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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°552296

En Pologne, Carrefour professionnalise salariés et apprentis pour pallier les carences du marché des métiers de bouche

Depuis plus de 20 ans, Carrefour opère dans un univers très concurrentiel sur les terres polonaises. Aux côtés d’autres distributeurs français, allemands ou encore portugais, l’entreprise mène bataille pour fidéliser ses clients et attirer les talents. Si à Varsovie les diplômés de grandes écoles ne manquent pas, certains domaines comme les métiers de bouche attirent peu, d’autant plus que les formations professionnelles ont pour beaucoup fermé leurs portes. Pour remédier à la pénurie, l’entreprise a ouvert une école en interne. Depuis fin 2015, "Smak Kariery" (1) forme encadrants et responsables de la commercialisation des produits frais au management, au leadership et à la relation client, aide les salariés disposant d’ancienneté sans diplôme à acquérir l’équivalent une qualification professionnelle, et accueille une promotion d’apprentis en pâtisserie. AEF est partie à leur rencontre.

C’est un espace de 850 mètres carrés flambant neuf qui surplombe les locaux du centre commercial Atrium, où est implanté le deuxième plus grand hypermarché Carrefour de Varsovie. Située au bout des allées de Jérusalem, qui délimitent les parties Nord et Sud de la capitale polonaise, "Smak Kariery", l’école fondée par la marque distributeur française fin 2015, accueille managers, salariés et depuis quelques semaines 28 apprentis.

Valoriser les produits et les hommes pour faire face à la concurrence

Lorsque Carrefour s’installe en Pologne en 1997, le marché des pays de l’Est s’ouvre progressivement. Petit à petit, de nombreuses enseignes françaises comme Auchan ou Leclerc, allemandes ou encore portugaises tentent de conquérir un marché prometteur. Un environnement très concurrentiel qui a obligé la marque se différencier et à fidéliser une clientèle qui a le choix et qui ne s’accoutume encore que très peu à une enseigne spécifique. Pour cela, Carrefour insiste sur le "value for money", ou le bon produit au bon prix, la qualité des produits proposés, avec des gammes de plus en plus élargies, et la convivialité. "Un dernier point très important, qui fait partie de l’ADN du groupe, et qui doit transparaître à tous les niveaux hiérarchiques de l’entreprise", souligne Guillaume de Colonges, DG de Carrefour Pologne.

Dans la salle "Cannelle", installée entre la vaste cuisine moderne pouvant accueillir jusqu’à dix cuisiniers simultanément, la bibliothèque mêlant littérature sur le management et la gastronomie et des espaces de convivialité, un petit groupe de chefs de rayon responsables des produits frais et transformés et de bouchers s’affaire.

Au menu du jour : une formation sur la relation entre découpe de la viande et rentabilité. Entre théorie et pratique au laboratoire situé à l’étage du dessous ouvert sur le magasin, ces élèves s’éduquent aux produits qu’ils commercialisent au quotidien dans leurs propres structures.

Plus tard dans la matinée, ils apprendront les techniques de préparation et de cuisson de cette viande de bœuf d’origine polonaise issue des filières qualité Carrefour, avec le chef franco-polonais et présentateur de l’émission culinaire "David en Europe" diffusée sur Canal + Pologne, David Gaboriaud.

MANAGEMENT, LEADERSHIP ET RELATION CLIENT

Si les élèves d’aujourd’hui sont venus se former aux produits afin de pouvoir diffuser de l’information pertinente auprès des clients, et s’informer sur les nouveaux produits encore peu consommés sur le marché polonais, d’autres élèves fréquentent également l’école ouverte fin 2015.

"Nous proposons deux grands types de formation à 'Smak Kariery' : 'Apetyt na handel ou 'l’appétit pour le commerce' et 'Przepis na mistrza', ou 'Recette pour un champion'", explique Yolaine Garnier, directrice formation Carrefour Pologne. "Dans le cadre de la formation 'Appétit pour le commerce', nous avons l’ambition de former les managers à la relation client, au management ainsi qu’au leadership. Nous formerons ensuite les employés, avec 100 % des équipes formées d’ici fin 2018, soit 2 500 managers et 11 000 employés".

"La relation client par exemple est un fondamental ici en Pologne. Nous sommes bons dans divers domaines, mais nos collaborateurs doivent s’améliorer sur ce point. C’est un facteur qui n’a pas beaucoup été valorisé à cause de l’histoire du pays. À l’époque communiste, les gens attendaient des heures devant les magasins, et les vendeurs n’avaient pas l’obligation de service avec les clients. Nous devons capitaliser sur la formation afin de faire évoluer les choses", insiste Patrick Dumont, directeur des produits frais de Carrefour Pologne.

