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CDC Biodiversité propose un outil pour mesurer l’impact des entreprises et institutions financières sur la biodiversité

Atteindre un niveau de mobilisation en faveur de la biodiversité comparable à celle que connaît le climat : c’est l’objectif que vise le Global Biodiversity Score, l’outil de mesure de l’impact sur la biodiversité des activités des entreprises et des institutions financières présenté le 20 décembre 2017 par CDC biodiversité. Ce nouvel indicateur s’appuie sur deux dimensions : "une métrique quantitative unique" et la prise en compte de la totalité de la chaîne de valeur. À l’occasion de la création de l’outil, le "Club Business for Positive Biodiversity" est lancé pour travailler à son développement.

CDC Biodiversité a rendu publique, dans une publication parue mercredi 20 décembre 2017, une méthodologie à destination des entreprises, pour calculer l’empreinte biodiversité des activités du secteur privé. Ce nouvel indicateur, le Global Biodiversity Score, vise à apporter une "analyse globale" des pressions exercées sur la biodiversité par un secteur d’activité, à l’échelle de la chaîne de valeur. "Les outils sont rares et exclusivement qualitatifs", souligne à cette occasion la filiale de la Caisse des Dépôts, qui y a donc vu un manque à combler.

Cet outil poursuit donc deux objectifs : "l’intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles" des entreprises, mais aussi "la mobilisation des ressources financières".

"L’érosion de la biodiversité est, avec l’évolution climatique, l’un des deux grands enjeux écologiques mondiaux", selon CDC Biodiversité. Aussi, "pour que la mobilisation en faveur de la biodiversité égale celle obtenue en faveur du climat, nous avons sans aucun doute besoin d’un indicateur de mesure simple, transparent, représentatif de l’impact sur la biodiversité", estime son président Laurent Piermont.

Mobiliser autour de la biodiversité

Cet indicateur doit en effet être le pendant de la "tonne équivalent carbone" pour le changement climatique. "Le bilan carbone est aujourd’hui un critère de décision important pour une large classe d’investisseurs qui […] font le choix de réduire l’empreinte carbone de leurs portefeuilles", constate la CDC biodiversité qui entend, en développant le GBS, susciter la même mobilisation.

Si la biodiversité est le "socle des services ecosystémiques dont dépendent les sociétés humaines", elle est aussi "indispensable au fonctionnement à long terme des activités économiques". La mobilisation du secteur privé est donc "un enjeu crucial".

Cahier des charges de l’empreinte biodiversité

Le GBS prend en compte l’intégralité de la chaîne de valeur, car "les impacts sur la biodiversité proviennent principalement de la partie aval ou amont de la chaîne de valeur". C’est aussi, un outil "synthétique" et "quantitatif", via une métrique commune. Il s’agit d’un instrument "consensuel", qui se base sur les travaux d’une large palette d’acteurs (communauté scientifique, pouvoirs publics, ONG…), et se veut "complémentaire et compatible avec les indicateurs locaux".

La filiale de la CDC précise en outre que les données recueillies autour de la perte de biodiversité doivent "rendre compte de la perte d’abondance des espèces", sans se limiter à prendre en compte le seul "risque d’extinction".

Un calcul en deux temps

Pour calculer l’empreinte diversité, le calcul se fait en deux temps. La première étape consiste à analyser la contribution de l’activité à une ou plusieurs "pressions" affectant la biodiversité. Ces pressions sont regroupées en cinq catégories : l’utilisation des terres, les pollutions, l’introduction d’espèces invasives, le changement climatique et la surexploitation des ressources.

Ensuite, l’impact de ces pressions sur la biodiversité est mesuré, en se référant à des données Globio, un modèle développé pour calculer l’impact de pressions environnementales sur la biodiversité dans le passé, le présent et le futur (1) qui s’exprime en une unité métrique, le km2 MSA. Le MSA signifie "abondance spécifique moyenne", soit "le ratio rendant compte de l’état de la biodiversité observée par rapport à la biodiversité d’un état de référence".

le "Club business for positive biodiversity", co-constructeur du projet

Afin de "prendre en compte les besoins et contraintes des utilisateurs finaux", la CDC Biodiversité a lancé à l’occasion de la présentation de son indicateur, le "Club Business for Positive Biodiversity", qui doit aider à définir les obstacles potentiels et les modalités de déploiement du GBS. Ce club comprend une vingtaine de membres issus des secteurs de l’industrie, de l’énergie, de la construction, de l’assurance ou de la banque.

Dans ce cadre, deux groupes de travail ont été mis en place : le premier sur la "chaîne de valeur" travaille "en particulier sur l’approvisionnement et l’empreinte directe des sites et procédés de production", en englobant "les secteurs les plus variés". Le groupe "finance" "travaille plus spécifiquement sur l’empreinte des financements et des investissements."

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Roxane Poulain, journaliste