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Home| Social / RH| Politiques de l’emploi| Dépêche n°509840

Emploi, apprentissage, formation : les projets des principaux candidats aux régionales en Nord-Pas-de-Calais/Picardie

Les propositions des candidats aux élections pour la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais/Picardie se précisent en matière d’emploi et de formation, à un mois du scrutin. Après avoir donné la parole à tous les partis, AEF se focalise sur les projets des quatre candidats donnés en tête au premier tour par les instituts de sondage. Xavier Bertrand (LR/UDI) veut proposer un service de proximité pour aider les chômeurs à retrouver un emploi près de chez eux. Marine Le Pen (FN) entend donner la priorité aux PME locales, y compris dans l’attribution des marchés de la formation. Pierre de Saintignon (PS/PRG) souhaite généraliser son modèle du "circuit court" en mettant en relation chefs d’entreprise et demandeurs d'emploi. Enfin, Sandrine Rousseau (EELV/PG) mise sur la transition écologique pour créer des emplois.


Xavier Bertrand : une "politique sur-mesure" par bassin d’emploi

"La région a les moyens de mener une politique de l’emploi efficace, une politique sur-mesure adaptée à ses habitants et à son territoire", affirme Xavier Bertrand, dans un livre-programme dévoilé vendredi 30 octobre 2015. Le candidat LR/UDI pointe un paradoxe : la grande région Nord-Pas-de-Calais/Picardie compte "565 000 chômeurs" et "au moins 120 000 offres d’emploi qui ne trouvent pas preneurs". "Si Pôle emploi ne marche bien que pour l’indemnisation, et pas suffisamment pour la recherche d’emploi, il faut en tirer les conclusions. Pas en récréant un Pôle emploi bis, mais tout simplement en partant de la réalité du terrain, bassin d’emploi par bassin d’emploi", indique-t-il.

UN NUMÉRO VERT POUR LES DEMANDEURS D’EMPLOI. Xavier Bertrand veut mettre en place dès le 4 janvier 2016 "à 7 heures" un numéro vert pour les demandeurs d’emploi. Les volontaires pourront obtenir un rendez-vous individuel pour faire le point sur leur profil et prendre connaissance des offres d’emploi non pourvues près de chez eux. La région leur donnera ensuite la possibilité d’accéder à une formation, "tout de suite, et non dans six mois". L’ancien ministre du Travail propose aussi de créer un "Facebook de l’emploi" régional au cours du premier semestre 2016, constatant que LinkedIn, Facebook ou Le Bon Coin brassent déjà de nombreuses offres d’emploi.

APPRENTISSAGE. "Si nous avions le même taux d’apprentissage qu’en Alsace, il y aurait près de 60 000 apprentis dans notre région", calcule Xavier Bertrand (contre 35 000 aujourd’hui). Pour relancer cette voie de formation, il propose une prime de 3 000 euros par an pour toutes les entreprises qui recrutent un apprenti, quelle que soit leur taille. Il souhaite aussi revoir la carte des CFA, rappelant que ceux-ci "ne sont remplis qu’aux deux tiers". De nouveaux CFA pourraient ouvrir pour répondre aux besoins localement, tandis que les places vacantes serviraient à former les demandeurs d’emploi. Le financement est disponible, selon le candidat : "Aujourd’hui, les régions ne dépensent même pas l’équivalent de ce qu’elles perçoivent en taxe d’apprentissage pour l’apprentissage !"

Une formation, "tout de suite, et non dans six mois"

RÉORIENTER LA FORMATION PROFESSIONNELLE. Xavier Bertrand veut orienter la formation professionnelle "vers ceux qui en ont le plus besoin" : les jeunes en recherche d’emploi, les chômeurs de longue durée, les salariés qui ont une faible qualification, les demandeurs d’emploi âgés "à qui il ne manque que quelques mois pour partir à la retraite". Il entend aussi proposer des cours du soir "pour les salariés qui souhaitent approfondir leur formation". Il veut enfin lancer un "plan de formation d’urgence" contre l’illettrisme.

FORMER LES ALLOCATAIRES DU RSA. Le candidat de la droite et du centre veut proposer une activité ou une formation "à tous les bénéficiaires du RSA qui peuvent travailler", en passant des conventions avec les conseils départementaux.

MOBILITÉ. Xavier Bertrand veut donner aux chômeurs les moyens de se déplacer pour travailler : il propose de mettre en place des services de transport à la demande ou de mettre à disposition un scooter ou une voiture à un prix symbolique pendant les premiers mois de reprise d’activité.

PARTENARIAT AVEC LE PRIVÉ. L’ancien ministre du Travail veut "s’appuyer sur des partenaires privés comme les professionnels du travail temporaire qui connaissent bien le marché du travail", en les rémunérant au résultat.


Marine Le Pen défend "un patriotisme économique et social régional"

Le projet du Front national pour la région Nord-Pas-de-Calais/Picardie sera détaillé le 14 novembre 2015 par Marine Le Pen. Philippe Eymery, tête de liste pour le Nord, en charge de la rédaction du programme, livre les pistes de son parti pour l’emploi et la formation, lors d’un entretien avec AEF samedi 31 octobre 2015.

