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Climat : les contributions nationales mettent le monde sur la voie d’un réchauffement de 2,7 °C au minimum (Ccnucc)

Les contributions nationales (INDC) mettent le monde sur la voie d’un réchauffement de 2,7 °C environ d’ici à la fin du siècle si elles sont totalement mises en œuvre, indique le secrétariat de la Ccnucc, dans son rapport de synthèse publié vendredi 30 octobre 2015. Il se base sur les 119 contributions déposées par 146 pays entre le 1er janvier et le 1er octobre 2015, couvrant 86 % des émissions mondiales. Ces documents "nous mettent dans la bonne direction mais ne sont pas suffisants", indique la secrétaire exécutive Christiana Figueres, lors d’une conférence de presse à Berlin. Elle estime que la COP 21 doit désormais donner un statut juridique à ces documents et résoudre la question de l’augmentation de l’ambition.

Contributions nationales ou INDC :

  • Définition : le terme INDC en anglais désigne les intentions de contributions déterminées au niveau national que les pays doivent remettre au secrétariat de la Ccnucc, selon l’accord de Varsovie de 2013.
  • Calendrier : selon l’accord de Lima de décembre 2014, les "pays prêts à le faire" étaient invités à remettre leur contribution avant le 31 mars ; les autres au 1er octobre. Le secrétariat de la Ccnucc présente un bilan le 1er novembre (avancé au 30 octobre).
  • Contenu : l’accord de Lima ne fixe pas de contenu obligatoire mais une liste d’informations possibles. On y trouve principalement des objectifs de réduction d’émissions pour 2025 et/ou 2030, parfois des objectifs d’adaptation et pour certains pays en développement, des engagements conditionnés par un soutien financier international
  • Accord de Paris : les INDC devraient être annexées à l’accord de Paris. Elles pourraient être transformées en objectifs définitifs dans l’accord de Marrakech de 2016.

Selon le rapport de la Ccnucc, tous les pays industrialisés et 75 % des pays en développement ont remis leur INDC (intended nationaly determined contribution) à la date du 1er octobre 2015. Cette date avait été fixée par les accords de Lima en décembre dernier comme date butoir pour figurer dans le rapport de synthèse de la Ccnucc. Depuis cette date, 9 pays ont soumis leur contribution (dont la Bolivie, l’Afghanistan et les Émirats arabes unis) pour un total de 118 pays. Ce total est "historique", estime Christiana Figueres.

DEUX COMPLÉMENTS LORS DE LA COP 21

Les politiques climatiques décrites dans les INDC sont pour la plupart inconditionnelles. 25 % des propositions de réduction d’émissions sont en revanche conditionnelles, c’est-à-dire soumises à un soutien financier international de la part des pays développés. Les politiques climatiques devraient aussi permettre de réduire les émissions mondiales de 4 Gt de CO2 d’ici 2030, pour une estimation de 56,7 Gt de CO2 émises en 2030, si elles sont entièrement déployées, et permettre une baisse des émissions de CO2 par habitant de 5 à 9 % d’ici 2030 par rapport à 1990.

"Avec les INDC, nous sommes sur la voie d’un monde certainement en dessous de 3 °C, et selon l’AIE autour de 2,7 °C. Sans les INDC, nous serions sur la voie d’un réchauffement de l’ordre de 4 à 5 °C. Nous allons dans la bonne direction mais ce n’est pas suffisant", estime Christiana Figueres. Ces informations viennent confirmer les estimations présentées par les think tanks Climate action tracker et Climate interractive.

Elle estime que la COP 21, qui s’ouvrira dans un mois, le 30 novembre, doit apporter "deux compléments" : d’une part permettre "d’ancrer" les INDC dans l’accord de Paris en leur donnant un "statut juridique" ; d’autre part "permettre un effort progressif", sous la forme d’une "revue périodique" des engagements, "peut-être de 5 ans". La durée de cette revue est actuellement l’un des points de discussion politique en amont de la COP 21. Christiana Figueres juge également que la nature des INDC, qui résultent d’un "intérêt national" et non d’une contrainte internationale, les rend "paradoxalement plus forts" qu’un traité international.

30 pays ont un objectif de réduction d’émissions absolu

Le rapport de la Cccnucc passe en revue le contenu des INDC. Il explore ainsi la manière dont les pays ont exprimé leur objectif d’émissions de gaz à effet de serre, majoritairement sous la forme d’une réduction d’émissions par rapport à un scénario dit au fil de l’eau (business as usual) pour près de 60 des pays et pour plus de 30 sous la forme d’un objectif de réduction absolu (voir le graphique ci-dessous). Par ailleurs, selon le rapport, les énergies renouvelables (90 pays), l’efficacité énergétique (85 pays) et les transports (75 pays) figurent parmi les secteurs prioritaires pour les politiques climatiques décrites.

Pour les politiques d’adaptation, l’eau (89 pays), l’agriculture (82 pays) et la santé (67 pays) figurent parmi les priorités des politiques climatiques décrites (voir le graphique ci-dessous).

Le rapport de donne en revanche pas d’informations sur les montants financiers demandés par les pays en développement pour la mise en place de leurs objectifs et ne procède pas à une évaluation des émissions par pays.

revoir l’ambition dès 2017 ou 2018

Laurent Fabius a salué ce rapport dans un communiqué diffusé vendredi matin. "Ce processus a permis de véritablement décloisonner la question du climat dans de nombreux pays, notamment en faisant participer la société civile au débat de préparation", juge-t-il. Il indique que la pré-COP, qui aura lieu à Paris du 8 au 10 novembre, et qui réunira près de 80 ministres, "devra permettre de progresser sur ces questions centrales de l’ambition à poursuivre et de l’objectif de long terme".

La Fondation Nicolas Hulot estime que l’écart constaté par la Ccnucc entre les émissions projetées pour 2030 et les scénarios du Giec pour rester sous la barre des 2 °C "est encore trop important", "de l’ordre de 15 Gt de CO2 en trop" en 2030. "Le rapport confirme que les pays devront revoir leurs efforts à la hausse pour limiter le réchauffement à 2 °C. L’inclusion d’un mécanisme de révision à la hausse tous les 5 ans des engagements nationaux, et dès 2017, dans le projet d’accord de Paris est donc essentielle pour en faire une réussite", juge la FNH.

Le réseau d’ONG Climate action network considère pour sa part que le rapport de la Ccnucc permet de "sonner l’alarme pour que les gouvernements renforcent leurs objectifs actuels inadéquats d’ici à 2018".

Le think tank américain WRI se félicite de l’effort projeté par les pays mais demande "d’accélérer l’effort", notamment en concluant dans l’accord de Paris un mécanisme de révision des engagements à la hausse.

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Aline Brachet, journaliste