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Ce qu'il faut retenir du climate finance day

Le climate finance day qui s’est tenu lundi 11 décembre 2017 dans les locaux du ministère de l’Économie et des Finances a été l’occasion pour Bruno Le Maire de faire un certain nombre d’annonces visant à mettre en œuvre l’accord de Paris tout en renforçant la Place de Paris comme centre international de la finance verte. Parmi elles : l’alignement des contrats d’assurance-vie et des LDDS sur le climat. Le ministre s’est notamment inspiré du rapport Ducret-Lemmet proposant une "stratégie française pour la finance verte" dont une synthèse a été dévoilée. AEF fait également le point sur les principales annonces des autres acteurs, et les prises de parole des intervenants.


Dans son discours de clôture du climate finance day lundi 11 décembre 2017 à Paris, le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire annonce que "dès l’année prochaine, tous les détenteurs de contrats d’assurance vie pourront bénéficier d’un support en unité de compte labellisé 'climat'". Il s’agit pour le gouvernement français de "rendre la finance verte accessible" à tous les Français. Parallèlement, le ministre annonce que "chaque euro placé dans un livret développement durable solidaire centralisé à la Caisse des dépôts sera associé à un projet contribuant effectivement à la transition énergétique ou à la réduction de l’empreinte climatique de notre modèle économique".

Il précise avoir choisi l’assurance vie car il s’agit du "premier placement des Français". "Je suivrai, avec les assureurs, la mise en œuvre de cet engagement", prévient-il. Quant au LDDS, "grâce à lui, et même si peu d’épargnants le savent, près de 10 milliards d’euros de prêts ont été dédiés à la transition énergétique ces quatre dernières années. Mais c’est trop peu, alors que la collecte du LDDS dépasse les 100 Md€".

Au vu de la montée en puissance des green bonds - ou obligations vertes - dans la finance climat, le ministre annonce également que "la France va adhérer à l’initiative Green Bond Principles" qui édicte des principes internationalement reconnus applicables aux obligations vertes.

Il s’agit pour le gouvernement de répondre aux appels des acteurs financiers à l’harmonisation d’un marché encore largement hétérogène (lire sur AEF info). Et à terme de les rendre plus attractifs car plus crédibles en raison de l’application de normes et de critères dont le but est d’assurer une meilleure transparence de ces produits financiers.

"Lors de la COP 21, la France s’est engagée à émettre des obligations vertes. Nous l’avons fait et nous avons été très surpris par leurs grands succès", poursuit Bruno Le Maire. Il rappelle que depuis janvier 2017, la France émet une obligation adossée à des dépenses en faveur de la transition énergétique et annonce que l’État vient de réémettre cette OAT verte, jeudi 7 décembre – pour un encours qui atteint désormais près de 10 Md€. "Nous poursuivrons l’émission de cette obligation l’année prochaine. Je souhaite que notre OAT verte demeure un vrai titre souverain liquide, contribuant à un marché des obligations vertes plus profond", poursuit-il.

Toujours dans une démarche voulant garantir la transparence des produits financiers, Bruno Le Maire annonce également que Bercy "a installé ce matin le conseil d’évaluation de l’OAT verte" rassemblant des experts de haut niveau et présidé par Manuel Pulgar Vidal. Président de la COP 20 de Lima, le Péruvien est l’actuel directeur international en charge du climat et de l’énergie au WWF. En 2016, l’ONG avait appelé à des "normes fiables, crédibles, suffisamment précises et largement acceptées" en matière de green bonds (lire sur AEF info).

Poursuivant sur l’importance du rôle de la finance dans la lutte contre le réchauffement climatique, le ministre de l’Economie et des Finances réitère l’ambition de Paris de devenir la première place mondiale de la finance verte. En cela, Bruno Le Maire rappelle le rôle moteur de l’article 173 de la loi de transition énergétique au niveau international : la mesure législative "a fait école et je me félicite qu’[elle] ait inspiré les travaux conduits au niveau du G20, la task-force sur la transparence climatique dans le secteur financier (la TCFD). Cette task force fournit des conclusions simples : le verdissement de la finance n’implique pas de nouvelles normes complexes", détaille-t-il.

Il souhaite que "ces conclusions de la TCFD soient désormais appliquées intégralement en France, mais aussi au niveau international et européen" en ajoutant vouloir "que les travaux engagés en France sur la réalisation de stress-tests climatiques puissent être développés par les superviseurs financiers au niveau international".

