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Le secteur de la sécurité privée a enregistré une "forte croissance" en 2016 (enquête annuelle de branche)

Le secteur de la sécurité privée a enregistré une "forte croissance" en 2016, conséquence notamment "des vagues d’attentats qui ont frappé l’Hexagone depuis début 2015". C’est ce qu’écrit le cabinet I + C (Institut d’informations et de conjoncteurs professionnelles) dans son enquête annuelle pour la branche des entreprises de prévention et de sécurité. Daté de septembre 2017, ce document révèle que le secteur de la sécurité privée – qui regroupe principalement les activités de surveillance humaine, de sécurité mobile, de télésurveillance et de sûreté aéroportuaire — a généré un chiffre d’affaires en hausse de 10,5 %, à 6,6 milliards d’euros, et créé 7 500 emplois au cours de l’année 2016. AEF détaille les principaux enseignements de ce document.

Voici les principaux enseignements de l'enquête réalisée par I + C auprès de la branche des entreprises de prévention et de sécurité :

Données économiques

Nombre d’entreprises. Le rapport de branche dénombre entre 3 517 et 4 145 entreprises disposant d’au moins un salarié dans les domaines de la surveillance humaine, de la télésurveillance et de la sûreté aéroportuaire, selon que les statistiques émanent de l’Insee ou de l’Acoss. "Après trois années marquées par de fortes réductions, le nombre d’entreprises employant 1 à 19 salariés se raffermit pour s’établir à 2 423 en 2016 (contre 2 385 en 2015)", indique le document à partir des données de l’Insee. Le nombre d’entreprises ne disposant pas de salariés progresse, passant de 6 911 à 7 122.

Méthodologie

L’enquête a été réalisée entre avril et juillet 2017 auprès des entreprises membres des organisations patronales des secteurs de la surveillance humaine, de la télésurveillance et de la sûreté aéroportuaire ainsi qu’auprès de 2 000 entreprises non adhérentes dans ces secteurs. L'enquête prend également en compte les activités annexes exercées par ces entreprises, tels que la formation, le transport de fonds ou l'installation de systèmes, par exemple. I + C a également recueilli des données auprès de l’Insee, de l’Acoss et d’Opcalia.

Un peu plus du tiers des entreprises d’au moins un salarié sont situées en Île-de-France, et 11,5 % sont en région Paca.

Chiffres d’affaires. "L’ensemble des 10 650 entreprises de la profession ont généré un chiffre d’affaires d’un peu plus de 6,6 milliards d’euros hors taxes en 2016 (1). Restreint aux structures concernées par l’emploi salarié, le chiffre d’affaires s’établit à plus de 6,4 milliards d’euros hors taxes", note I + C. "Près de neuf entreprises sur dix emploient moins de 20 salariés, mais cette strate ne réalise que 11,5 % du chiffre d’affaires total." A contrario, "les 36 plus grandes entreprises génèrent environ 43 % du chiffre d’affaires total".

Ces revenus représentent une hausse de 10,5 % par rapport à 2015 (lire sur AEF info). "Conséquence des vagues d’attentats qui ont frappé l’Hexagone depuis début 2015, la sécurité s’est très nettement renforcée en 2016. Déjà en forte progression en 2015, le chiffre d’affaires de la profession bondit [en 2016]", indique le rapport de branche. "Cette forte croissance concerne les entreprises employant au moins 20 salariés : la hausse atteignant 15,5 % pour les entités de 20 à 99 salariés, 13 % pour celles de 100 à 499 salariés et 10 % pour les majors."

Depuis dix ans, le chiffre d’affaires du secteur de la sécurité privée a crû de 35 %, comme le montre le graphique ci-dessous :


Masse salariale. I + C estime à 3,6 milliards d’euros la masse salariale brute pour le secteur, hors charges patronales.

