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Mixité filles-garçons : les académies restent "trop cantonnées à des actions d’information" (rapport Igas-IGAENR)

La convention interministérielle pour l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif est "peu mise en œuvre par les académies", souligne un rapport Igas/IGAENR (1) publié mardi 25 avril 2017. La mission constate que "l’Éducation nationale peine à faire évoluer la mixité dans les formations initiales" : le réseau de référents sur ce sujet est "relativement fragile" et les moyens consacrés par la Dgesco à son animation sont "insuffisants". Le rapport recommande de construire un plan d’action en faveur de la mixité dans chaque rectorat. Pour l’heure, en académie, des actions "très diverses" sont mises en œuvre, mais elles sont "très rarement évaluées", "ne s’inscrivent pas dans une politique pérenne" et "restent trop cantonnées à des actions d’information". Autre préconisation : former davantage les personnels à ce sujet.

"L’Éducation nationale peine à faire évoluer la mixité dans les formations initiales", constatent l’Igas et l’IGAENR, dans un rapport consacré à l’évaluation des actions publiques en faveur de la mixité des métiers, publié le 25 avril.

Dans ce document, la mission propose notamment un bilan de réalisation de l’axe 3 de la convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif.

Les académies "ne s’inscrivent pas dans une politique pérenne"

Au sujet des actions au sein du MENESR, elle constate que :

- "la plupart" des actions en faveur de la mixité engagées en académie sont "singulières ou expérimentales" et "ne s’inscrivent pas dans une politique pérenne". Elles sont "très diverses" mais elles ne sont pas "systématiquement recensées" et "très rarement" évaluées. Elles se mettent en place dans les établissements où un chef d’établissement ou un enseignant "manifestent un intérêt pour cette thématique" ;

- le réseau académique, chargé d’animer la lutte contre les discriminations, est "relativement fragile" notamment parce qu’il "a peu de moyens d’initier des actions d’envergure". Les moyens consacrés par la Dgesco à son animation sont "insuffisants". La réussite des actions repose sur "l’implication" des autorités académiques et "la ténacité" des acteurs locaux ;

- les actions en académie "restent trop cantonnées à des actions d’information", alors que l’enjeu de la mixité va "au-delà du choix de la filière et de la professionnalisation" : "il met en jeu des dimensions psychologiques, sociologiques et culturelles que de simples actions de communications ou des politiques incitatives ne peuvent amplifier".

"Construire un plan d’action dans chaque rectorat"

Le rapport recommande notamment de "former tous les acteurs relais pour engager un processus de changement de pratiques professionnelles" et d'"intégrer des leviers en faveur de la mixité dans les dispositifs de droit commun des acteurs de l’éducation, de la formation, de l’orientation et du recrutement". Pour l’enseignement scolaire, cela se traduirait par :

  • appliquer les recommandations du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, comme celle d’intégrer le sujet de l’égalité et de la lutte contre les stéréotypes aux programmes des concours de recrutement des personnels de l’Éducation nationale (lire sur AEF)  ;

  • rendre effective l’organisation d’un module sur l’égalité des filles et des garçons à l’école et la lutte contre les stéréotypes de sexe dans la formation dispensée par l’ESENESR  ;

  • organiser une journée de formation systématique à l’égalité femmes‐hommes et à la lutte contre les stéréotypes de sexe pour les personnels d’encadrement  ;

  • construire un plan d’action en faveur de la mixité dans chaque rectorat  ;

  • introduire des objectifs de développement du nombre de "minoritaires de genre" parmi les personnes venant présenter leur métier, à tous les niveaux de qualification  ;

  • dans les conventions de jumelage entre lycées professionnels, CFA et collèges, intégrer des objectifs de développement des témoignages d’élèves minoritaires de genre à l’occasion des opérations de présentation des différentes filières de formation  ;

  • inciter dans le même esprit à des accords entre les universités et les lycées pour favoriser la mixité dans les filières au moment de l’entrée dans l’enseignement supérieur.

(1) Auteurs : Marie-Ange du Mesnil du Buisson, Paulo Gemego (Igas) et Frédéric Wacheux (IGAENR).

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Marine Forestier, journaliste