Le ministre rappelle les enjeux : "Le renforcement de la transparence permettra aux investisseurs d’intégrer l’exposition climatique des entités financières dans leurs décisions économiques. Il permettra également aux autorités de supervision d’intégrer le risque climatique dans la surveillance prudentielle des établissements financiers."

Dans son intervention, Bruno Le Maire souligne également que la démarche visant à plus de transparence dans la finance verte doit s’appliquer aussi à l’échelon européen, alors que le groupe d’experts de l’UE sur la finance verte doit rendre ses conclusions en janvier prochain "Il nous manque une langue commune au niveau européen. Je souhaite donc que des standards de reporting climatiques et d’identification des actifs verts soient développés au niveau européen", demande le ministre. Il ajoute que "la révision de la directive sur le reporting extrafinancier en fournira une opportunité qui doit être saisie. Nous soutenons également le développement d’une taxonomie verte au niveau européen".


Stratégie française. Les annonces de Bruno Le Maire se sont fortement inspirées du rapport de Sylvie Lemmet et Pierre Ducret "Pour une stratégie française de la finance verte", qui a été remis à Bruno Le Maire et Brune Poirson mercredi 6 décembre, et dont une synthèse a été publiée ce lundi. La conseillère maître à la Cour des comptes et le président d’I4CE y dressent un état des lieux de l’action du secteur financier en faveur du climat, démontrant que "la France dispose aujourd’hui d’une avance" sur le sujet, via l’obligation de transparence introduite par l’article 173 de la loi de transition énergétique, l’émission d’obligations vertes souveraines, les engagements des banques et de la CDC, la création des labels ISR et Teec, etc. "Beaucoup reste encore à faire pour aligner les flux de capitaux avec les objectifs de l’accord de Paris", ajoutent-ils toutefois.

Pour "consolider l’avance française et promouvoir [les] positions [de la France] dans le débat international", les deux auteurs proposent une "stratégie" en cinq points :

  • l’annonce par la France d’une évolution de sa réglementation sur la transparence, en précisant son contenu "pour s’aligner sur les recommandations de la TCFD" ; en l’étendant aux banques et à la Banque de France "pour la partie de ses actifs qui ne sont pas liés à la politique monétaire", ainsi qu’aux stratégies de gestion et aux indices utilisés dans la gestion passive" ; et en encourageant les acteurs financiers français à participer aux travaux internationaux de mise en œuvre des recommandations de la TCFD.
  • la construction d’une "taxonomie" (identification et classification) partagée des projets et activités verts, vue comme "une des pierres angulaires du développement de la finance verte". Elle devra être établie par "une instance publique européenne", par exemple la Banque européenne d’investissement.
  • l’organisation de la contribution de la France dans les processus internationaux de standardisation de la finance verte "pour promouvoir ses outils et capitaliser sur son expérience".
  • la mobilisation de l’épargne des Français vers la transition écologique et énergétique. L’épargnant "doit pouvoir exprimer ses préférences d’investissement" et "choisir un produit compatible avec la réalité climatique" pour son épargne salariale et l’assurance-vie en unités de compte. Pour accompagner ce mouvement, les auteurs préconisent un élargissement de la labellisation des produits financiers verts avec une "meilleure articulation des quatre labels existants" (Teec, ISR, Initiative assessing low-carbon transition, label financement participatif pour la croissance verte) et l’attribution d’un "budget de promotion dédié" pour renforcer leur visibilité. Le rapport propose encore de promouvoir un label européen et de réformer le livret développement durable et solidaire, source de "confusion" (il finance peu le développement durable, malgré son nom).
  • L’accélération des travaux des superviseurs sur la gestion des risques climatiques entamés en Europe. Pierre Ducret et Sylvie Lemmet souhaitent la poursuite des travaux engagés par la DG Trésor et l’ACPR sur l’évaluation des risques bancaires liés au climat et l’étendre au secteur assurantiel. Ceux-ci "doivent permettre d’avancer vers des tests de résistance bancaires d’ici 2019 par la mise au point d’une méthode fondée sur des scénarios". Ces "stress tests climatiques" sont prévus par la loi de transition énergétique. Un rapport non définitif a été publié début 2017. Selon les informations recueillies par AEF, l’extension au secteur assurantiel est déjà décidé.

