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Devoirs faits : comment déployer efficacement le dispositif ? L’exemple d’un collège REP + à Soissons

"L’aide aux devoirs correspond à un vrai besoin en REP + ", estime Jean-Marc Ricard, principal du collège Gérard-Philippe à Soissons (Aisne), lors d’un entretien avec AEF mardi 11 juillet 2017. Son établissement propose depuis plusieurs années un dispositif proche des "devoirs faits", une mesure qui va être déployée dans tous les collèges après les vacances de Toussaint. Tirant les leçons de cette expérience, Jean-Marc Ricard estime qu’il vaut mieux proposer cet accompagnement durant la journée, entre les cours, quand les élèves sont "moins fatigués" et ne peuvent pas rentrer à la maison. Il conseille aussi de faire figurer l’aide aux devoirs dans l’emploi du temps dès septembre pour l’ancrer dans les habitudes. Avec 30 enseignants volontaires, il prévoit une prise en charge adaptée aux profils des élèves, entre deux et quatre heures par semaine, de la 6e à la 3e.


AEF : Le ministère de l’Éducation nationale demande à tous les collèges de mettre en place, après les vacances de la Toussaint, un dispositif de "devoirs faits" pour les élèves volontaires (lire sur AEF info). Votre établissement, situé en REP +, propose de l’aide aux devoirs depuis plusieurs années. Avec quels résultats ?

Jean-Marc Ricard : L’aide aux devoirs correspond à un vrai besoin en REP +. Cette année, elle était proposée le soir après la classe à une très large proportion d’élèves de 6e et de 5e dans le cadre de l’accompagnement éducatif - en plus des ateliers artistiques, musicaux ou sportifs. Au total, 150 à 180 élèves ont bénéficié de l’aide aux devoirs, par groupes de 10 à 15, une à deux heures par semaine. Il y a deux profils d’élèves : ceux qui sont en difficulté scolaire et ceux qui peinent à se mettre au travail chez eux (à cause de la concurrence des écrans ou des jeux en extérieur). Les premiers sont encadrés par un professeur, les seconds - plus autonomes - par un assistant pédagogique.

Nous nous sommes heurtés à deux écueils. Proposer de l’aide aux devoirs en fin de journée, c’est trop tard : les élèves sont fatigués. Comme ils habitent le quartier, ils ont la tentation de rentrer chez eux. Deuxième écueil, le lancement du dispositif aux vacances d’automne. Les élèves avaient déjà pris l’habitude de quitter le collège ou d’aller aux ateliers de l’accompagnement éducatif, plus ludiques.

AEF : Comment allez-vous faire évoluer le dispositif pour répondre à la demande du ministère sur les "devoirs faits" ?

Jean-Marc Ricard : L’aide aux devoirs sera organisée en matinée et en première partie d’après-midi. Nous sommes en train de construire les emplois du temps, en essayant de tout articuler. Dans l’idéal, je voudrais proposer quatre heures par semaine de la 6e à la 3e. Il y aura sans doute deux heures "bloquées" entre les cours, ce qui rendra de fait le dispositif obligatoire. Il y aura aussi deux heures proposées en début de matinée, entre 11 heures et 12 heures ou entre 13 h 30 et 14 h 30.

Les élèves qui n’ont pas de difficulté particulière feront leurs devoirs en salle d’études ou au centre de documentation, sous le contrôle des assistants pédagogiques ; ils pourront s’entraider et gagner en autonomie. Les élèves en difficulté bénéficieront d’une prise en charge par un professeur pour reprendre certaines notions et améliorer leurs méthodes de travail.

AEF : Quels moyens allez-vous mobiliser ?

Jean-Marc Ricard : L’an dernier, l’aide aux devoirs était assurée par les huit assistants pédagogiques du collège et par des enseignants rémunérés en HSE dans le cadre de l’accompagnement éducatif. Nous avons d’ores et déjà 30 professeurs volontaires (sur 50), ce qui devrait simplifier l’organisation. Le projet a été soumis à la direction académique. Je pense qu’une enveloppe de moyens devrait arriver en début d’année pour nous permettre de lancer très vite le dispositif, au moins pour les heures bloquées. Je veux que les élèves prennent tout de suite le pli de venir. J’espère qu’ils y trouveront ensuite leur compte et reconnaîtront l’intérêt de cet accompagnement.

AEF : Au-delà de l’organisation pratique, les enseignants ont-ils réfléchi collectivement au contenu et à la quantité de devoirs à donner aux élèves ?

Jean-Marc Ricard : Une réflexion s’engage sur le travail personnel de l’élève dans l’établissement. Nous allons aménager deux temps de concertation avec les enseignants pendant le premier trimestre pour affiner le diagnostic. Puis, courant janvier, un chercheur devrait intervenir pour développer la problématique du travail en classe et en dehors de la classe. Cette journée de formation doit permettre de dépasser le constat du "travail non fait" pour ouvrir des perspectives nouvelles.

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Sylvain Marcelli, journaliste