FORMATION. "Notre fil rouge, c’est remettre l’entreprise au cœur de la formation et de l’apprentissage", indique Philippe Eymery. "Nous pensons que l’offre de formation doit être établie en association avec les branches professionnelles, par bassin d’emploi". Selon lui, leurs attentes n’ont pas été suffisamment prises en compte lors des discussions sur le CPRDFP en 2011 (lire sur AEF). Reprenant le chiffre de 120 000 emplois non pourvus, Philippe Eymery veut organiser la "rencontre entre les entreprises et les jeunes". "L’une des solutions consistera à afficher à intervalle régulier les besoins en main-d’œuvre des différentes branches professionnelles dans tous les lycées, afin que les élèves et les familles aient une visibilité sur les secteurs porteurs d’activité".

ORGANISMES DE FORMATION. Le Front national veut "décliner les appels d’offres pour la formation professionnelle en lots séparés par bassin d’emploi". Il conteste ainsi le choix de l’exécutif actuel d’attribuer une délégation de service public à un consortium réunissant plusieurs organismes de formation pour une durée de cinq ans (lire sur AEF). "Cette massification des appels d’offres exclut de fait les PME et les TPE du champ de la formation", commente Philippe Eymery.

APPRENTISSAGE. "Voie royale vers l’emploi", l’apprentissage doit être encouragé selon le FN. Pour expliquer la "stagnation" du nombre d’apprentis, Philippe Eymery déplore la "rigidification du contrat d’apprentissage", "qui décourage les entreprises" mais aussi la concurrence des emplois aidés, moins coûteux. "Le conseil régional a beaucoup investi dans les locaux, ce qui se traduit par un grand nombre de places vacantes dans les CFA : il eût peut-être fallu aider les entreprises plutôt que d’investir dans l’immobilier", commente-t-il aussi. "Notre philosophie n’est pas de procéder par une aide directe mais de donner le meilleur environnement possible aux entreprises, en leur donnant par exemple accès au très haut débit ou en garantissant la fiscalité la moins lourde possible", explique-t-il. Cependant, le FN envisage de "compenser le temps passé par les maîtres d’apprentissage".

Des avances remboursables pour les entreprises qui s’engagent à investir dans la formation

PRIORITÉ AUX ENTREPRISES LOCALES. "Avec Marine Le Pen, président de région, le chantier du terminal méthanier de Dunkerque n’aurait pas employé jusqu’à 65 % de travailleurs détachés : on aurait mis une pression politique pas possible pour qu’un tel scandale n’arrive pas", assure Philippe Eymery. Le FN propose de mettre en place des avances remboursables pour les entreprises qui s’engagent à investir dans la formation, avec un bonus sur l’apprentissage, et à recruter en CDI. Enfin, il veut introduire des clauses sociales et environnementales pour favoriser l’attribution des marchés publics aux entreprises régionales, afin de créer de l’emploi localement.



Pierre de Saintignon : des "circuits courts" pour l’emploi

Pierre de Saintignon, candidat du PS et du PRG, fait de l’emploi sa "priorité des priorités". Ce sera "le premier budget de la région", assure-t-il, promettant une maquette budgétaire précise mi-novembre. Voici ses principales propositions, détaillées à la presse lundi 26 octobre 2015.

ACCÈS AUX DROITS. Les habitants de la région auront, de 16 ans à 65 ans, une carte personnelle qui détaillera leurs "droits pour l’emploi". Objectif : éviter "des démarches épuisantes" d’une administration à l’autre en centralisant les informations sur l’apprentissage, la formation, les aides à la mobilité, à la création d’entreprise, la VAE, le bilan de compétences, etc. Par ailleurs, Pierre de Saintignon souhaite étendre le "pacte de continuité professionnelle" qui a permis, lors du mandat précédent, à 25 000 salariés peu qualifiés de bénéficier de formations (lire sur AEF).

EMPLOI DES JEUNES. Généraliser les plates-formes pour l’emploi des jeunes qui favorisent la rencontre directe avec des chefs d’entreprise. Ce "circuit court", expérimenté depuis deux ans dans le Nord-Pas-de-Calais (lire sur AEF), a permis de créer 10 000 emplois (CDI, CDD de trois ans ou contrats d’apprentissage). Pierre de Saintignon veut doubler ce chiffre. "Il n’est pas supportable qu’un jeune ne trouve pas de stage ou d’emploi parce qu’il n’a pas de carnet d’adresses", estime-t-il.

EMPLOI DES SENIORS. Le candidat PS veut aussi créer un "circuit court" pour valoriser l’expérience des plus de 50 ans auprès des chefs d’entreprise. Avec une priorité : les aider à compléter les trimestres qui leur manquent pour avoir droit à une retraite à taux plein.

