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Éducation prioritaire : Jean-Michel Blanquer annonce une nouvelle carte pour la rentrée 2019

"Notre politique d’éducation prioritaire doit se moderniser pour être réellement efficace", déclare le 3 novembre 2017 le ministre de l’Éducation nationale, lors d’une audition à l’Assemblée nationale par les commissions chargées des finances et de l’éducation. Jean-Michel Blanquer va organiser en 2018-2019 une concertation sur ce thème pour évaluer la carte actuelle de l’éducation prioritaire et en proposer une nouvelle à la rentrée 2019. Le ministre assure par ailleurs que le dispositif "Devoirs faits" sera en place dans tous les collèges le 6 novembre 2017, coordonné par des professeurs dans la moitié des cas. Il présente aussi son projet pour revoir la GRH dans l’Éducation nationale : une gestion "plus humaine et plus proche du terrain" et permettant des mobilités. Le ministre s’exprime aussi sur la formation des enseignants, la médecine scolaire et les manuels.

Le budget 2018


Les députés ont adopté vendredi en commission le budget Enseignement scolaire :

51,29 Md€ (1) (+ 1,3 Md€ par rapport à 2017) dont :

  • 22,01 Md€ pour le 1er degré
  • 32,74 Md€ pour le 2nd degré
  • 7,55 Md€ pour le privé

Voici les points abordés par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer lors de son audition le 3 novembre 2017 devant la commission des affaires culturelles et de l’éducation et la commission des finances de l’Assemblée nationale, dans le cadre de l’examen du PLF 2018 :

Éducation prioritaire. Jean-Michel Blanquer annonce une évaluation de la carte actuelle de l’éducation prioritaire, avec l’organisation d’une concertation sur ce thème au long de l’année 2018-2019. Il prévoit "une actualisation" de la carte pour la rentrée 2019. "Notre politique d’éducation prioritaire doit se moderniser pour être réellement efficace", souligne le ministre qui insiste notamment sur l’amélioration des échanges interministériels sur ce sujet et sur la cohérence avec les cartes de la politique de la ville.

Devoirs faits. Jean-Michel Blanquer assure que "tous les collèges proposeront le dispositif le 6 novembre". "Il y aura des ajustements si nécessaire car tout ne sera peut-être pas parfait dès le départ". Il précise que 50 % des coordonnateurs des devoirs faits sont des professeurs, 30 % des CPE et le reste des chefs d’établissement.

Gestion des ressources humaines. Interrogé sur les critiques de la Cour des comptes sur la gestion des ressources humaines dans l’Éducation nationale (lire sur AEF), le ministre reconnaît qu’il faut la "renouveler" et souligne la nomination d’une nouvelle DGRH au ministère. La GRH doit être selon lui "plus humaine" et "au plus près du terrain". Les personnels doivent avoir des "perspectives de mobilité" et pouvoir prendre "plus de responsabilités". Il veut faciliter les deuxièmes carrières et mieux accueillir les personnes qui entrent dans l’Éducation nationale après une expérience dans le privé. "Il y aura des dispositifs pour encourager ce type de profil", affirme le ministre, citant l’exemple d’un ingénieur qui, vers 40 ans, souhaite devenir professeur de mathématiques.

Formation initiale des professeurs. Le ministre souhaite que "l’Éducation nationale ait un rôle plus important qu’actuellement dans la définition de ce qui est souhaitable dans les classes". Il veut renforcer le prérecrutement des enseignants, notamment par une évolution de la fonction des 50 000 AED et soutenir les actions de recherche dans les Espé prévues par le Grand plan d’investissement (lire sur AEF). Le ministre aimerait également instaurer des bourses pour les étudiants, et "peut-être aussi dans le secondaire", pour ceux qui se destinent au métier d’enseignant. Il assure être "très vigilant" sur "le risque de dégradation du niveau des candidats" au métier d’enseignant et mise pour cela sur le prérecrutement et la qualité des concours.

Formation continue. "Il faut en faire plus et l’organiser autrement", estime le ministre. "Actuellement, ce sont souvent les mêmes professeurs qui bénéficient de la formation continue. Nous devons faire évoluer le système pour que tous y participent." Le ministre pense qu’il faut aussi "travailler pour que les académies confient plus aux Espé la formation des personnels" et mettre en place une "vision pluriannuelle" des actions de formation.

La médecine scolaire. "Il faut améliorer le suivi de la santé des élèves car la situation de la France n’est pas bonne", déclare le ministre interrogé par plusieurs députés sur les suites qu’il entend donner au récent rapport de l’Académie de médecine (lire sur AEF). "Nous avons d’énormes progrès à faire." Le ministre souhaite que la visite médicale des enfants de 6 ans, actuellement non effective partout, soit "systématique dès 2018".

Il affirme que "le problème de la médecine scolaire n’est pas budgétaire" mais relève du manque d’attractivité de la profession de médecin scolaire. Il avance deux solutions : la possibilité pour les médecins de choisir cette spécialité à la sortie de l’internat et le recours à des médecins non scolaires au service des élèves. Il mise aussi sur une meilleure communication avec les parents pour renforcer l’éducation à la santé des élèves.

Manuels scolaires. Interrogé sur la baisse des crédits pour les manuels scolaires dans le budget 2018, le ministre explique que des crédits importants avaient été mobilisés les années précédentes en raison du changement des programmes et considère que la baisse actuelle est "parfaitement justifiée". Le ministre expose par ailleurs plusieurs interrogations sur la politique des manuels scolaires : leur financement, le taux d’équipement (seuls 40 % des élèves de primaire en ont) et leur qualité. Il veut aborder ces sujets avec les éditeurs.

Segpa. Le ministre souhaite augmenter le nombre de places en Segpa et envisage à plus long terme des "évolutions qualitatives" de ces sections.

(1) Hors contribution pour les pensions

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Cécile Olivier, journaliste