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Trois jours après les attentats à Paris, les hommages aux victimes se sont multipliés dans les établissements d’ESR

Alors que les locaux de Sciences Po Paris et de la faculté de droit de l’UVSQ ont été brièvement évacués, lundi 16 novembre 2015, à la suite de fausses alertes, trois jours après les attentats qui ont endeuillé Paris, les hommages aux victimes se sont multipliés dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, en France, mais aussi à l'étranger. François Hollande a rejoint la Sorbonne pour observer une minute de silence à midi, accompagné du Premier ministre Manuel Valls, de la ministre Najat Vallaud-Belkacem et du secrétaire d’État à l’ESR, Thierry Mandon. Par ailleurs, les mesures de sécurité ont été renforcées sur les campus et de nombreux événements ont été annulés. La rédaction d'AEF fait le point sur cette journée.

hommages aux victimes de la communauté universitaire

Upem. "Des attentats odieux ont été perpétrés vendredi, ils ont frappé durement notre pays et nous laissent encore sans voix ce matin. Pendant des heures, nous avons tremblé pour nos proches, nos amis, nos voisins, nos collègues… et les nouvelles qui sont tombées ont été terribles", déclare Gilles Roussel, président de l’Upem, lors de son discours en hommage aux victimes des attentats de Paris, lundi 16 novembre 2015. "Parmi les très nombreuses victimes figurent deux de nos collègues et amis, Nicolas Classeau et Matthieu Giroud, assassinés au Bataclan (lire sur AEF). Matthieu Giroud, maître de conférences en géographie, 38 ans, un enfant, et Nicolas Classeau, maître de conférences en informatique, directeur de l’IUT, 43 ans et 3 enfants. Nous savons aussi qu’une étudiante a été blessée… Il semble, mais je n’ai pas confirmation, qu’un ancien étudiant de l’Upem soit également décédé […]. L’université est effondrée, indignée." Une cellule psychologique est mise en place au sein de l’Upem.

Université Paris-Ouest Nanterre. "Toutes les catégories sociales, tous les métiers sont atteints par ces attaques aveugles, et l’université verse un lourd tribut : une dizaine de morts sont recensés à Paris-I, Paris-III, Paris-IV, Marne-la-Vallée, l’Inalco (lire sur AEF), mais aussi, chez nous à Nanterre, puisqu’une chargée de cours en économie, Elsa Deplace, fait partie des victimes et que, au moins, l’un des blessés du Bataclan est étudiant en géographie ici même, Pedro Ilidio de Sousa (licence pro guide conférencier)", indique Jean-François Balaudé, président de l’université Paris-Ouest, dans son allocution lors du moment de recueillement. "Il est dans notre pays – et heureusement ! - beaucoup de remparts contre l’extrémisme. Mais il ne fait pas de doute que les universités font partie de ces hauts remparts, elles qui s’attachent à étudier le devenir des sociétés dans leur profondeur historique et dans leurs diversités, nationales et internationales, elles qui interrogent l’humain, elles qui sont des lieux de culture autant qu’elles étudient la culture, elles qui sondent le présent et tentent de comprendre ce qui vient."

L’Université de Montpellier a rendu hommage à Hugo Sarrade, étudiant en master en intelligence artificielle à la faculté de sciences de Montpellier, décédé dans l’attentat contre le Bataclan (lire sur AEF). Son père, Stéphane Sarrade, est directeur de recherche au CEA à Saclay. L’Université de Montpellier "s’associe à la mémoire et à la douleur des familles endeuillées par cet acte inqualifiable". "Ceux qui l’ont fréquenté se rappellent sa gentillesse et sa passion pour la musique", écrit Gilles Halbout, directeur de la faculté des sciences sur sa page Facebook.

Université de Bordeaux. L’artiste-plasticien Alban Denuit, enseignant au département des arts de l’université Bordeaux-Montaigne, compte au nombre des victimes des attentats parisiens (lire sur AEF). Ses collègues universitaires et ses étudiants lui ont rendu hommage ce lundi à 15 heures, à la Maison des arts de l’université, ainsi que le président Jean-Paul Jourdan ce midi, avant la minute de silence observée par l’établissement. Âgé de 32 ans, Alban Denuit, qui venait d’obtenir cette année son doctorat en arts plastiques, est décédé vendredi soir lors de la prise d’otages au Bataclan.

Paris-I. Sur Twitter, l’université Paris-I "présente ses condoléances à la famille et aux proches de Valeria Solesin, doctorante décédée lors des attentats" de vendredi (lire sur AEF).

