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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°537382

Empathie, simulation, contrôle : quel avenir pour les relations entre humains et robots au travail ?

Airbus a annoncé en début d’année le lancement d’un vaste programme de recherche pour développer des robots humanoïdes manufacturiers. Carrefour teste depuis l’automne 2015 les services du robot Pepper, chargé de divertir les enfants et d’apprécier le niveau de satisfaction des clients. Dans tous les secteurs d’activité, les robots sont amenés à occuper une place croissante, au point qu’une étude de l’université d’Oxford prédit que près de la moitié des emplois existants sont menacés par la robotisation. Au-delà des effets sur la quantité d’emplois, se pose la question des relations entre humains et robots au travail. Qui, de l’homme ou du robot, imposera son rythme à l’autre ? Quels sentiments le collaborateur pourra-t-il éprouver envers son compagnon robotique ? Le psychiatre Serge Tisseron explique pour AEF les enjeux de "l'empathie artificielle".

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"Un ouvrier tué par un robot" : c’est par ce titre que de nombreux journaux ont relayé, en juillet 2015, la mort d’un ouvrier dans une usine Volkswagen en Allemagne. Une information qui évoque un scénario de science-fiction, et a de quoi inquiéter sur les possibilités de cohabitation entre humains et robots au travail. Alors que les capacités des robots ne cessent de progresser, et qu’ils s’imposent dans de nombreux domaines, de l’industrie à l’aide à domicile en passant par le commerce, AEF se penche sur la relation que seront amenés à entretenir les salariés et leurs outils d’un nouveau genre.

31 millions

C’est, selon le Syrobo (Syndicat de la robotique), le nombre de robots qui pourraient être vendus dans le monde sur la période 2014-2017.

Pour l’heure, dans le monde du travail, les robots sont essentiellement utilisés dans l’industrie, où ils sont le plus souvent cantonnés dans des cages métalliques, pour éviter tout risque d’accident. L’ouvrier tué en Allemagne l’a été alors qu’il se trouvait dans la cage avec le robot pour le mettre en marche. Mais les robots sortent progressivement de leurs cages, pour collaborer plus directement avec les humains. Ainsi, le robot semi-humanoïde d’Airbus, doté de bras et d’un buste, mais de roulettes à la place des jambes, travaille directement aux côtés d’ouvriers humains affectés à des tâches de rivetage.

faire travailler ensemble robots et humains

"On est en plein bouleversement : on évolue vers un système où les humains et les robots travailleraient ensemble, ce qui pose beaucoup de questions qu’on ne maîtrise pas du tout", observe Serge Tisseron, psychiatre, chercheur associé à l’université Paris-VII Denis Diderot, auteur d’un ouvrage intitulé "Le jour où mon robot m’aimera" (1). Il s’interroge notamment sur le rythme de travail : la généralisation des robots ne risque-t-elle pas de conduire à une nouvelle forme de taylorisation du travail ?

"Les humains doivent garder la main sur les robots", estime Serge Tisseron. Il plaide pour des robots "spécialisés dans un domaine dans lequel ils seraient extrêmement compétents" sans être polyvalents, de telle sorte qu’ils ne puissent pas concurrencer l’humain. "Mais cette idée n’est pas partagée par tous les chercheurs", observe-t-il. "Certains imaginent des robots multicompétents. Par exemple, un robot militaire pourrait jouer aux cartes ou aux échecs avec les soldats pendant les pauses, réaliser des vidéos à envoyer à leur famille, etc." Reste à savoir si ce robot ne risquerait pas alors de "devenir également conseiller en stratégie"… "On ne peut pas s’ôter de l’esprit un certain nombre de projections issues de la science-fiction".

rendre les robots acceptables

Pour échapper à ces fantasmes, chercheurs et industriels s’efforcent de rendre les robots acceptables par les humains, tant dans la vie privée que dans le travail. Il ne s’agit pas nécessairement de leur donner une apparence humaine, mais plutôt de favoriser la communication. "Ce n’est pas l’intelligence des robots qui sera mise en avant pour nous convaincre d’en acheter, mais leur 'cœur'", écrit Serge Tisseron dans son ouvrage. "L’intelligence artificielle fait peur, l’empathie artificielle sera là pour nous rassurer. […] Et pour nous en convaincre, il est très important que nous puissions communiquer avec ces robots exactement comme avec un être humain, c’est-à-dire en utilisant la voix, le regard et le geste."

