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"Les 9 Tremplins Carnot sont des challengers qui n’ont pas encore atteint le niveau des Carnot" (Alain Duprey, AiCarnot)

"Les 9 Tremplins Carnot sont des challengers qui n’ont pas encore atteint le niveau des Carnot, notamment en volume d’activité réalisé avec les entreprises, et qui sont soutenus pendant 3 ans pour y parvenir", précise à AEF Alain Duprey, directeur général de l’AiCarnot, dans une interview en janvier 2017. "En 2015, les 38 Carnot (Instituts et Tremplins) ont réalisé 420 M€ de chiffre d’affaires avec les entreprises dont 400 M€ pour les 29 instituts Carnot", chiffre-t-il. "Je suis convaincu que si le dispositif Carnot a fait ses preuves, c’est bien parce qu’on a réussi à créer une communauté au niveau du réseau, capable de se mobiliser et de parler d’une seule voix en direction de l’ensemble des interlocuteurs et partenaires", assure Alain Duprey. Enfin, il revient sur la collaboration entre les Instituts Carnot, les Satt et les IRT.

AEF : Pourquoi avoir créé 9 Tremplins Carnot en plus des 29 Instituts Carnot labellisés ?

Alain Duprey : Fin 2015-début 2016, nous sommes passés de 34 à 29 Instituts Carnot. L’État souhaitait renforcer le dispositif, qui bénéficie d’un soutien financier de 57 M€ en 2016-2017 et l’ouvrir en laissant leur chance à de nouvelles structures à fort potentiel mais qui ne remplissent pas encore tous les critères Carnot. Le CGI s’est ainsi mis d’accord avec le MENESR pour apporter un financement spécifique à des structures de recherche que l’on a appelées Tremplins Carnot. Ce sont des challengers, qui n’ont pas encore atteint le niveau des Carnot, notamment en volume d’activité réalisé avec les entreprises, et qui sont soutenus pendant 3 ans pour y parvenir. En 2015, les 38 Carnot (Instituts et Tremplins) ont réalisé 420 M€ de chiffre d’affaires avec les entreprises dont 400 M€ pour les 29 instituts Carnot.

AEF : Quelle est la spécificité des Tremplins Carnot ?

Alain Duprey : Ces 9 Tremplins ont tous une équipe de direction très dynamique avec la motivation de devenir Instituts Carnot. À la différence des Instituts Carnot qui reçoivent un soutien financier assis sur leurs contrats de recherche facturés l’année précédente, les Tremplins disposent d’un soutien financier annuel global de 5 M€ sur trois ans qui leur permet la mise en œuvre des actions nécessaires pour préparer l’obtention du label Carnot. Ils disposent donc des moyens pour réussir cette transformation. À eux d’y parvenir avec l’accompagnement du réseau et de l’AiCarnot. Ces Tremplins sont presque tous multi-composantes et multi-sites et doivent maintenant être capables de mettre en place une stratégie commune et de porter une offre lisible en réponse aux demandes des entreprises. Tous les trois ans, il y a une évaluation des Instituts Carnot : ceux qui ont tenu leurs engagements restent Carnot sans limitation de durée. En revanche, il reste possible de perdre le label si les résultats ne sont pas atteints. Quant aux Tremplins, ils doivent, au terme de ces trois ans, déposer un dossier pour devenir Carnot au même titre que n’importe quelle nouvelle structure candidate qui voudrait entrer dans le dispositif.

Les Instituts Carnot en chiffres

  • 18 % des effectifs de la recherche publique
 ;
  • 50 % de la R & D financée par les entreprises à la recherche publique française
 ;
  • 85 sociétés essaimées chaque année
 ;
  • 1 020 brevets prioritaires déposés en 2015, 2e déposant français
 derrière PSA ;
  • 700 M€ de recettes contractuelles directes avec des partenaires dont 600 M€ avec des entreprises ;
  • 420 M€ de contrats de R & D
 dont 136 M€ avec des PME et ETI et 64 M€ à l’international ;
  • 139 M€ de prestations et 41 M€ de recettes de propriété intellectuelle ;
  • 364 M€ de recettes de recherche collaborative impliquant des entreprises
 dont 116 M€ de projets européens.

