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"Nous misons sur l’association de services aux garanties santé et prévoyance" (Christophe Scherrer, Malakoff Médéric)

Dans un entretien à l’AEF, Christophe Scherrer, directeur général adjoint de Malakoff Médéric en charge du développement et du marketing, dresse un bilan de la démarche Entreprises territoire de santé, deux ans après son lancement en juin 2015 (lire sur AEF info). À ce jour, environ 400 entreprises de plus de 1 000 salariés bénéficient d’au moins un des services de la palette ETS. Pour se développer davantage, Malakoff Médéric compte adapter sa gamme de services en direction notamment des petites entreprises, rapporte Christophe Scherrer, qui détaille également comment Malakoff Médéric compte revoir à la baisse le montant du contrat si l’entreprise s’engage à mettre en œuvre les programmes de prévention recommandés.

AEF : Quel bilan tirez-vous de votre démarche Entreprises territoires de santé ? Les entreprises se sont-elles montrées réceptives à ce type de services de prévention ?

Christophe Scherrer : Nous constatons qu’il existe une appétence extrêmement forte de nos clients sur ces sujets. À ce jour, la moitié de nos grands comptes - ce qui représente environ 400 entreprises de plus de 1 000 salariés - bénéficie d’au moins un des services de la palette ETS. On ne parle certes encore que d’une mesure d’équipement par les entreprises, et non de taux d’utilisation directe par les salariés. L’objectif que nous nous sommes fixé pour 2020 est double : non seulement que la moitié de notre portefeuille global d’entreprises - soit 210 000 entreprises - bénéficie au moins d’un service, et que ce service soit réellement utilisé par les salariés.

AEF : Comment comptez-vous atteindre cet objectif ?

Christophe Scherrer : Cet objectif nécessitera d’adapter notre gamme de services, avec notamment de nouveaux services pensés pour les petites entreprises. Par exemple, pour les entreprises de moins de 50 salariés, nous avons déjà une offre de services "CE clé en main", qui permet de proposer des prestations traditionnellement délivrées par un CE. Ce service est d’ores et déjà intégré dans notre offre santé sans surcoût pour l’entreprise. D’autres services peuvent être proposés dans un cadre plus global, comme par exemple un accord de branche avec recommandations, qui prévoit a minima un financement de 2 % de cotisations dans le cadre du haut degré de solidarité.

AEF : Mais là donc, avec ce type de services comme le "CE clé en main", vous sortez de la seule sphère de l’assurance santé ?

Christophe Scherrer : Face aux nombreuses évolutions réglementaires, nous sommes convaincus que la différenciation sur notre marché passe par les services. Au-delà de la santé, notre volonté est d’accompagner nos clients dans la protection et le développement de leur capital humain. Nous travaillons par exemple en ce moment sur un prototype de service d’assistance RH, conçu pour faciliter la fonction RH au sein des petites et moyennes entreprises ne disposant pas d’un DRH. Ces différents services peuvent être inclus dans nos offres ou proposés en option.

Nous sommes dans une logique d’association de services aux garanties de santé et prévoyance. Il nous arrive même d’être sollicités en premier lieu pour les services. C’est le cas pour certaines grandes entreprises qui ont souhaité mettre en place nos baromètres absentéisme ou santé au travail. Nous répondons à ce type de demande, car c’est aussi là que réside notre valeur ajoutée. Les services constituent d’ores et déjà un élément central de notre démarche commerciale dans le domaine de l’assurance santé.

AEF : Pour revenir sur votre activité d’assureur santé, comment abordez-vous la problématique du retour sur investissement des services de prévention santé ?

Christophe Scherrer : Avec plus de dix ans d’expérience dans ce domaine, nous commençons à avoir le recul nécessaire pour évaluer la rentabilité des services de prévention. Nous avons ainsi développé un outil permettant d’évaluer l’appétence des entreprises à une gestion active du risque. Nous en tenons compte dans notre approche tarifaire. Autrement dit, sur la base d’un tarif technique défini par nos actuaires, nous pouvons revoir à la baisse le montant du contrat si l’entreprise s’engage à mettre en œuvre les programmes de prévention que nous recommandons.

