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À Milipol, Gérard Collomb dit sa volonté de "donner une nouvelle impulsion" à la filière industrielle de la sécurité

"Le gouvernement souhaite donner une nouvelle impulsion à la filière de l’industrie de sécurité française, et constituer des écosystèmes d’innovation de pointe", indique le ministère de l’Intérieur dans un communiqué publié à l'occasion de l’inauguration de la 20e édition du salon Milipol par Gérard Collomb, mardi 21 novembre 2017. La place Beauvau annonce qu'une réunion du Cofis (comité de filière des industries de sécurité) aura lieu "début 2018", afin de "définir une politique de sécurité ambitieuse et partagée" à l’horizon 2025. "Il me semble indispensable de développer en France nos propres savoir-faire, en particulier sur des segments aussi stratégiques que le renseignement, la protection des données sensibles ou la lutte contre la cybercriminalité", précise Gérard Collomb dans une allocution prononcée sur le salon.

La puissance publique a "un rôle essentiel à jouer pour impulser, pour susciter, pour accompagner la montée en gamme de tous les acteurs" de l’industrie de la sécurité, déclare Gérard Collomb lors de l’inauguration du salon Milipol à Villepinte (Seine-Saint-Denis), mardi 21 novembre 2017 (lire sur AEF info). Dans un communiqué publié le même jour, le ministère de l’Intérieur indique que le Cofis (comité de filière des industries de sécurité) se réunira début 2018 avec "quatre objectifs à l’horizon 2025" : "Doubler le chiffre d’affaires de la filière", "créer 75 000 nouveaux emplois qualifiés", "maintenir un taux de croissance à l’export supérieur au taux de croissance nationale" et "couvrir l’intégralité des technologies identifiées comme 'critiques' par des offres nationales ou européennes".

"Le marché mondial de la sécurité intérieure représente aujourd’hui près de 600 milliards d’euros de chiffre d’affaires soit, pour donner un ordre de grandeur, plus du quart du PIB de la France", souligne Gérard Collomb lors de son allocution. Il précise qu’à l’échelle nationale, "la filière industrielle a enregistré depuis quelques années un taux de croissance annuel de l’ordre de 5 %". Elle rassemble aujourd’hui "plus de 2 000 entreprises, qui emploient plus de 125 000 personnes et réalisent 50 % de leur chiffre d’affaires à l’export", signale le communiqué du ministère.

Selon Gérard Collomb, "ce mouvement de croissance devrait se poursuivre". "Les menaces qui pèsent sur les États sont en effet de plus en plus fortes, et chacun songe ici au terrorisme, contre lequel on ne pourra lutter sans innover, notamment en matière de techniques de renseignement."

"Conquérir de nouveaux marchés à l’export"

"Le gouvernement sera toujours aux côtés des entreprises de la filière", affirme le ministre de l’Intérieur. "Quand nous prenons des mesures pour conduire les entreprises à consacrer une part significative de leur chiffre d’affaires à la protection de leurs systèmes informatiques, quand — comme c’est le cas dans le cadre la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (lire sur AEF info) — nous donnons la possibilité aux autorités administratives de mettre en place des périmètres de protection avec fouilles et portiques, c’est bien sûr la protection de nos concitoyens que nous renforçons. Mais c’est aussi le secteur des industries de sécurité que nous soutenons."

Gérard Collomb réaffirme également le soutien de l’État à la filière par le biais de la commande publique. "Nous allons, dès 2018 et dans les cinq ans à venir, réaliser un effort important pour mieux équiper nos policiers, nos gendarmes, nos personnels de sécurité civile", rappelle-t-il. Et de détailler : "Le budget d’équipement de la police nationale sera ainsi augmenté de 50 % par rapport à la moyenne des années passées" (lire sur AEF info), "celui de la gendarmerie nationale sera lui en croissance de 14 %", et le budget de la sécurité civile "sera porté à plus de 800 millions d’euros, grâce à l’achat de six avions bombardiers d’eau" (lire sur AEF info).

Le ministre de l’Intérieur indique ainsi que "60 000 gilets pare-balles" seront achetés d’ici 2019 et "10 000 caméras-piétons d’ici l’année prochaine". 115 000 tablettes et smartphones équiperont les forces de l’ordre d’ici 2020. Ces commandes "peuvent constituer des références permettant ensuite de conquérir de nouveaux marchés à l’export", pointe Gérard Collomb.

"constituer des écosystèmes d’innovation de pointe"

"Nos forces de sécurité ont aussi des besoins plus spécifiques, pour lesquels nous attendons beaucoup de la capacité d’innovation des entreprises", rappelle-t-il en outre. La gendarmerie et la police nationale acquerront "dans les années à venir des systèmes de lecture de plaques d’immatriculation, des drones, des microdrones et nanodrones, ainsi que - pour les forces chargées des enquêtes - des outils d’investigation, de simplification des procédures". "Je pourrais multiplier les exemples qui, de la mise en place d’un réseau radio du futur commun aux forces de sécurité au développement par les collectivités locales de réseaux de vidéoprotection, nécessiteront, pour être menés à bien, des savoir-faire de pointe, une mobilisation de l’ensemble du monde industriel", déclare le ministre.

Gérard Collomb, qui rappelle que l’État et collectivités territoriales représentent "près de la moitié du chiffre d’affaires des entreprises de sécurité" en France, estime par ailleurs que "public et privé doivent être plus proactifs encore, en se donnant les moyens de travailler ensemble bien en amont de la production des produits et services." Il souhaite "[s]'impliquer personnellement" pour constituer "des écosystèmes d’innovation de pointe dans le secteur de la sécurité intérieure". "C’est du dialogue permanent entre forces de sécurité, grands groupes, PME, et laboratoires de recherche, que pourront germer demain les innovations technologiques les plus importantes".

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Marie Desrumaux, journaliste