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L'OCDE chiffre à 61,8 milliards de dollars les financements climat mobilisés en 2014

L’OCDE et le think tank Climate policy initiative estiment les financements climat mobilisés dans le monde par les pays développés à 61,8 milliards de dollars en 2014 et 52,2 milliards de dollars en 2013, dans leur rapport "Financements climat en 2013-2014 et objectif des 100 milliards de dollars", présenté le 7 octobre 2015 à Lima (Pérou). Ce rapport avait été commandé en juin par les présidences péruvienne et française de la COP 20 et de la COP 21, afin de dresser un état des lieux des financements climat et des méthodologies de comptabilité. À quelques jours des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale au Pérou, du 9 au 11 octobre, et à quelques semaines du sommet du G20, ce rapport vise à apporter de la clarté sur l’épineux sujet des 100 milliards de dollars promis aux pays en développement à Copenhague en 2009, que François Hollande aimerait déminer avant décembre.

L’objectif des 100 milliards de dollars…


  • Copenhague. En décembre 2009, les pays développés promettent de mobiliser 100 milliards de dollars par an à compter de 2020 pour la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement.
  • Fonds vert. Une partie de cette somme seulement doit passer par le Fonds vert pour le climat, lancé à Cancun en 2010. 50 % des financements iront aux actions d’adaptation.
  • Fast start. Les pays développés ont également débloqué 30 milliards de dollars de financements précoces sur les années 2010, 2011 et 2012.
  • 28 pays développés. L’OCDE retient la liste des 24 pays développés présente dans l’annexe II de la Ccnucc ainsi que la République tchèque, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie, qui ont demandé à être comptabilisées.

La synthèse réalisée par l’OCDE tente d’apporter des données et des choix méthodologiques clairs autour d’une question devenue une bataille politique entre pays développés et pays en développement dans les négociations climat. Elle sera même la difficulté principale de la COP 21, a plusieurs fois expliqué Laurent Fabius, qui en tant que président de la COP 21, en a fait sa priorité.

Jusque-là, peu d’organismes s’étaient risqués à l’exercice de la comptabilité. Le "Standing committee on finance" de la Ccnucc, organe créé en 2010, avait tenté une évaluation en 2014 mais celle-ci avait abouti à une fourchette trop vaste pour être exploitable. Sur les années 2010 à 2012, les montants estimés étaient de 35 à 50 milliards de dollars publics et de 5 à 125 milliards pour le privé, soit entre 40 et 175 milliards de dollars au total.

"un chiffre qui tient la route"

Le premier apport de la synthèse de l’OCDE est donc d’avancer un chiffre unique au lieu d’une fourchette et de développer une méthodologie claire qui a vocation à être partagée et acceptée par tous les pays. Ainsi, la somme avancée par l’OCDE de 61,8 milliards de dollars de financements climat mobilisés par les pays développés en faveur des pays en développement pour l’année 2014 est "une estimation plus ou moins parfaite mais qui tient la route", insiste le chef de la division changement climatique de l’OCDE, Simon Buckle, lors d’une présentation à la presse du rapport sur l’état des lieux des financements climat.

L’estimation totale résulte de "choix méthodologiques clairs", "qui doivent cependant être considérés comme préliminaires et améliorables", ajoute l’institution, qui insiste dans le rapport sur les "progrès réalisés en termes de transparence de la méthodologie".

4 types de financements

Le rapport distingue quatre types de financements, eux-mêmes divisés en différentes sources :

  • les financements publics bilatéraux
  • les financements publics multilatéraux
  • les crédits à l’export
  • les co-financements privés mobilisés grâce à des fonds publics

Les fonds publics se répartissent entre l’aide publique au développement versée via des canaux bilatéraux, les financements via les banques multilatérales de développement, les fonds multilatéraux dédiés au climat et les organes des Nations unies spécialisés. Les fonds promis pour le Fonds vert pour le climat en 2014, soit plus de 10 milliards de dollars, ne sont en revanche pas comptabilisés car mobilisés seulement à partir de 2015. Les financements publics aux projets liés au charbon sont exclus de ce calcul, alors que le Japon et l’Australie les comptabilisent quand ils concernent des centrales à charbon efficaces. Pour le Japon, ces projets se montent à 3,2 milliards de dollars pour les années 2013 et 2014.

Les financements privés, les plus difficiles à comptabiliser

Enfin, concernant les financements privés, "la partie la plus difficile à comptabiliser" selon Simon Buckle, seuls sont pris en compte les co-financements de projets associés à des financements publics. "Il n’est pas possible de tirer des conclusions générales concernant la capacité du public à mobiliser des financements privés car cela dépend de très nombreux facteurs, du pays récipiendaire, des institutions, des instruments financiers…", prévient l’OCDE. "Les données ont été comptabilisées auprès d’acteurs publics" sur le co-financement "afin d’éviter tout système de double-comptabilité".

71 % de fonds publics en 2013-2014

Les premières analyses montrent que les financements publics représentent une grande part des sommes mobilisées (43,5 milliards de dollars sur les 61,8 milliards de dollars en 2014), et 71 % de la moyenne des deux années, quand les financements privés n’en représentent que 16 % et les crédits à l’export 3 %.

Par ailleurs, la part dédiée aux projets d’atténuation est majoritaire (77 %) contre 16 % pour l’adaptation et 7 % de projets dits "transversaux" sur la moyenne 2013-2014.

Le rapport ne précise par la part des financements attribués aux prêts et aux dons, un sujet important dans les négociations sur le climat les dons étant généralement nécessaires pour financer des projets d’adaptation.

"confiance"

"À six ans de la date fixée pour la réalisation de l’objectif, cette somme est encourageante", estime Simon Buckle pour l’OCDE. La présidence française espère quant à elle que ce chiffre, qui montre que deux tiers de l’effort sont réalisés chaque année, sera un gage de confiance dans les négociations, notamment lors de la prochaine session à Bonn, du 19 au 23 octobre, où devraient débuter les premières négociations sur le nouveau projet d’accord de Paris (lire sur AEF).

Pour Oxfam, "malgré les efforts notables des gouvernements français et péruvien pour parvenir à un consensus concernant l’objectif des 100 milliards de dollars, le message qui ressort de ce rapport de l’OCDE est plutôt clair : les pays et les communautés les plus vulnérables sont encore les grands perdants des financements climat", juge l’ONG. Elle dénonce la faible part des financements attribués à l’adaptation et sous forme de dons, qui représentent selon elle entre 1 et 2 milliards de dollars par an.

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Aline Brachet, journaliste