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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°537141

Les employeurs supportent 88 % des coûts indirects liés à l’insomnie, selon un rapport de Terra Nova sur le sommeil

La fondation Terra Nova publie ce lundi 25 avril 2016 un rapport intitulé "Retrouver le sommeil, une affaire publique", abordant les multiples effets d'un sommeil de bonne ou mauvaise qualité, en prenant les angles de la santé publique, de la sécurité (sanitaire et routière), du travail, de l’enfance, et des inégalités sociales face au sommeil. Globalement, les coûts directs et indirects d’un sommeil de mauvaise qualité sont estimés à plusieurs milliards d’euros. Le rapport estime que, dans le seul domaine de l’entreprise, l’employeur supporte 88 % des coûts indirects de l’insomnie (soit 233 euros par an par salarié), du fait de la hausse de l’absentéisme et de la perte de productivité. Sur ce champ, le rapport recommande "de faire du respect du sommeil et de l’anticipation des risques de fatigue un élément clé du bien-être et de l’efficacité au travail ".

Dressant un large panorama des problématiques liées à la qualité du sommeil, le rapport présenté ce 25 avril 2016 par le think tank Terra Nova s’appuie en large partie sur une synthèse d’études déjà publiées. Ainsi en est-il notamment de sa partie consacrée au travail, où les analystes de Terra Nova concluent que "88 % du coût indirect de l’insomnie est à la charge de l’employeur en France". Pour aboutir à cette conclusion, Terra Nova s’appuie sur une étude réalisée auprès de 369 salariés, concluant que "les insomniaques présentaient deux fois plus d’absentéisme que les bons dormeurs", puis sur une étude de 2006 dirigée par Virginie Godet-Cayré (1) qui établit le coût annuel de l’insomnie, du fait de l’impact sur l’absentéisme, à 73 euros par an et par salarié pour l’assurance maladie, et 233 euros par pour l’employeur, en incluant une estimation de la perte de productivité.

un coût global difficilement estimable

Des dirigeants de PME particulièrement exposés

Concernant les PME, un marché très ciblé par les assureurs à l’heure de la généralisation de la complémentaire santé, le rapport mentionne une étude du chercheur Olivier Torres qui pointe un besoin criant des dirigeants sondés en matière de santé : "48 % des dirigeants déclarent souffrir d’un sommeil de mauvaise qualité, dont 23 % présentent une somnolence avérée, voire sévère (7 %) durant la journée. Parallèlement, 30 % d’entre eux déclarent avoir des difficultés à demeurer éveillé pendant la journée […] et manquent d’enthousiasme pour faire ce qu’ils ont à faire. "

Cette situation aurait un impact sur les entreprises, à la fois en termes de management (irritabilité accrue) et d’efficacité (difficulté à anticiper les besoins futurs de l’entreprise).

Comme le souligne le rapport, ces estimations ne représentent toutefois qu’une partie du coût global de l’insomnie. Les effets du travail de nuit pourraient également être inclus, mais le rapport pointe le manque de données complètes en la matière, toute en citant quelques exemples : "L’équipe de Charles Czeisler à Harvard a montré par exemple que les internes de garde effectuaient plus de fautes de diagnostic et de prise en charge lors des heures de nuit. Plusieurs contrôleurs aériens de nuit ont également effectué des fautes liées au mauvais sommeil qui auraient pu avoir des conséquences dramatiques mais qui ont provoqué uniquement des dégâts matériels. Toutes ces erreurs contribuent au coût du mauvais sommeil."

L’insomnie engendre également des coûts plus directs, sur le système de santé notamment. Citant une étude de 1995 - faute de données plus récentes - Terra Nova rappelle que ces coûts directs étaient alors estimés à plus de deux milliards de dollars en France, répartis en 1,75 milliard pour les consultations externes et 310,59 millions pour les traitements médicamenteux de l’insomnie.

sensibiliser rh et professionnels de santé

Une fois établie l’importance des impacts du mauvais sommeil dans les différentes sphères de la vie sociale et économique, le rapport établit sept axes de recommandation pour avancer sur le sujet en France. Dans le domaine de l’entreprise, le rapport aborde la question sous l’angle de l’organisation du travail, de la formation et de la collaboration avec les services médicaux. Concernant l’organisation du travail, le rapport recommande de "favoriser la discussion au sein de l’entreprise sur l’organisation de temps de récupération pendant la journée de travail", en réfléchissant notamment à la création de salles de repos.

Mais ce type de mesure s’accompagne également - et c’est le second angle d’approche - d’un besoin de formation des services de ressources humaines, pour les sensibiliser à ces questions. "La difficulté principale est de favoriser une évolution du regard porté sur la sieste ou le repos, qui ne sont pas une 'prime à la paresse' ou une 'récompense pour les fainéants' mais une façon de mieux répartir dans la journée les temps d’activités et de récupération", note le rapport. Terra Nova recommande enfin d’impliquer les organismes de prévention des accidents du travail et la médecine du travail dans la détection en amont des troubles du sommeil. La médecine du travail "peut particulièrement observer si les troubles du sommeil sont liés à la situation de travail (stress, nature des tâches, difficulté ou impossibilité à faire des pauses, etc.) ou des facteurs externes à celle-ci." Concernant le travail de nuit, le rapport recommande aussi d'"instaurer la prise en compte des horaires de sommeil comme point réglementaire de discussion en comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de tout nouvel aménagement des horaires de travail incluant la nuit."

Tout comme pour les équipes des ressources humaines, le rapport recommande également, dans le domaine sanitaire, de mieux former à ces questions les professionnels de santé et, par exemple, de mettre en place, dans le cursus initial des médecins, "une formation de spécialistes transversaux du sommeil". De même, le rapport préconise de mobiliser les associations de patients, en constituant des "patients experts" sur ces problématiques.

(1) Godet-Cayré; Pelletier-Fleury; Le Vaillant et al. " Insomnia and absenteeism at work. Who pays the cost?", SLEEP 2006

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