RELANCER LA VOIE DE L’APPRENTISSAGE

Quant au programme "Recette pour un Champion", il a différentes vocations. "Nous changeons très régulièrement nos produits et faisons évoluer notre gamme et nos rayons. Il est donc nécessaire d’actualiser les connaissances des salariés responsables de la gestion des rayons en poste", explique Yolaine Garnier.

"Nous voulons aussi permettre aux salariés disposant d’une ancienneté chez nous de pouvoir bénéficier d’une certification professionnelle reconnaissant leur parcours s’ils n’ont pas de diplôme équivalent. Une formation préalable est réalisée par des professeurs de la chambre de commerce et permet une valorisation de leurs compétences grâce à une qualification reconnue par l’État. Enfin, nous voulons valoriser les métiers de bouche. Nous avons du mal à recruter des pâtissiers mais également des bouchers ou encore des boulangers. En Pologne, les écoles métiers n’existent plus, même si le gouvernement actuel cherche à recréer ce genre de formation en apprentissage et motiver les jeunes à s’engager dans ces voies."

Une politique handicap active tournée vers la non-différenciation

Edyta, Kamila et Emil sont chef de rayon, responsable du développement des magasins, et membre du service des investissements actifs. Comme eux, 600 salariés en situation de handicap travaillent quotidiennement au siège ou en magasin. Comme la France, la Pologne applique une politique de quota sur le travail des personnes en situation de handicap. Passé le seuil de 25 salariés, les entreprises doivent atteindre un taux d’emploi de 5 % dans leurs effectifs. Et si Carrefour avoisine ce pourcentage en Pologne, l’enseigne mène surtout une politique active tournée vers la non-différenciation. "Ne pas se sentir différent", telle est la base de notre politique, indique Justyna Orzel, DRH Carrefour Pologne. En 2006, le distributeur embauche son premier salarié en situation de handicap grâce à un partenariat avec une association pour les malentendants. En 2007, un guide est rédigé à destination des cadres. Pour recruter différents profils, la marque s’est également associée à l’association Pion, qui diffuse des offres d’emploi à destination de cette population.

Grâce à un partenariat avec une école, l’enseigne a pu ouvrir deux classes réunissant 28 élèves en pâtisserie, avec quatre jours passés à l’école, et une journée consacrée au travail en magasin. Chaque élève, qui passera quatre ans en formation, est accompagné d’un tuteur au sein de l’entreprise, reconnu par l’école.

Objectif : les recruter au sein des effectifs à la sortie pour consolider les équipes. "Nous sommes allés chercher ces jeunes dans les collèges. Nous sommes allés voir leurs parents pour les convaincre qu’une telle formation et de tels métiers débouchaient sur des recrutements et un travail", rapporte Justyna Orzel, DRH de Carrefour Pologne. La formation est également jumelée avec une école du sud de la France afin de développer, à terme, des voyages d’échange motivants pour les élèves.

Enfin, l’accent est mis sur les "stages certifiants". "En Pologne, il arrive que les stages que les jeunes entreprennent ne soient pas forcément aussi formateurs qu’ils l’auraient voulu. "Nous faisons partie des 12 entreprises du pays reconnues par un label qui certifie que nos stagiaires ont de vraies responsabilités et montent en compétences lors de leur passage chez nous", explique Justyna Orzel.

privilégier LES AVANTAGES SOCIAUX

Une politique de formation qui a nécessité un investissement en hausse de 30 % à 40 % depuis l’ouverture de l’école en 2015. Côté rémunération, si l’entreprise est consciente que les salaires sont restés stables depuis quelques années, avec une inflation qui n’augmente guère et un chiffre d’affaires stable également, Carrefour mise sur le développement des avantages sociaux proposés aux salariés.

Ces derniers bénéficient notamment d’une assurance santé dans le cadre de l’exercice de leur travail mais également, à titre privé, de programmes permettant de surveiller leur santé de manière régulière, du financement d’une assurance lors de l’achat d’un appartement ou encore de moyens pour avoir une activité physique régulière (salles de sport…).

Aujourd’hui, 85 % des salariés sont en CDI, voire 92 % si l’on prend en compte les personnes en période d’essai. La volonté première du groupe reste donc d’offrir des emplois stables, avec des possibilités de développement des parcours.

(1) "Le Goût pour la carrière".

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Evelyne Orman, journaliste