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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°576733

Droit à la déconnexion : face à des pratiques qui "confinent à l’addiction", les accords sont insuffisants (T. Le Fur)

Sollicités au travail par les e-mails ou les systèmes de messagerie instantanée, et habitués hors de ce cadre à naviguer sur les réseaux sociaux, les salariés sont sans cesse exposés aux écrans et au numérique. Poussés ou non par leur entreprise, leurs comportements en la matière peuvent devenir addictifs, prévient Thierry Le Fur, intervenant en prévention des risques professionnels, spécialisé dans la prise en charge des addictions (1). Alors que la loi El Khomri a introduit le droit à la déconnexion, les accords signés en la matière comportent des limites car ils "visent surtout à encadrer le temps passé hors des horaires de travail", estime-t-il dans une interview accordée à l'AEF. Or, aborder ce sujet sous l'angle de l’addictologie implique de développer des démarches de sensibilisation sur les effets du numérique auprès des salariés afin de développer de bons réflexes.

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AEF : Vous liez le sujet des outils numériques au travail à celui de l’addiction…

Thierry Le Fur : Le cerveau fonctionne selon un équilibre vivant, notamment entre ce qui nous stimule et ce qui nous apaise. En nous incitant à consulter notre téléphone jusqu’à 250 fois par jour, le numérique a pour effet de stimuler notre excitation. Chaque message qui nous arrive, que l’on attend ou que l’on redoute, provoque une décharge d’adrénaline. Il s’agit du même principe que celui de l’addiction, lorsqu’un individu recherche une forme de plaisir, d’excitation ou d’apaisement. Or plus l’on cherche cela par un même type de consommation et on l’obtient… plus on en redemande : il devient alors difficile de se déconnecter.

AEF : Dans ce contexte, en quoi l’entreprise est-elle responsable ?

Thierry Le Fur : Il y a d’abord un aspect sociétal. On vit dans une société assez anxiogène, avec des millions de chômeurs, où les individus définissent leur identité à partir de leur travail. Cela se manifeste au travers de pratiques confinant à l’addiction. Lorsqu’un salarié consulte sa boîte mail jusqu’à 40 fois par heure, il se pose au fond la question suivante : "Si je n’ai pas de message, est-ce que j’existe encore ?" C’est presque le principe de Facebook, où l’on cherche à obtenir des "like". Par ailleurs, la peur du vide, du silence ou de l’absence d’activité favorise également le fait d’aller sur les écrans. La conséquence de cela, le présentéisme, donne aux individus l’impression d’être occupés.

Cependant, l’entreprise est également responsable : il y a un climat ambiant d’immédiateté qui est une forme d’astreinte permanente, rarement proclamée mais souvent induite, par exemple lorsqu’on demande à un salarié pourquoi il n’a pas répondu à un mail. Cela dépend bien sûr du département où l’on travaille ainsi que du management. On peut penser que de ce point de vue, la fonction RH par exemple est protégée, mais il s’agit de l’une des fonctions les plus sollicitées. Il faudrait en réalité que les entreprises permettent de se déconnecter lorsqu’on fait une tâche.

AEF : Quid, alors, du droit à la déconnexion ?

Thierry Le Fur : Celui qui a l’habitude de consulter ses mails ne s’arrête pas au moment de sortir du bureau. Au vu de la porosité entre la vie privée et la vie professionnelle, il faut donc traiter de l’ensemble. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les syndicats peuvent être d’accord avec la possibilité de consulter les mails en dehors du temps de travail, c’est-à-dire quand on le souhaite et si l’on juge que c’est le bon moment. Ce qu’ils ne veulent pas, c’est d’une astreinte numérique obligeant à être connecté et/ou répondre.

Or, les accords de droit à la déconnexion visent surtout à encadrer le temps passé hors des horaires de travail, ce qui est insuffisant. On y trouve aussi beaucoup de bonnes intentions, par exemple sur le devoir de ne pas inciter à la connexion, sur les délais de réponse, l’invitation à ne pas envoyer un mail entre 20h et 8h du matin, sauf urgence.

Cependant, il faut aussi prévoir des actions de sensibilisation et de formation dans les entreprises et établir un guide d’usage des bonnes pratiques.

AEF : C’est-à-dire ?

Thierry Le Fur : Apprendre aux salariés à bien se servir d’une boîte mail ne suffit pas. Réduire la surcharge informationnelle, c’est bien, mais il faut aussi sensibiliser à la culture des bons usages pour soi-même, et faire prendre conscience que bien traiter notre cerveau va devenir essentiel. Il s’agit d’expliquer les ressorts de l’addiction à la connexion, les conséquences physiques que cela peut avoir par exemple sur l’endormissement, ou encore avertir sur le fait que consulter les écrans déclenche la sensation de ne pas voir le temps passer.

La multiplication des canaux de communication, la mode des réseaux sociaux d’entreprise tend à aggraver le problème. Il y a des repères à avoir : par exemple, on ne peut pas gérer plus de cinq circuits d’information différents. De même, si on est interrompu plus de 20 ou 30 secondes, il devient difficile pour quelqu’un de revenir immédiatement à sa tâche initiale et cela a pour effet de perturber la concentration.

AEF : Les entreprises appellent de plus en plus à travailler en mode collaboratif, à de l’agilité. Cela est-il compatible avec cette démarche ?

Thierry Le Fur : On peut être agile, mais il faut pouvoir réserver 20 % de son temps pour se recentrer sur soi-même : par exemple relire à tête reposée (déconnecté) un contrat ou une note sensible, faire le point sur 3 objectifs - parfois simples - de sa journée. L’enjeu est de ne pas perturber ces moments afin de permettre aux salariés d’être productifs au travail en réussissant à gérer leurs priorités.

AEF : Que peuvent faire les entreprises ?

Thierry Le Fur : L’enjeu est de mieux gérer les usages du numérique pour mieux travailler. Le sujet est multidimensionnel et c’est ce qui le rend complexe : il s’aborde sous l’angle de la qualité de vie au travail, comme sous celui de la performance et de la santé. De ce point de vue, il peut être utile mettre en place des groupes référents sur ces questions avec des membres issus des RH, des juristes ou des services de santé au travail ou des DSI, voire des IRP.

Pour poser un diagnostic, il est aujourd’hui possible de calculer les volumétries des flux de mails : l’entreprise peut donc réaliser des diagnostics visant à identifier des situations d’hyperconnexion et apporter des solutions en fonction. Des espaces de discussion-proposition au niveau des équipes peuvent être utiles de ce point de vue.

(1) Auteur de : Pouce! Mieux vivre avec le numérique, éditions Docis, 2014, 196 pages, 24 euros, ISBN 978-2-85525385-5

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Catherine Abou El Khair, journaliste