Les deux auteurs du rapport refusent de trancher le débat sur la pertinence d’une modification des ratios d’exigence de fonds propres par un facteur de soutien aux activités vertes et/ou de pénalisation des activités brunes. Ce "green supporting factor" est demandé par plusieurs acteurs français, en particulier les banques à travers la Fédération bancaire française, et est actuellement discuté au sein du groupe d’experts de l’UE sur la finance verte qui doit rendre ses conclusions en janvier. Pierre Ducret et Sylvie Lemmet considèrent toutefois que le sujet "n’est pas clos, et que l’adoption d’une taxonomie est un des préalables indispensables".


Gérard Mestrallet, président d’Engie et président de Paris Europlace

C’est Gérard Mestrallet qui a ouvert la conférence, annonçant que l’événement serait désormais annuel et se tiendrait à Paris (si le premier "climate finance day" s’était tenu à Paris, le deuxième s’était, lui, tenu à Casablanca) : "Plusieurs engagements ont déjà été pris par des dirigeants du secteur privé et de la finance, lors des deux précédents climate finance day à Paris en décembre 2015 et au Maroc en 2016. Mais ces premiers efforts ne sont pas encore suffisants", a-t-il introduit. "Cette année encore nous voyons l’ampleur et l’urgence de la menace climatique. Il faudrait entre 5 et 7 000 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 pour répondre au défi. Comment accélérer ? Il y a eu une réunion des banques de développement ce matin. Cet après-midi nous aurons des annonces de nouvelles coalitions, dont une coalition sur les obligations vertes nommée Paris green bonds pledge, dont Engie fait partie, une coalition d’investisseurs qui veulent réduire leur empreinte carbone, une coalition d’investisseurs institutionnels qui veulent développer l’évaluation ESG, et un partenariat des places financières."


Nicolas Hulot, ministre français de la Transition écologique et solidaire

"Le monde change. La finance est au chevet de la planète : faut-il s’en inquiéter ou s’en réjouir ? En cette semaine positive, je choisis de m’en réjouir car je perçois de la sincérité. L’objectif est clair : faire de la finance un levier pour atteindre l’objectif sur le climat. Le monde dessiné par l’accord de Paris est déjà différent du monde d’aujourd’hui."

"L’accord de Paris délivre un message clair : les énergies fossiles appartiennent au passé, il faut se désintoxiquer. Il faut également investir dans la restauration de l’écosystème, vital pour stocker le carbone. La France a choisi cette voie avec la loi qui est en bonne voie et interdira la délivrance des nouveaux permis hydrocarbures. Les entreprises et investisseurs doivent s’adapter à cette nouvelle réalité. C’est l’effet Kodak, la disparition d’un modèle, il en sera bientôt de même pour le charbon. La France fait partie de l’alliance pour la sortie du charbon avec le Canada et le Royaume-Uni (lire sur AEF info)."

"Il faut investir dans la réparation de l’écosystème, et sur ce point, la finance n’est pas au niveau. Je salue le fonds hybride LDN (land degradation neutrality) créé par Monique Barbut, secrétaire générale de la convention de lutte contre la désertification, et réunissant notamment Mirova et l’AFD (lire sur AEF info). C’est un fonds d’impact avec des financements publics qui mobilisent des financements privés et se concentre sur les bénéfices sociaux et environnementaux à long terme. Ce type de partenariat public-privé doit se multiplier, sinon nous n’atteindrons pas une finance durable."

"Le prix du carbone permet de mettre de la cohérence dans l’économie mondiale. Le rapport de Nicholas Stern et Joseph Stiglitz évoque un corridor de prix au minimum entre 40 et 80 dollars la tonne de CO2 en 2020 et 130 en 2030 à la condition que des politiques publiques d’accompagnement soient mises en place (lire sur AEF info). Cela doit s’accompagner d’un mouvement massif de réduction des subventions aux énergies fossiles. C’est une dynamique dans laquelle les banques de développement doivent s’engager."


Ségolène Royal, ancienne ministre de l’Environnement

"Une nouvelle donne entre la finance et l’économie réelle nécessite la mise en place d’outils qui provoquent la confiance", juge l’ancienne ministre. Elle donne trois exemples en France : la mise sur le marché d’une obligation verte souveraine qui a atteint 10 milliards d’euros, les outils de la loi sur la transition énergétique et la coalition solaire.

"L’article 173 est une première mondiale qui est regardée avec attention par la Commission européenne, le FSB et le G20 qui reste à convaincre. Je pense aussi que la transparence financière ne doit pas seulement s’appliquer aux investisseurs privés mais aussi aux États et aux banques centrales parce qu’elles sont des instruments de politiques publiques et qu’elles doivent prendre en compte le risque climatique et en rendre compte."

