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Climat : malgré 5 semaines de négociations techniques, la COP 21 hérite d’un texte lesté de nombreuses options à trancher

Les délégués réunis depuis lundi, à Bonn, pour travailler sur le projet d’accord sur le climat ont levé l’ancre, vendredi 23 octobre 2015, en laissant derrière eux un grand point d’interrogation. D’aucuns attendaient de cette ultime session de négociations avant la COP 21 un texte concis et négociable par les ministres. Or, le texte, passé au cours de la semaine de 20 à 34 puis 55 pages, propose certes une version plus équilibrée que celle du début de la semaine mais laisse ouvert la plupart des options. Il sera remis sur la table à l’ouverture de la COP 21, début décembre, après une discussion politique lors de la pré-COP à Paris, mi-novembre.

Les négociations techniques de Bonn se sont achevées vendredi 23 octobre 2015 en mettant à mal toute illusion sur la capacité du processus onusien à conclure avant la dernière ligne droite. Les exhortations régulières de François Hollande, Laurent Fabius ou encore Laurence Tubiana au cours de l’année 2015 à disposer d’un texte synthétique avant l’ouverture de la COP 21 seront restées lettres mortes. De même que les larmes du négociateur mexicain face à l’arrivée de l’ouragan Patricia sur les côtes de son pays n’auront pu faire valoir l’urgence à avancer.

Complet, équilibré mais moins clair

Les négociateurs quittent donc l’ultime session de Bonn sur un texte de 55 pages, produit des cinq semaines de négociations de février, juin, septembre et octobre. C’est cette version qui sera déposée à nouveau sur la table des négociateurs lors de la COP 21 le mardi 1er décembre – le premier jour de la conférence étant réservé à l’arrivée et au discours des quelque 80 à 120 chefs d’État et de gouvernement attendus au Bourget.

Certes, ce document est désormais jugé "complet et équilibré" par les parties, qui se le sont approprié, comme le souligne la secrétaire exécutive de la convention climat, Christiana Figueres, "mais la mauvaise nouvelle est qu’il est plus long que la version de lundi et n’est plus aussi clair".

Perte de confiance dans le travail des coprésidents

Le texte est en effet passé par pertes et fracas au cours de la semaine, rejeté lundi dans sa version de 20 pages par les pays en développement, puis amendé pour un total de 34 pages mardi avant d’être découpé et travaillé en groupes de travail thématiques et compilé pour atteindre 55 pages vendredi.

Au travers des péripéties du texte, la semaine de Bonn a mis en exergue l’affirmation du groupe des 134 pays en développement derrière la négociatrice sud-africaine Nozipho Mxakato-Diseko, l’effacement de l’Union européenne, la perte de confiance progressive des parties dans le travail des deux coprésidents Ahmed Djohglaf et Dan Reifsnyder, au profit du travail des co-facilitateurs (les animateurs des sous-groupes thématiques) et la montée en puissance des sujets clés de la conférence de Paris : l’adaptation, les pertes et préjudices, la transparence et bien sûr les financements, objet d’un bras de fer entre pays du nord et du sud au nom de l’interprétation des règles de la convention climat sur la "différenciation".

Le texte sera quelque peu "nettoyé" par le secrétariat dans les prochains jours mais sans que le contenu ne soit modifié. "C’est une bonne décision d’aller directement à Paris avec ce texte, qui n’est pas si long que ça", veut croire l’ambassadrice française Laurence Tubiana, lors d’une conférence de presse, avant de prévenir : "La condition sera que les négociateurs devront négocier dès le premier jour à Paris."

Questions politiques à la pré-cop

D’ici Paris, et à défaut d’organiser une nouvelle session de négociations comme l’avait réclamé une poignée de pays, la future présidence française de la COP 21 réitérera son exercice d’une réunion ministérielle sur le sujet à Paris, du 8 au 10 novembre, sous la forme d’une "pré-COP", cette fois dans un format plus élargi (75 ministres invités sur 195 parties à la Ccnucc). Les ministres et chefs de délégations seront invités à se pencher sur les grandes questions politiques du futur accord, sans toutefois toucher au texte, avant le sommet du G20 en Turquie, mi-novembre, qui pourrait aussi être l’occasion de discuter des grands objectifs.

L’accord de Paris se jouera néanmoins dans une unique enceinte : celle de la COP, au Bourget. "Et pour cela, il nous faudra trouver la bonne méthode pour être capable de trouver des compromis sur les options clés", a prévenu l’ambassadeur péruvien.

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Aline Brachet, journaliste