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Les emplois d’avenir professeur seront remplacés par des contrats d’apprentissage à partir de septembre (MENESR)

Les emplois d’avenir professeur (EAP) seront progressivement remplacés par des contrats d’apprentis professeurs, indique le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à AEF, le 22 juillet 2015. "Un nouveau dispositif sera proposé à la rentrée 2015 aux étudiants en deuxième et troisième années de licence issus de milieux défavorisés se destinant au métier d’enseignant", précise le site du ministère. Cette mesure, qui pourrait être étendue aux CPE (conseillers principaux d’éducation), s’inscrit dans le cadre du développement de l’apprentissage dans la fonction publique. Être boursier ne sera plus une condition obligatoire pour accéder à ce type de contrat. Fin juin, plusieurs sites d’universités ou de rectorats avaient annoncé qu’aucun contrat initial d’emploi d’avenir professeur ne serait signé à la rentrée prochaine.

"Un nouveau dispositif sera proposé à la rentrée 2015 aux étudiants en L2 et L3 issus de milieux défavorisés se destinant au métier d’enseignant", annonce le MENESR sur son site sur une page consacrée aux emplois d’avenir professeur depuis le 17 juillet. Ces étudiants bénéficieront de contrats d’apprentissage, comme le SE-Unsa l’avait annoncé.

Contacté par AEF, le ministère n’avance pas de chiffrage et prévoit la mise en place de ce nouveau dispositif en septembre uniquement dans quelques universités qui ont la possibilité d’adapter rapidement leurs maquettes. En revanche, il espère "monter très vite en gamme" pour proposer davantage de contrats d’apprentissage à la rentrée 2016.

DÉVELOPPER l’apprentissage dans le public

Cette mesure s’inscrit dans le cadre du développement de l’apprentissage dans la fonction publique. À la rentrée 2015, le gouvernement souhaite atteindre un objectif de 4 000 apprentis dans l’ensemble de la fonction publique et ses établissements. Pour le MENESR et ses établissements, la prévision s’élève à 2 000 apprentis (lire sur AEF). Mi-juin des objectifs par rectorat ont été présentés en CTM (lire sur AEF). Ces objectifs intègrent les futurs contrats d’apprentissage pour les étudiants se destinant aux métiers de l’éducation, précise le ministère à AEF.

300

C’est le nombre de contrats d’apprentissage que proposeront les seules Espé des académies de Créteil et de Guyane à des étudiants inscrits en master 1 (lire sur AEF). Le ministère proposera à d’autres Espé de s’engager dans cette voie à la rentrée 2016.

Le dispositif des EAP, régulièrement critiqué pour ses critères trop contraignants et des tâches trop lourdes, est "mis en extinction", explique le ministère. En effet, fin juin, plusieurs sites de rectorats et d’universités ont annoncé qu’aucun contrat initial d’emploi d’avenir professeur ne serait signé pour la rentrée 2015, et que seuls les contrats en cours pourraient être renouvelés (lire sur AEF).

Les différences avec les eAP

Une "voie pédagogique différente". "La grosse nouveauté tient à l’intégration complète de l’apprentissage dans le cursus", indique le ministère. L’apprentissage est une "voie pédagogique différente" qui suppose une validation des compétences à la fois sur le terrain de stage et des enseignements plus théoriques. Faute de lisibilité dans les missions des étudiants EAP et d’adaptation des maquettes pédagogiques, les universités étaient réticentes à accorder des ECTS", explique aussi le ministère.

Il rappelle en outre que les filières en apprentissage dans le supérieur "attirent les jeunes" et sont "une voie de réussite", alors que tous les "supports" d’EAP n’étaient pas pourvus. L’organisation de la formation universitaire se fera "en lien avec les Espé (écoles supérieures du professorat et de l’éducation, ex-IUFM).

Temps d’apprentissage. Contrairement aux EAP tenus d’effectuer 12 h dans les écoles ou les établissements scolaires, le temps passé sur le terrain variera selon le niveau d’études de l’apprenti (L2, L3, M1). Ils seront encadrés dans les écoles et les établissements par "un maître d’apprentissage" formé. Les formateurs - dont les missions et allégements de service ont été publiés (lire sur AEF) - "ont vocation à être les encadrants de tous les formés qu’on accueille", précise aussi le ministère.

Missions. Les missions de ces apprentis, qui sont "avant tout en formation", seront redéfinies et clarifiés selon le niveau d’études. Ils pratiqueront "essentiellement de l’observation", probablement sur les trois cycles d’enseignement mais pourront aussi "participer à la vie de l’établissement", découvrir les autres métiers, jusqu’à une éventuelle mise en responsabilité mais toujours accompagnée d’un double tutorat. Le ministère étudie la possibilité d’étendre l’apprentissage aux étudiants se destinant au métier de CPE (conseiller principal d’éducation), qui n’étaient pas concernés par les EAP.

Profils et objectifs. Les critères stricts d’éligibilité aux emplois d’avenir professeur ne s’appliqueront donc plus. Pour autant, le ministère ne veut "pas tirer un trait sur l’objectif de mixité sociale" dans le corps enseignant. Par conséquent, les boursiers devraient être prioritaires mais ce ne sera plus une condition d’accès. L’objectif d’attirer des candidats aux concours dans les disciplines et les académies en difficulté est maintenu, mais "la contrainte ne sera pas aussi forte que pour les EAP".

Rémunération. La réglementation propre à l’apprentissage dans la fonction publique s’appliquera à ces étudiants. Cette rémunération basée sur le Smic est cumulable avec les bourses sur critères sociaux, dont le total devrait être supérieur à la rémunération actuelle des EAP, prévoit le ministère. La rémunération, en lien avec les missions, variera selon le niveau d’études. Par ailleurs, le projet de loi sur le dialogue social et l’emploi prévoit que les apprentis qui gagnent plus de 0,78 Smic mensuel bénéficieront de la prime d’activité. Une circulaire des ministères de la Fonction publique et du Travail publiée en avril détaille aussi les modalités de mise en œuvre de l’apprentissage dans le secteur public, dont la rémunération (lire sur AEF).

Concours. L’engagement à se présenter aux concours de l’enseignement devrait être maintenu, probablement dans le contrat d’apprentissage.

Communication. Le nombre de contrats d’apprentissage offerts à la rentrée prochaine dépend de discussions avec les universités et leurs composantes Espé, selon le travail déjà engagé sur la préprofessionnalisation. Le ministère ne projette "pas de grande campagne nationale" à ce stade.

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Judith Blanes, journaliste