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Ma Jun à AEF : la Chine et l’UE travaillent à une "standardisation" des green bonds

Dans un entretien avec AEF en marge de la conférence climate finance day qui se tient lundi 11 décembre 2017 à Paris, Ma Jun, président du Comité de la finance verte de la Chine, conseiller spécial des Nations unies sur la finance durable et coprésident du groupe d’étude sur la finance verte du G20, déclare attendre une croissance annuelle de 30 % sur le marché chinois des obligations vertes à partir de 2018 et pour les prochaines années. "Les obligations vertes en Chine ne représentent actuellement que 2 % du marché total des obligations vertes. Le potentiel est donc très grand", explique-t-il. "La demande de la part des investisseurs européens pour les obligations vertes chinoises est très grande, ils représentent 70 % des investisseurs. Aussi, nous allons travailler dans les prochains mois sur une standardisation commune entre la Chine et l’Union européenne," poursuit-il.

"Le développement de la finance verte est une priorité pour la Chine et le pays est maintenant le plus grand marché d'obligations vertes au monde. Les émissions chinoises d’obligations vertes en Chine augmenteront vraisemblablement d’environ 30% en 2018 et dans les années à venir", explique à AEF Ma Jun, président du Comité de la finance verte de la Chine, ce lundi, en marge du climate finance day.

NORMES

"Cependant, l’absence de définitions claires sur certains marchés et le manque de comparabilité des différentes définitions sur les différents marchés constituent des obstacles à la croissance future du marché de la finance verte et des flux de capitaux verts. Des efforts doivent donc être faits pour améliorer la comparabilité et la cohérence. C’est d’autant plus important que la demande de la part des investisseurs européens pour les obligations vertes chinoises est très grande, ils représentent près de 70 % de ce marché", poursuit-il.

"Ces points feront l’objet de travaux entre acteurs chinois et européens dans les mois qui viennent", souligne encore Ma Jun en faisant référence au livre blanc publié samedi 11 novembre en marge de la conférence internationale sur le climat COP 23 par le Comité de la finance verte (GFC) de la Société chinoise des finances et des banques et la Banque européenne d’investissement (BEI). Selon le communiqué, ce nouveau document ouvre la voie à l’amélioration de la cohérence des définitions et des normes de la finance verte entre la Chine et l’UE et se penche sur le partenariat stratégique entre la Chine et l’Union européenne pour promouvoir la coopération internationale dans ce domaine.

Le document compare les différentes classifications d’utilisation des produits dans le catalogue des projets financés par les obligations vertes chinoises, les critères d’éligibilité des obligations climatiques de la BEI, les principes communs pour le suivi des financements d’atténuation du changement climatique et identifie les moyens d’améliorer la comparabilité. Il comprend également l’examen des définitions sectorielles, des objectifs de politique environnementale et des critères d’admissibilité des projets.

Le livre blanc s’appuie sur des discussions "approfondies" entre les acteurs chinois et européens du marché, comme les régulateurs, les investisseurs, les maisons de titres, les banques multilatérales de développement ainsi que des évaluateurs externes et des représentants de la société civile.

SOUTIEN FRANÇAIS

Dans son intervention lors de la climate finance day, Ma Jun met en avant le rôle de la France en tant que "grande source d'inspiration" en raison de l'article 173 de la loi de transition énergétique: "Nous avons regardé la législation française relative à l'obligation faite aux entreprises de publier une information environnementale et climatiques pour ensuite développer la notre." 

Il souligne également que Paris soutient la Chine dans la promotion de la finance verte et tout particulièrement des obligations vertes au sein du G20, avec le développement de normes et de standards relatifs à la transparence de l'information environnementale et climatique.

Ma Jun rappelle les enjeux liés à la transparence : "Le programme d'investissement chinois s'élève à 600 milliards de dollars. Il sera financé à hauteur de 20 % par les finances publiques et 80 % par le secteur privé. Pour pouvoir attirer les investisseurs privés, il faut faire en sorte de garantir que les produits estampillés verts le sont réellement."

UN MARCHé DE 130 MILLIARDS DE DOLLARS

Selon les chiffres de la Climate Bonds Initiative publiés mercredi 15 novembre (lire sur AEF info), ce sont 130 Md$ de green bonds qui auront été émis d’ici la fin 2017. La Chine est le pays qui en émet avec un montant atteignant 16,6 Md$, devant la France (15,1 Md$) et les États-Unis (14,0 Md$). Le trio de tête est loin devant les autres pays : l’Allemagne obtient la 5e place avec un montant de 7 Md$, suivie par les Pays-Bas (4,4 Md$) et la Suède (4,1 Md$). La France doit ses bons résultats à l’obligation verte souveraine lancée début 2017 (lire sur AEF info), mais aussi à Engie (lire sur AEF info) et à la SNCF.

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Claire Stam, journaliste