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Reporting intégré : le Medef présente les conclusions de son groupe de travail

Le Medef présente un document de retours d’expérience sur le reporting intégré, jeudi 16 novembre 2017. Il s'appuie sur des auditions d’experts, praticiens et parties prenantes (1) menées pendant plus d’un an au sein de sa commission RSE par un groupe de travail dédié, présidé par Jérôme Courcier, responsable RSE du Crédit agricole. Des représentants de cette banque et de Schneider Electric témoignent de la mise en place de cette démarche de reporting intégré.

Integrated thinking awards

Les prix de l'Integrated thinking awards sont des grands prix européens annuels visant à récompenser les entreprises les plus avancées en matière de "pensée intégrée". La remise des prix de l’édition 2017 s’est tenue le 10 octobre au Medef dans le cadre de la 5e conférence annuelle sur l’Integrated Thinking. Les lauréates sont : Despar, Schneider Electric et Gecina (lire sur AEF info).

"Le groupe a travaillé en prenant l’angle des 6 capitaux formant la base de la réflexion intégrée - les capitaux humain, intellectuel, naturel, social, industriel et financier, en laissant de côté ce dernier. L’idée était de montrer comment les entreprises peuvent aborder le reporting intégré par l’approche des capitaux", explique Jérôme Courcier, président du groupe de travail sur le reporting intégré au Medef. "Les entreprises ne sont pas que des actifs financiers mais ont de multiples facettes sur lesquelles elles peuvent se faire attaquer. Le concept du reporting intégré n’est pas seulement de fusionner les deux rapports (financier et RSE) mais de donner une vision globale pour expliquer la création de valeur."

"L’Oréal l’a fait dans son document de référence, qui est de fait son reporting intégré", illustre Michel Laviale, qui préside le comité RSE du Medef. "C’est aussi cette façon de faire que recommande l’AMF."

"S’y mettre, ce n’est que suivre la tendance actuelle"

Jérôme Courcier remarque : "Nous sommes déjà plus ou moins poussés vers le reporting intégré avec l’évolution du cadre de réglementation (transposition de la directive sur le reporting extrafinancier, loi Sapin II, loi sur le devoir de vigilance, article 173 de la loi de transition énergétique…). Elle demande de cartographier les risques, présenter le processus et les actions, décrire les modèles d’affaires, et les rôles de chacun, publier des indicateurs et objectifs : c’est ce que propose de faire le reporting intégré. S’y mettre, ce n’est que suivre la tendance actuelle allant dans le sens des recommandations de la TCFD et de la réflexion du groupe d’experts de haut-niveau européen."

Emilienne Lepoutre, directrice de la performance durable à Schneider Electric, admet que son groupe n'a pas été dans les premiers à se lancer, aux débuts du reporting intégré en 2012. "Nous avions le sentiment d’être déjà une entreprise intégrée, que cela se retrouvait dans notre discours et que nous n’avions pas besoin de prouver que le climat était au cœur de notre stratégie. Mais, quelques années plus tard, lorsque nous avons vu que la démarche devenait incontournable, nous avons décidé de nous lancer. Nous avons sorti notre premier rapport intégré en juillet 2016."

"Nous sommes partis de l’existant en nous servant des présentations power point utilisées par les dirigeants de l’entreprise lors des AG, des réunions avec des investisseurs, et des sommets sur l’innovation. Nous avons aussi choisi de prendre des libertés dans notre rapport afin de ne pas faire juste un rapport de plus, très scolaire", raconte-t-elle.

"l’objectif est d’être plus prospectif"

Pour Emilienne Lepoutre, "l’objectif était de montrer par partie prenante quelle est la valeur ajoutée de Schneider". Le premier rapport était "très générique", le deuxième "plus spécifique à l’entreprise et plus concret", le troisième sera "plus prospectif". "Pour nous, il s’agit d’un rapport supplémentaire par rapport à notre document de référence qui contient un rapport RSE de 80 pages. Il contient toutes les informations demandées par la réglementation. Nous avons également depuis 10 ans un document sur la stratégie et le développement durable qui met en valeur les grandes réalisations de l’année". La spécialiste ajoute: "Notre reporting intégré ne contient pas tous les éléments recommandés par l’IIRC, dont certains se retrouvent plutôt dans le document de référence. Car pour nous, la porte d’entrée du reporting intégré est la stratégie de l’entreprise, pas le développement durable."

Du côté du Crédit agricole, la réflexion a commencé en 2015. "La même année, les comités RSE et stratégie ont pris l’engagement de publier un rapport intégré en 2018, qui a été inscrit dans notre document de référence 2015", témoigne Farouz Lemosle, responsable communication financière chez Crédit agricole. "En 2016, nous avons eu l’idée de fusionner les documents RSE et activités pour homogénéiser les messages. L’intérêt du reporting intégré pour nous était alors de : faire converger notre communication, faire comprendre l’utilité de la banque, mieux expliquer notre structure, donner envie d’investir, et proposer notre propre vision du reporting intégré avant qu’un cadre soit imposé."

"Ce travail a permis de casser les silos"

"C’était une démarche collégiale, qui a associé directeurs et équipes, gérée par un comité de pilotage. C’était la première fois que l’on travaillait avec les équipes des caisses régionales, ce qui a nécessité 60 réunions de travail en tout. Toutes les personnes contribuant au document de référence ont participé", souligne Farouz Lemosle.

"Nous avons été surpris de recevoir un tel accueil positif sur ce rapport et ce par toutes les parties prenantes, qui ont apprécié l’effort de transparence et de pédagogie et le caractère synthétique. En interne notamment, il a été très bien reçu et a eu un impact fort, avec une audience plus importante que pour le rapport d’activité et le rapport RSE. Ce travail a permis de casser les silos et a créé une dynamique", reconnait-elle. Parmi les contenus appréciés : les parties sur la création de valeurs, la maîtrise des risques, la politique de rémunérations des dirigeants et le glossaire. "Les spécialistes nous ont conseillé de mettre plus en perspective tous les sujets et de créer des passerelles avec le document de référence. Les actionnaires individuels nous ont demandé une meilleure explication de notre modèle. Nous nous attacherons également à donner aux investisseurs une vision plus prospective dans les prochains rapports."

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Sabrina Dourlens, journaliste