AEF : Plus de 10 ans après le lancement des Instituts Carnot, quel est votre regard sur l’apport du dispositif ?

Alain Duprey : Quand le dispositif Carnot a été créé en 2006, c’était une expérimentation, un sacré défi. À l’époque, la culture partenariale n’était pas du tout la même qu’aujourd’hui dans le monde de la recherche et des entreprises. Qu’est ce qui fait la force d’un Carnot ? C’est en premier lieu la qualité de sa gouvernance et, par extension, le charisme de son (sa) dirigeant(e), sa capacité à mobiliser les chercheurs pour répondre aux attentes du monde économique. Le responsable de l’Institut doit définir une stratégie et une politique unique sur l’ensemble du périmètre du Carnot et la faire appliquer, qu’il s’agisse de la politique commerciale ou de la communication. Cela prend du temps pour faire adhérer les troupes et faire vivre une stratégie collective. Pourtant, c’est cela qui fait qu’un Carnot fonctionne ou non. C’est d’ailleurs souvent à cause de problèmes de gouvernance que certains Carnot ont été délabellisés par le passé.

Au-delà des chiffres, je suis convaincu que si le dispositif Carnot a fait ses preuves et est devenu un acteur majeur du rapprochement public-privé, c’est bien parce qu’on a réussi à créer une communauté au niveau du réseau, capable de se mobiliser et de parler d’une seule voix en direction de l’ensemble de ses interlocuteurs et partenaires. Il n’y a rien de pire que l’ordre dispersé. Ce n’est pas un réseau virtuel, l’ensemble des directions élargies se connaissent et se rencontrent régulièrement et c’est bien là tout le rôle de l’AiCarnot qui coordonne cette communication collective et assure le partage de bonnes pratiques au sein du réseau.

AEF : Quelle est aujourd’hui la nature des relations entre les Instituts Carnot et les dispositifs issus du PIA comme les Satt ou les IRT ?

Alain Duprey : Nous vivons aujourd’hui dans un paysage complexe qui a vu la création de nombreux dispositifs nouveaux ces dernières années. Certains d’entre eux comme les IRT et les Satt ont commencé à trouver leurs marques, d’autres ont encore besoin de trouver leur positionnement, parfois avec des contraintes de viabilité à surmonter. Au départ, nous avons dû apprendre à travailler avec ces nouveaux partenaires, en surmontant quelques difficultés de jeunesse, comme le partage de la propriété intellectuelle. Chacun a eu à adapter sa vision et à opérer parfois des évolutions de stratégie pour développer la capacité à travailler en synergie. La situation s’est considérablement améliorée. Les Satt, les IRT ou les ITE ont la même finalité que les Carnot : rendre service aux entreprises. C’est pourquoi nous essayons de travailler main dans la main pour mettre à profit nos complémentarités et voir ce que l’on peut partager. C’est l’objet de la déclaration commune signée par Vincent Marcatté, président de FIT et Marie-Noëlle Semeria, présidente de l’AiCarnot, lors du forum des IRT en octobre 2016 (lire sur AEF info). Aujourd’hui, il nous faut concrétiser cet accord via les pistes que nous avons identifiées.

Avec les Satt, la nature de nos rapports est variable et reflète la pluralité de leurs modèles. Les Satt valorisent la propriété intellectuelle. Elles financent la maturation et les Carnot le ressourcement scientifique. Ainsi avec la Satt Sud-Est par exemple, les Carnot du sud-est ont déjà lancé des appels à projets communs, avec des projets qui sont ensuite pilotés par le Carnot ou la Satt en fonction du niveau de TRL de ces projets. Même s’il existe encore beaucoup de travail pour harmoniser le paysage, nous allons continuer à progresser en nous appuyant sur les expériences réussies issues du terrain et de l’écosystème.

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Julien Jankowiak, journaliste