"L’enjeu aujourd’hui est de savoir comment les flux financiers vont aller dans les pays pauvres. Les investisseurs doivent comprendre que leur intérêt est de trouver des outils qui leur donnent la confiance d’investir mais qu’ils n’attendent pas de ces outils uniquement l’argent public. Il est très important qu’on puisse clarifier comment répartir la prise de risque de l’investissement dans les stratégies bas carbone à l’égard des pays instables car c’est aussi un retour sur investissement pour tout le monde. Terrawatt est censé finaliser un dispositif d’ingénierie financière qui doit permettre un système de mutualisation les risques. C’est ainsi que l’on répondra à l’urgence climatique. Cela fait quinze ans qu’on en parle et le continent africain n’arrive toujours pas à accéder à l’énergie solaire, il est temps et urgent de réorienter ces flux financiers vers ces investissements."


Per Bolund, ministre suédois des finances

Le représentant du gouvernement suédois a rendu un hommage aux mesures prises par la France en matière de finance climat, indiquant avoir été "inspiré" par l’Hexagone pour sa propre politique climatique. Ainsi, la Suède a voté une nouvelle législation s’inspirant de l’article 173 de la loi de transition énergétique. Per Bolund "espère que d’autres pays suivront". Le ministre dit également examiner l’exemple de la France en matière d’obligation verte souveraine.

Évoquant les conclusions de la TCFD, le Suédois s’est dit "pleinement engagé" à les mettre en œuvre et à favoriser leur mise en œuvre à travers le monde.


Invité "surprise" de l’après-midi, Michael Bloomberg, qui sera également présent au sommet "One Planet" et qui organise ce lundi soir un dîner au Grand Palais auquel participe Emmanuel Macron, s’est félicité du soutien de la France et de la Suède aux travaux de la TCFD.


Verbatims des tables rondes

Hiro Mizuno, le directeur du fonds de pension gouvernemental japonais, le plus grand au monde, avec 1 300 milliards de dollars d’actions sous gestion, expose sa démarche sans détour :

"Pour des facteurs ESG significatifs, nous demandons à nos gérants de l’engagement actionnarial auprès des entreprises. C’est notre façon subtile de nous assurer que tous les gérants d’actifs intègrent les risques," sourit-il. "Mais qui a le plus d’impact ? Les fournisseurs d’indices. Leur poids est énorme avec la gestion passive. Ils nous demandent des frais élevés si l’on veut exclure des valeurs. Nous leur demandons pourquoi ! Nous encourageons la création d’indices boursiers environnementaux, et demandons la publication de la méthodologie. Les autres acteurs vont devoir s’y mettre", prévient-il.

À la faveur d’une anecdote, se rappelant lorsque la banque centrale des Pays-Bas, "organisation de long terme", a décidé voici sept ans de changer l’intitulé de ses missions désormais axées sur la "stabilité financière pour une prospérité durable", son directeur exécutif Franck Elderson compare la prise en compte du risque climatique à une "marche dans le brouillard d’une plage néerlandaise". "Certains pensent qu’on peut être fier d’avoir un département développement durable. C’est so 2002 ! Il faut inclure cet enjeu dans toutes les décisions, à tous les niveaux de l’entreprise", s’exclame-t-il.

Jean-Laurent Bonnafé, administrateur-DG de BNP Paribas :

"Ce matin je parlais avec Bill Gates, on a besoin d’arriver à temps. De la part du politique, nous avons besoin de cadres et de signaux clairs pour bouger dans la bonne direction. Il faut accélérer. Si l’on pouvait commencer par l’Europe, ce serait un bon signal", déclare le patron de la première banque européenne à Christian Thimann, président du groupe d’experts de haut niveau sur la finance durable. "En particulier, nous avons besoin de signaux de long terme", appuie-t-il. "Fiscalité, prix du CO2, il nous faut ces signaux, puis s’y tenir."


Daniel Klier, directeur de la stratégie et de la finance durable HSBC

"Pour nous, la durabilité n’est plus un sujet de RSE ou de réputation mais de pur risque de crédits. C’est un gros risque mais aussi une opportunité. Je rappelle qu’il y a 100 000 milliards de dollars d’investissements à faire dans les infrastructures dans les 20 ans à venir.

Il faut élargir le marché des green bonds pour lui donner plus de crédibilité. Dans nos pays, nous sommes confiants mais il" faut aider les pays comme l’Inde, le Vietnam à débloquer les financements."