Part des différentes activités. La surveillance humaine et la sécurité mobile ont représenté un chiffre d’affaires de 4,9 milliards d’euros en 2016, en hausse de 10 %. Ce secteur représente 76,5 % du chiffre d’affaires du secteur de la sécurité privée, suivi par la télésurveillance, à 765 millions d’euros (+16,5 % par rapport à 2015) et la sûreté aéroportuaire, à 408 millions d’euros (+1 %).

Typologie de marché. La part de marchés publics dans le chiffre d’affaires des entreprises de sécurité progresse d’un point, à 26 %. "À la suite des attentats, le renforcement de la sécurité a été encore plus sensible sur les marchés publics que sur les marchés privés", analyse le rapport.

Alors que la part de la sous-traitance dans le chiffre d’affaires était de l’ordre de 7,5 % à 8 % depuis 2011, celle-ci passe à 9 % en 2016, constate I + C.

Données sociales

Effectifs. "L’augmentation sensible du nombre de salariés enregistrée en 2015 se poursuit en 2016. En effet, l’ensemble des entreprises de la profession […] ont employé 167 800 salariés en 2016, soit une hausse de 4,5 % en un an", note I + C. Les créations nettes d’emploi s’élèvent à 7 500. "Les 36 plus grandes entités réunissent une part très importante (46,5 %) des salariés", tandis qu’un quart des agents travaillent au sein d’une entreprise de taille intermédiaire (100 à 499 salariés).

L’ancienneté moyenne des agents de sécurité est stable, à environ 5,5 ans au sein de la même entreprise, tout comme l’âge moyen des salariés, qui s’établit à 39,5 ans.

La part des femmes au sein du secteur diminue encore d’un point en 2016, pour atteindre 13 % de l’effectif total.

Catégorie professionnelle des salariés. "La répartition des salariés selon les catégories professionnelles a quelque peu évolué en 2016. Les agents d’exploitation représentent toujours la très grande majorité de l’effectif total mais son poids s’est réduit en 2016", passant de 87 % à 85 %. Les agents de maîtrise représentent 9 % de l’effectif (8,5 % en 2015) et les cadres 2,5 % (contre 2 % précédemment).

Le taux de promotion dans une catégorie supérieure est stable depuis trois ans à 4 %.

Types de contrat. Les contrats à durée déterminée ont représenté 71 % des embauches en 2016. Le recours à ce type de contrats progresse régulièrement depuis 2011, comme le montre le graphique ci-dessous :

Heures travaillées. "Les entreprises de la branche sécurité-­prévention ont totalisé 258 millions d’heures de travail sur l’ensemble de l’année 2016, soit une croissance de près de 3,5 % comparé à 2015", note I + C. La part d’heures de nuit s’établit à 24 %, en recul de deux points, et les heures supplémentaires à 5 % (-0,5 point).

Formation professionnelle. Si les dépenses au titre du plan de formation ont baissé, passant de 58 millions en 2014 à 53 millions d’euros en 2016, le nombre de salariés formés progresse (90 200 en 2016 contre 76 500 en 2014), tout comme le nombre moyen d’heures de formation par salariés (19,5 heures en 2016 contre 17 heures en 2014). En matière de formation professionnelle, I + C ne dispose pas de données fiables pour l’année 2015.

Agressions. "Au cours de l’année 2016, un peu plus d’un quart des salariés présents en fin d’année ont été victimes d’agressions verbales et 2 % d’agressions physiques, soit des taux assez comparables à ceux enregistrés en 2015", constate I + C. Le taux de plainte a représenté 3,5 % des agressions en 2016, contre 4 % en 2015.

(1) L'enquête de branche prend également en compte les revenus des entreprises de surveillance humaine, de télésurveillance et de sûreté aéroportuaire générées dans des secteurs annexes. Par exemple, si une société de sûreté aéroportuaire exerce également dans le domaine de la formation, le chiffre d'affaires tiré de cette activité est pris en compte.

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Clément Giuliano, journaliste