"L’empathie artificielle" telle que la décrit Serge Tisseron a vocation à faciliter la collaboration entre humains et robots, y compris dans l’univers professionnel. En effet, un salarié sera plus enclin à travailler avec son robot si ce dernier est capable de comprendre ses paroles, de décrypter les expressions de son visage, et d’y répondre de façon appropriée. "Les robots deviendront beaucoup plus facilement des partenaires ou des compagnons", résume le psychiatre.

les risques de l’empathie artificielle

Mais cette empathie artificielle n’est pas dénuée de risques. L’homme, qui entretient une relation empathique avec son environnement, a tendance à "projeter des émotions, des pensées, sur les objets". Il le fera d’autant plus que l’objet sera capable de comprendre ces émotions et d’y répondre. À tel point que l’homme pourrait "oublier que le robot simule, et croire qu’il éprouve de vraies émotions". Ainsi, une vidéo expérimentale mise en ligne par les concepteurs du robot "Atlas" (qui se déplace et porte des objets) a suscité de vives réactions des internautes, choqués par le sort qu’ils infligeaient à leur créature pour tester ses réactions et son équilibre.

Et si l’homme oublie que son robot n’est qu’une machine, qui ne ressent rien mais ne fait que reproduire la joie ou la douleur, il peut être amené à se mettre en danger pour protéger son robot. On pense notamment aux personnes âgées avec leur robot domestique, mais aussi aux militaires. Ainsi, l’armée américaine a pu observer que les soldats qui utilisent les robots démineurs "Packbots" "interagissent parfois avec eux comme ils le feraient avec un être humain ou un animal" (2). Pourtant, l’apparence de ces robots les identifie parfaitement comme des machines. "Autrement dit, les militaires savent très bien que ces robots sont des outils, mais ils ne peuvent pas s’empêcher de les traiter parfois comme un animal domestique, voire comme un autre humain, au risque de provoquer de graves problèmes sur le champ de bataille", note Serge Tisseron dans son livre. Une situation qui pourrait tout aussi bien se produire sur un lieu de travail. On sait que les salariés montrent déjà une forme d’attachement à "leurs" outils de travail. Qu’en sera-t-il alors quand ils seront accompagnés d’un robot qui semble les comprendre ?

expliquer l’humain aux robots

Serge Tisseron pointe un autre risque lié à l’empathie artificielle : l’humain pourrait "oublier que la machine transmet en permanence des informations sur ce qui se fait ou se dit autour d’elle". Aujourd’hui déjà, les ordinateurs et téléphones portables enregistrent nombre d’informations dès lors qu’ils sont allumés. Mais la transmission de données reste "explicite", observe Serge Tisseron. Demain, l’enregistrement des données se fera de manière implicite. Et l’usage que pourront en faire les destinataires devra être précisé.

Ces robots "empathiques" présenteraient un troisième risque, selon le psychiatre : "À force d’interagir avec des robots obéissants, jamais fatigués, toujours gratifiants, et sans états d’âme, on risque de se fabriquer une idée fausse de la relation et d’attendre la même chose des humains avec lesquels nous sommes en contact". Conséquence : il sera plus confortable de travailler avec un robot qu’avec un être humain. Et notre curiosité envers des êtres plus imprévisibles pourrait se tarir. Sans compter que les humains risquent à leur tour d’entretenir avec leurs semblables des relations de plus en plus factices.

Mais ces dangers "ne sont pas une fatalité", nuance Serge Tisseron. Il existe des moyens de réduire les risques, à commencer par une éducation précoce des enfants, qui vivront dans un monde où les robots seront omniprésents. Pour éviter toute confusion, les constructeurs peuvent aussi faire en sorte qu’une partie de la mécanique du robot soit toujours visible. Surtout, insiste le psychiatre, on peut s’efforcer de cantonner chaque robot dans un domaine de compétences donné.

"Il faut expliquer l’humain aux robots", plaide le philosophe Roger-Pol Droit dans une chronique des Échos. "Car les machines ne savent absolument pas ce qu’est effectivement une sensation corporelle, ni le fait d’avoir conscience, d’éprouver des sentiments, des désirs, des volontés." Il s’agit donc "d’inventer les moyens de leur faire intégrer nos fragilités, nos erreurs, nos normes, de leur apprendre les rudiments de notre sensibilité".

Un imaginaire nourri par la science-fiction


De Metropolis de Fritz Lang à I, Robot, en passant par Terminator, Blade Runner ou même Alien avec son androïde scientifique Ash, nombreux sont les films de science-fiction qui voient dans les robots une menace contre l’être humain. Difficile dans ces circonstances d’aborder en toute confiance les progrès de la robotique. Mais certaines œuvres nous promettent une cohabitation plus sereine, à l’image de la saga Star Wars, avec ses charmants R2D2 et C3PO (ou le dernier-né BB-8), de Chappie, robot doté d’une conscience et capable d’apprendre comme un enfant, ou encore Wall-E, le robot solitaire chargé de nettoyer la Terre.

(1) Le jour où mon robot m'aimera - Vers l'empathie artificielle, éd. Albin Michel, septembre 2015, 208 pages, 16 euros, ISBN 978-2-226-31895-4.

(2) Article de Julie Carpenter (université de Washington) cité par Serge Tisseron "Just Doesn't Look Right: Exploring the Impact of Humanoid Robot Integration into Explosive Ordnance Disposal Teams".

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