Philipp Hildebrand, vice-président de Blackrock

"La finance peut être la clé pour se concentrer sur le long terme.

Nous ne possédons pas les actifs, nous les gérons pour nos clients. Cela ne veut pas dire que nous pensons qu’il ne faut rien faire sous prétexte que nous obéissons aux clients. Nous voyons de plus en plus l’intérêt des clients d’aligner leurs idéaux avec les retours financiers. Nous devons suivre les besoins des clients mais ces besoins changent rapidement, nous les accompagnons et les poussons. Nous soutenons les travaux de la TCFD car la transparence est importante. C’est un levier puissant.

En tant que grand actionnaire, l’engagement est une part importante de notre mission. Tout le monde se focalise sur le vote, mais c’est la partie facile. Le plus dur est l’engagement continu tout au long de l’année avec les conseils et les dirigeants, et pas seulement deux semaines avant l’assemblée générale. C’est difficile, ce sont des questions compliquées, d’autant plus que les connaissances sont incomplètes. Il faut plus de données, plus de clarté dans les politiques publiques avec des incitations. Il faut également développer des benchmarks qui évoluent et prennent en compte ces problématiques, sinon les gestionnaires d’actifs vont devoir créer leurs propres benchmarks."


Christina Olivecrona, analyste durabilité au fonds de pension suédois AP2, membre de l’IGCC

"Nous avons intégré l’analyse climatique à toutes nos décisions d’investissement. Nous menons une analyse de risque pour les secteurs à haut risque. Nous avons désinvesti de 80 entreprises du charbon et de l’énergie. Nous avons deux stratégies : les investissements dans les entreprises durables et l’engagement. Le dialogue et la coopération peuvent tout changer."

Judith Hartmann, directrice financière d’Engie


"De par ses activités, notre entreprise est obligée de penser sur le long terme. Les green bonds nous permettent d’avoir de nouvelles opportunités de financement. Nous avons lancé un engagement avec 8 autres entreprises, avec lesquelles nous représentons 26 milliards de green bonds. Cela nous aide à créer une visibilité. Certaines entreprises n’osent pas se lancer car elles ont peur de la transparence qui est exigée."



Charte des investisseurs publics. Nicolas Hulot et son homologue à l’Économie Bruno Le Maire (1) ont signé, avec Éric Lombard, DG de la CDC, Rémy Rioux, DG de l’AFD, Nicolas Dufourcq, DG de Bpifrance, et Philippe Desfossés, directeur de l' Erafp, ont signé lors du climate finance day la "charte des investisseurs publics français en faveur du climat". Celle-ci instaure 6 principes portant sur :

  • la prise en compte des enjeux climatiques dans les décisions d’investissement, en mettant en œuvre des procédures internes d’évaluation et de gestion des risques liés au changement climatique
  • la participation au financement de la transition vers une économie bas carbone :
  • un dialogue structuré avec les parties prenantes (entreprises dont les investisseurs sont actionnaires, celles qu’ils financent, etc.)
  • une diffusion des meilleures pratiques
  • l’émission d’instruments financiers dédiés
  • la transparence et la redevabilité

"En vertu des six principes de cette charte, les investisseurs publics intégreront, dans leur politique d’investissement, des critères d’impact climatique. Ils engageront un dialogue structuré avec les entreprises financées en vue de les inciter à améliorer leurs politiques en faveur du changement climatique. Ils feront preuve de transparence et de redevabilité sur leur engagement en faveur du climat", se félicite Bruno Le Maire lors de la clôture de l’événement, en précisant que ces acteurs représentent un total de bilan de 590 milliards d’euros : "C’est donc un engagement majeur. Demain, tous les investisseurs publics iront vers le vert."


Les banques françaises ont profité du climate finance day pour faire de nouvelles annonces. AEF fait le point ici.


Notation extrafinancière. Vingt-sept grands acteurs de la Place de Paris, dont CDC, Amundi, Aviva, Axa, BNP, Natixis, Banque postale, Euronext, publient une déclaration intitulée "Vers une généralisation de la notation extrafinancière", dans laquelle ils incitent les émetteurs à intégrer une notation ESG dans leur communication, en plus de leur notation financière. "C’est un pas significatif vers la généralisation de la communication par les émetteurs de leur notation extrafinancière et de la reconnaissance pleine et entière par les signataires de sa contribution à leurs décisions éclairées d’investissement et de financement", salue l’agence Vigeo Eiris.

(1) Le ministre chargé des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian était représenté.

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Claire Avignon, journaliste