avec l’économie sociale et solidaire et le levier de la commande publique. Nous insistons également sur le droit à l’expérimentation dans les entreprises. Certaines synergies sont bloquées parce qu’elles nécessitent des autorisations lourdes.

AEF : Quel a été l’état d’esprit des travaux sur la feuille de route ?

Nathalie Boyer : J’ai senti un bon état d’esprit dans l’atelier 3 que j’ai coprésidé. Les acteurs émettaient des propositions, ils n’étaient pas là pour bloquer. Certaines mesures sont consensuelles, d’autres moins, mais l’important est qu’elles soient remontées.

Nous avons fait un bon travail dans des délais très courts. En effet le ministère de la Transition écologique souhaite que la feuille de route s’inscrive dans la mise en œuvre du plan climat. Mais tout ne sera pas défini en mars au moment de la parution de la feuille de route. Des groupes de travail complémentaires vont devoir affiner certains points, notamment les aspects fiscaux en vue du prochain projet de loi de finances.

AEF : Désormais, c’est le gouvernement qui s’empare de vos propositions pour établir la feuille de route. Avez-vous des craintes que celle-ci ne soit pas à la hauteur des enjeux ?

Nathalie Boyer : On sait que l’enjeu se trouve au niveau des réunions interministérielles. Nous sommes encore à un stade très positif de la feuille de route. Beaucoup de sujets ont été remontés, entendus, étudiés. Il faut voir comment ils sont accueillis par les ministères non impliqués dans cette première partie [outre le ministère de la Transition écologique, le ministère de l’Économie a également été impliqué dans la première phase de consultation, à travers la direction générale des entreprises]. Mais il reste encore la deuxième consultation publique.

AEF : Depuis quand Orée travaille sur l’économie circulaire ?

Nathalie Boyer : Orée a commencé voilà plus de 10 ans à travailler sur l’économie circulaire, en privilégiant une approche territoriale. Orée est d’ailleurs l’un des acteurs historiques de l’écologie industrielle et territoriale. Nous avons notamment été partenaire du programme de recherche Comethe (2008-2011) qui avait pour principal objectif la conception d’une méthodologie et d’outils pour la mise en œuvre de démarches d’écologie industrielle. Orée porte le premier projet d’évaluation, la plateforme Elipse.

Nous avons également créé des clubs très opérationnels dont trois sont en cours : déconstruction, les déchets dans les établissements recevant du public et la valorisation des mousses et textiles avec le green deal Frivep qui vise à structurer une filière industrielle de réemploi et recyclage des vêtements professionnels. À l’international, nous copilotons la coalition de Climate Chance sur l’économie circulaire.

Nous nous sommes aussi investis dans les démarches centrées sur le produit, le service ou l’équipement en souhaitant développer des outils comme l’écoconception et l’économie de fonctionnalité. J’insiste sur le fait que l’économie circulaire ne se résume pas aux déchets, il y a des synergies possibles dans l’eau, l’énergie mais aussi par grandes filières : agriculture, transport, aménagement du territoire, etc.

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Claire Avignon, journaliste