Doubler le nombre d’apprentis en assouplissant notamment les formalités administratives

APPRENTISSAGE. Multiplier par deux le nombre d’apprentis pour atteindre le seuil des 50 000, en facilitant les démarches des entreprises, en renforçant le service apprentissage, en aplanissant les difficultés administratives et en mettant en place une "garantie" pour l’employeur et pour les jeunes. "L’un des freins à l’apprentissage, c’est la peur de l’erreur dans le choix de l’apprenti : lorsque l’entente ne se fait pas, une réorientation doit être possible", indique Pierre de Saintignon.

GARANTIE JEUNES. Doubler le nombre de bénéficiaires de ce dispositif européen pour atteindre 20 000 jeunes par an.

"NEW DEAL RÉGIONAL". Le candidat PS demandera aux entreprises des "contreparties sociales supplémentaires" aux aides versées par la région : participer aux "circuits courts" jeunes et seniors, accompagner des jeunes issus du service civique, s’investir dans l’apprentissage.

COMMANDE PUBLIQUE. Pour mettre la "commande publique au service de l’emploi local", les marchés répondront à des critères sociaux (généralisation de la clause d’insertion) et environnementaux (valorisant les faibles bilans carbones) supplémentaires. Pierre de Saintignon promet aussi l'"allotissement de tous les marchés publics qui le permettent".


Sandrine Rousseau : créer des emplois avec la transition écologique

"Tout n’a pas été tenté pour l’emploi. Ce sont toujours les mêmes formules qui sont proposées et qui donnent les mêmes résultats : la hausse du chômage et le développement de l’emploi précaire", constate Sandrine Rousseau, candidate Europe Écologie Les Verts/Parti de gauche (avec Nouvelle Donne et la Nouvelle Gauche socialiste). "Il faut innover pour offrir de vraies solutions et tenter ce que beaucoup d’économistes et de chercheurs soutiennent : les emplois de la transition énergétique", affirme-t-elle, dans des propositions transmises vendredi 30 octobre 2015 à l’AEF. La candidate a promis la création de "50 000 emplois au moins en cinq ans, de 100 000 emplois potentiellement", lors d’une interview sur Europe 1 le même jour.

DES "EMPLOIS SOLIDAIRES". "Nous financerons, pendant trois ans, jusqu’à 30 000 emplois solidaires dans des structures candidates qui s’engageront à créer des CDI", indique la candidate EELV/PG. "Ce financement permettra de faire baisser notre taux de chômage de 2 points dans la région et de renforcer de nombreuses filières".

RÉDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL. La région accompagnera les entreprises qui décident des mesures de partage du temps de travail "pour créer ou maintenir des emplois", promet l’actuelle vice-présidente de région, en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle expérimentera par ailleurs un "accord de travail partagé" en lieu et place du chômage partiel : les entreprises pourront diminuer temporairement le temps de travail en cas de baisse d’activité, sans perte de salaire et sans licenciement.

Priorité aux formations aux métiers de la transition écologique

APPRENTISSAGE. Le programme porté par EELV/PG entend développer l’apprentissage, "voie d’excellence", mais ne détaille pas pour le moment de mesures concrètes.

FORMATION CONTINUE. Sandrine Rousseau veut "donner la priorité" aux formations aux métiers de la transition écologique.

COMMANDE PUBLIQUE. Sandrine Rousseau veut aider les artisans et les PME à accéder aux marchés publics et aux subventions de la région, "sous réserve de respect de critères environnementaux et sociaux". Elle leur demandera par exemple de "limiter les écarts de salaires, l’emploi précaire ou [d'] encourager le covoiturage des salariés".

REPRISE D’ENTREPRISE. La région soutiendra la reprise d’entreprises par leurs salariés, par la formation, un accompagnement et une prise de participation au capital.

Les chiffres record du chômage en toile de fond

Le taux de chômage record du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie (12,5 %) est au cœur de la campagne. "Vous êtes le François Hollande de la région : celui qui a augmenté le chômage", lance Xavier Bertrand à Pierre de Saintignon, lors d’un débat organisé le 27 octobre par Europe 1 et I-Télé, en présence de Marine Le Pen. "Les Français veulent tourner la page du système socialiste dans cette région […] Et d’ailleurs, si c’est vous qui êtes là, c’est parce que vos amis vous ont envoyé au casse-pipe !" ajoute-t-il. "Le chômage a augmenté" alors que Xavier Bertrand était ministre du Travail, lui rappellent alors, dans des registres différents, les candidats FN et PS. Le candidat LR/UDI a occupé ce portefeuille de 2007 à 2009 puis de 2010 à 2012

Un sondage Ifop pour Europe 1, iTélé et La Voix du Nord place, fin octobre 2015, la liste conduite par Marine Le Pen en tête du premier tour des élections régionales en Nord-Pas-de-Calais/Picardie, avec 38 % des intentions de vote. La liste de Xavier Bertrand arriverait en deuxième position avec 26 % des suffrages, devant celle de Pierre de Saintignon (19 %). La liste d’Europe Écologie Les Verts, du Parti de Gauche et de Nouvelle Donne atteindrait 9 %. (Sondage réalisé sur un échantillon de 978 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1 061 personnes, représentatif de la population de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie âgée de 18 ans et plus).


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Sylvain Marcelli, journaliste