C’est une offre que nous proposons désormais systématiquement aux entreprises de plus de 100 salariés. Près d’une entreprise sur deux s’engage aujourd’hui dans cette démarche. Ce qui représente déjà quelques milliers d’entreprises. Nous affinons progressivement le processus.

AEF : Mais comment faites-vous pour estimer cette appétence, et vérifier qu’il ne s’agit pas juste d’une volonté d’obtenir une remise sur les cotisations ?

Christophe Scherrer : Nous contractualisons avec l’entreprise sur des engagements de mise en place effective de certains services - tels que le tableau de bord absentéisme, le baromètre santé au travail ou des études barométriques qui permettent d’objectiver la situation de l’entreprise - en contrepartie de cette remise tarifaire. Si au bout d’un an, l’entreprise n’a pas mis en place de manière effective les services ciblés, nous pouvons revoir le tarif initialement proposé. Cet avantage tarifaire est un vrai levier, puisqu’il peut aller jusqu’à 10 % du montant de la cotisation globale. La moyenne tourne autour de 8 %. Cela nous permet de promouvoir de véritables plans d’actions au sein des entreprises, une fois le diagnostic établi.

AEF : Ne risquez-vous pas cependant de vous tromper sur votre capacité à améliorer le risque d’une entreprise, malgré son appétence ?

Christophe Scherrer : C’est un pari. Nous avons mesuré l’efficacité de nos services. C’est pourquoi nous estimons qu’ils constituent un élément stratégique de notre partenariat avec les entreprises.

AEF : Pouvez-vous tenir compte du taux d’utilisation réel de certains services par les salariés, comme un coaching santé, dans la mesure d’engagement d’une entreprise ?

Christophe Scherrer : Nous ne modulons pas le tarif en fonction de l’utilisation individuelle des services par les salariés. Nous pouvons, par exemple, vérifier si le programme Vigisanté a bien été déployé dans une entreprise, mais nous n’allons pas relever le taux d’usage, ni la façon dont le service a été utilisé. Nos tarifs ne seront jamais établis en fonction de l’utilisation individuelle de nos services car cela reviendrait à proposer des tarifs en fonction du comportement des salariés. Nous y sommes opposés sur le plan éthique.

AEF : Une fois la démarche mise en place effectivement par l’entreprise, quels résultats obtenez-vous en termes d’amélioration du risque et de consommation de soins ?

Christophe Scherrer : Ce sont des données que nous gardons confidentielles. Cependant, nous avons observé que, sur une période de quatre ans, les entreprises qui ont mis en place nos services pour réduire l’absentéisme ont vu leur taux d’absentéisme diminuer de 12 %, alors que ce taux a augmenté de 16 % pour les entreprises n’ayant pas mis en place de programmes de prévention.

Sur la consommation de soins, sans rentrer dans le détail, je peux cependant dire que nous avons vu des entreprises passer rapidement de situations extrêmement dégradées, en termes de ratio sinistres/primes, à des situations beaucoup plus positives. Nous sommes convaincus du bienfait global apporté par ces programmes, et nous souhaitons d’ailleurs développer des partenariats, notamment avec la médecine du travail.

La démarche Entreprise territoire de santé

Lancée en juin 2015, Entreprise territoire de santé, démarche de conseil et d’accompagnement, est articulée autour de 4 grands programmes qui intègrent plusieurs services :

  • Maîtriser le coût du contrat sans en sacrifier la qualité (baromètre santé bien-être, tableau de bord santé individuel, coach personnalisé Vigisanté, réseaux de soins Kalivia…) ;
  • Faire des obligations réglementaires un levier de performance (autodiagnostic prévention sécurité, formations en ligne risques professionnels…) ;
  • Réduire l’absentéisme (simulateur absentéisme, Accompagnement reprise…) ;
  • Accompagner les salariés en difficulté (site des aidants, kits enjeux RH, accompagnement handicap, fragilité financière…).

Chaque programme d’action est proposé après une phase de diagnostic qui permet à l’entreprise de comprendre la situation dans laquelle elle se trouve (fort taux d’absentéisme, nécessité de se mettre en conformité par rapport à ses obligations légales, maîtrise du coût de son contrat en maintenant la qualité de la couverture santé…), d’en évaluer l’impact économique, et d’identifier les solutions à mettre en œuvre pour y remédier.

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Grégoire Faney, journaliste