Paris-III. Dans un message adressé aux personnels et aux étudiants de Paris-III le 16 novembre, son président, Carle Bonafous-Murat, présente ses "condoléances aux familles des victimes". "Nous, présidents et directeurs des établissements d’enseignement supérieur, savons déjà que des étudiants et des enseignants-chercheurs comptent parmi les victimes, et il est à craindre que l’université n’ait à payer un lourd tribut à cette folie meurtrière", écrit-il. La CPU précise sur son site que Guillaume le Dramp, étudiant en master d’italien à Paris-III, fait partie des victimes des attentats (lire sur AEF).

annulations en série et mesures de sécurité renforcées sur les campus

Plusieurs établissements font également part d’un renforcement des contrôles de sécurité sur leurs campus, comme le président de Paris-III, avec "vérification systématique des cartes d’étudiant et des cartes professionnelles" et "une inspection visuelle des sacs". Le président a également pris la décision "d’annuler toutes les manifestations, associatives, culturelles ou sportives qui étaient prévues sur le campus Censier dans le courant de la semaine du 16 au 22 novembre". Par ailleurs, un dispositif de soutien psychologique sera mis en place à Paris-III comme dans d’autres établissements, pour "venir en aide aux étudiants et aux personnels qui se seraient trouvés dans les parages ou sur le lieu des attentats, ou qui ont des proches et amis touchés, directement ou indirectement, par ces événements".

"Pour des raisons de sécurité autant que de solidarité vis-à-vis des victimes des attentats, nous avons décidé d’annuler l’ensemble des événements qui devaient se tenir dans notre établissement la semaine prochaine", indique aussi Frédéric Mion, directeur de Sciences Po Paris sur le site de l’établissement. " Seuls les cours et les examens seront maintenus et nous ajusterons notre dispositif en fonction des instructions qui nous seront transmises par les autorités avec lesquelles nous sommes en contact permanent."

À l’Université de Perpignan, le président Fabrice Lorente a décidé de mobiliser dès le 16 novembre une société de sécurité extérieure pour assurer les surveillances de nuit, "de sorte que [les] agents de sécurité UPVD puissent être pleinement mobilisés le jour sur le campus principal”. Étudiants et personnels doivent présenter leurs cartes professionnelles et étudiantes pour accéder au campus.

À Bordeaux, le festival international du film d’histoire de Pessac (Gironde), où devaient intervenir de nombreux enseignants-chercheurs et étudiants de l’Université Bordeaux Montaigne et de l’IJBA (Institut de journalisme de Bordeaux-Aquitaine), a été reporté. Le festival des arts et sciences de l’université de Bordeaux, prévu le 17 novembre, pourrait également être reprogrammé à une date ultérieure. En revanche, l’élection des membres du CA de la Comue Aquitaine aura bien lieu, "sauf demande contraire du ministère". À Paris-XIII, ce sont les élections des représentants étudiants au conseil centraux et les élections partielles des conseils de composantes prévues ces lundi et mardi qui ont été reportées.

à l’étranger, le monde universitaire réagit aussi

En signe de deuil, le campus de Long Beach de l’Université de Californie fait figurer une bougie sur son site internet en mémoire de son étudiante décédée, Nohemi Gonzalez, 23 ans, alors qu’elle était en échange à Strate École de design. L’université, qui compte 18 étudiants en échange en France, organise un rassemblement en sa mémoire dimanche 15 novembre 2015, l’occasion également de soutenir les 80 étudiants français en échange sur ce campus. La présidente de l’université, Jane Close Conoley, déclare que "prendre la vie d’un innocent est un assaut sur nos cœurs et sur notre monde".

Endeuillée par la perte d’un ancien élève dans les attentats, Valentin Ribet, la London school of economics s’exprime sur Twitter, tandis que l’association des étudiants organise un rassemblement, le 16 novembre. La LSE donne également la parole à l’un de ses chercheurs, Joseph Downing, sur son blog dédié à l’Europe. Celui-ci pense qu’il est "crucial que nous découvrions les facteurs internationaux plutôt que nationaux qui rendent de tels événements possibles".

Samedi 14 novembre 2015, l’université de Boston dit son soulagement sur le réseau social Twitter : "Nous sommes reconnaissants que les membres de l’université de Boston à l’étranger/visitant Paris soient sains et saufs". Le même jour, elle a organisé une veillée, puis une discussion le lendemain.

À l’université de Stanford, un rassemblement se tient "en mémoire des victimes des récentes attaques terroristes à Beyrouth, Bagdad et Paris", rapporte le Stanford Daily. L’université de Harvard rapproche elle aussi les attentats survenus à Paris et à Beyrouth dans un article intitulé "Avec les attaques, ISIL est désormais une préoccupation mondiale", paru dans la Harvard Gazette, en interrogeant ses chercheurs français.

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