Service abonnements 01 83 97 46 50

Revenir en haut de la page

Évaluation des établissements :"il est essentiel de combiner autoévaluation et regard externe" (William Marois, recteur)

L’académie de Nantes a engagé en 2014-2015 une première campagne d’évaluation : 70 écoles et 70 collèges ou lycées ont été évalués, sur la base du volontariat. "Nous avons mis en place une méthodologie simple et sérieuse, qui combine auto-évaluation et regard externe par un binôme d’inspecteurs", indique William Marois, recteur de l’académie de Nantes, dans un entretien à AEF le 14 septembre 2017. Il estime "qu’une évaluation ne vaut que si les acteurs de l’établissement se sentent impliqués". Les 140 évaluations réalisées ont débouché sur la rédaction d’un document court (3 à 5 pages), présentant des actions concrètes à mettre en œuvre dans l’établissement pour améliorer la réussite des élèves. "Si on veut que les évaluations soient utiles, il faut beaucoup de dialogue et d’explications avec les personnels de direction et les inspecteurs", souligne le recteur.

"Il y a du travail, en ce qui concerne l’évaluation", reconnaît William Marois, recteur de l’académie de Nantes, en citant Thierry Bossard, ancien chef de l’IGAENR : "nous sommes, avec la Grèce et la Bulgarie, le dernier pays en Europe où il n’y a pas d’évaluation organisée, systématique, cadrée de nos établissements d’enseignement". Le recteur estime pourtant que "l’évaluation est actuellement un enjeu majeur pour le système éducatif" et "est le corollaire de l’autonomie accrue que le ministre de l’Éducation nationale souhaite donner aux établissements". Jean-Michel Blanquer a effectivement annoncé, fin août devant le Cnesco, sa volonté de "relancer et développer l’évaluation des établissements" (lire sur AEF info).

Trois expériences d’évaluation


Le recteur Marois a recensé trois expériences d’évaluation, menées au sein du système éducatif dans le passé, ou toujours d’actualité. Certaines ont en partie inspiré la méthodologie adoptée dans l’académie de Nantes.

Les audits à visée participative, mis en place fin des années 1990, début des années 2000. Ils étaient réalisés à la demande d’un établissement, pour répondre à une problématique spécifique, et menés par un groupe d’auditeurs pluri-catégoriel (inspecteurs, chef d’établissement, encadrement administratif). Ils étaient confidentiels.

Les audits des lycées des métiers : toujours d’actualité, ils sont établis à partir d’un cahier des charges précis. Ils débouchent sur des préconisations soumises à une commission académique et donnent lieu à la délivrance d’un label.

Qualéduc : outil développé au départ pour la voie professionnelle, et mis à disposition des établissements et des corps d’inspection pour développer une démarche d’assurance qualité fondée sur l’amélioration continue. L’outil prévoit notamment des fiches de questionnements thématiques.

William Marois, en arrivant à la tête de l’académie de Nantes, a souhaité se pencher sur la question de l’évaluation. Dès l’année 2014-2015, a été mise en place, à titre expérimental, une évaluation des établissements.

70 écoles et 70 collèges ou lycées volontaires (1) ont été évalués, sur la base d’une méthodologie "simple et sérieuse, qui combine auto-évaluation et regard externe". "Simple, car on ne peut pas mobiliser cinq inspecteurs pendant des semaines, pour aboutir à un document de 175 pages que personne ne lira", estime le recteur. "Et sérieuse, car c’est la condition pour que les gens s’impliquent. Or, une évaluation ne vaut que si les acteurs de l’établissement se sentent impliqués."

un binôme d’inspecteurs

C’est Françoise Munck, directrice de la pédagogie, qui détaille le processus : "Le cœur de la démarche, c’est l’auto-évaluation. Les établissements se posent des questions : Comment faire réussir nos élèves ? Comment mettre en place de la différenciation pédagogique en classe ? On part du principe que ce sont les bonnes questions".

"On les aide à mettre face à ces questions les bons indicateurs. La réflexion doit être formalisée dans un document court, de 3 à 5 pages, qui présente les actions concrètes à mettre en place pour améliorer la réussite des élèves", explique-t-elle. Le regard externe est apporté par un binôme d’inspecteurs, "qui accompagnent et facilitent la démarche". "L’idée est de favoriser l’appropriation, par les équipes, des questions d’ordre pédagogique, qui favorisent la réussite des élèves", explique Françoise Munck.

LES ENJEUX DES évaluations

Le recteur Marois insiste sur les enjeux de ces évaluations : "améliorer le fonctionnement du système éducatif, et donc la réussite des élèves, et développer l’autonomie des établissements". Il ajoute : "la mise en place de la première vague d’évaluation a nécessité un dialogue permanent et confiant avec les représentants des personnels de direction et avec les personnels d’inspection, car l’évaluation, c’est nouveau, et c’est un peu une intrusion dans un établissement. Si on veut que les évaluations soient utiles, il faut beaucoup de dialogue et d’explications".

La campagne d’évaluation menée en 2014-2015 n’a pas été poursuivie en 2015-2016, "année de mobilisation de tout l’encadrement sur la réforme du collège". Une nouvelle campagne démarre le 20 septembre, avec 126 écoles et établissements volontaires. "Cette nouvelle campagne est attendue", se réjouit le recteur. Il précise que les évaluations seront coordonnées au maximum avec les contrats d’objectifs des établissements. Dans l’académie de Nantes, tous les établissements en sont dotés.

(1) L’académie de Nantes compte 1 936 écoles publiques et 353 collèges ou lycées.

Fermer

Bonjour

Vous souhaitez contacter

Diane Scherer, journaliste