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Saclay : comment 23 acteurs ouvriront les masters "Université Paris Saclay" pour 80% des étudiants en septembre 2015

Les masters seront mutualisés au sein de l’Université Paris Saclay, donc délivrés par la Comue et non plus par ses membres, qui abandonneront les masters à leur nom. Ce projet à grande échelle (1) initié dans le cadre du PRES, repris par la Comue regroupant aujourd’hui 23 acteurs, démarrera concrètement avec 48 masters dès septembre 2015 et se déploiera jusqu’en 2020. Quels sont les conditions de succès et les points sensibles d’un tel projet ? Comment construire des outils communs et quelle est en particulier la place des 8 "schools" visant à organiser la formation par grands domaines ? Comment faire qu’enseignants-chercheurs et étudiants soient parties prenantes du projet ? Ces questions étaient débattues lors d’un atelier organisé dans le cadre des RUE (Rencontres Universités-Entreprises) le 19 mars 2015 à Paris (2).

Les masters sont délégués à l’UPS

La version définitive des statuts de la Comue "Université Paris-Saclay" a été adoptée par le CA de la FCS "Campus Paris-Saclay" le 7 mai 2014. "La Comue est essentiellement un dispositif de coordination renforcée", selon le président de la FCS, Dominique Vernay. "Mais il y a un sujet sur lequel délégation a été donnée à l’Université Paris-Saclay : le doctorat, et une partie des masters" (lire sur AEF).

La Comue Paris-Saclay proposera à partir de la prochaine rentrée 48 "mentions de masters mutualisées", représentant environ 280 parcours types. Cela s’inscrit dans le cadre de la création de l’Université Paris-Saclay, qui a repris les engagements de l’idex (voir encadré). "Nous pensions qu’environ 35 % des étudiants seraient concernés à la rentrée 2015, or nous arrivons à 80 %", indique Colette Voisin, VP CFVU de l’université Paris-Sud (3). "Nous sommes entrés dans une phase opérationnelle. Tous les établissements participent à la nouvelle offre de formation, à des degrés divers", analyse Elisabeth Dufour-Gergam, directrice déléguée à la formation pour l’Université Paris-Saclay. "Par exemple, tous les masters de l’X et de Centrale Supelec basculeront dans cette nouvelle offre. Paris-Sud conserve quelques masters en propre mais 90 % de ses étudiants basculeront en diplomation de Saclay" en septembre 2015, poursuit-elle.

1- Une approche s’appuyant sur les enseignants-chercheurs

"L’existant était illisible. Un étudiant qui voulait faire un master en aéronautique, par exemple, disposait d’une liste de formations" mais de peu d’explications sur ce qui les différenciait, explique Elisabeth Dufour-Gergam. La réflexion sur la nouvelle offre de formation en master a débuté il y a deux ans, dans un contexte où "il existait des collaborations en recherche et formation, en particulier via les co-habilitations de diplômes", ainsi que le souligne Colette Voisin. Pour schématiser, deux éléments ont beaucoup joué dans le succès de la démarche :

  • solliciter "la base". "La première chose a été de dresser un état des lieux", raconte Elisabeth Dufour-Gergam. Avec près de 400 spécialités et 1 000 parcours, l’offre était certes riche mais il y avait "des trous dans la raquette" avec des formations parfois "dispersées". Il fallait "prendre le temps de réfléchir", ce qu’ont fait les équipes pédagogiques au travers de "discussions de fond". Pour sa part, Colette Voisin se félicite d’un "double mouvement" : "en haut, une volonté de cadrer" mais aussi une volonté de laisser "la base travailler et faire émerger ce qui lui paraît le plus pertinent".
  • s’inscrire dans la nouvelle l’accréditation. "Ce qui a fait que 'ça a pris', c’est que nous avons été pragmatiques et qu’une vraie réflexion scientifique et pédagogique" a pu avoir lieu avec les enseignants-chercheurs, analyse Elisabeth Dufour-Gergam. Cela a été possible grâce, notamment, à "la liberté" que permet le nouveau processus d’accréditation. "Nous avons pu dire : 'on part avec ce qu’on a commencé à identifier, on s’adaptera au fur et à mesure'".

2- L’enjeu des outils communs : "schools", logiciels, numérique…


Nouvelles nomenclatures de masters


Les nouvelles nomenclatures réduisant le nombre d’intitulés de mentions de masters et licences (lire sur AEF) sont "tombées" en plein travail de rapprochement : "il a fallu revoir les périmètres, se reposer de nouvelles questions, s’adapter… Cela a compté dans la construction de la nouvelle offre de formation", explique Colette Voisin.

Pour autant, "beaucoup reste à faire" pour les M1 communs. L’organisation de ces masters mutualisés a nécessité la création de nouvelles structures internes, le réaménagement des formations, l’élaboration d’outils… Les disciplines n’avaient pas toutes les mêmes habitudes de collaboration d’un site à l’autre. "En SHS, les enseignants-chercheurs travaillent moins ensemble qu’en sciences dures. Une seule formation était co-habilitée", constate la directrice déléguée à la formation pour l’Université Paris-Saclay, même si "l’économie et la sociologie ont des pratiques peu éloignées des laboratoires [de sciences dures]", souligne Colette Voisin. Plusieurs questions restent posées : le coût de la coordination, le risque d’être "noyé dans un ensemble plus vaste", celui que "tout le monde ne joue pas le jeu"… En attendant, l’enjeu est aujourd’hui de "valoriser des méthodes de travail communes à tous", ainsi que l’explique Sylvie Pommier, chargée de mission pour la construction du collège doctoral de l’université Paris Saclay. Parmi les outils évoqués :

Des structures inter-établissements. 8 schools ont été créées sous la forme de "structures inter-établissements en charge de l’organisation de la formation dans un domaine scientifique donné". Ces schools ont eu "un cadrage, des réunions, des documents à produire… Par leur intermédiaire, le rôle de l’université – porter des projets collaboratifs – a pu se faire", se félicite Elisabeth Dufour-Gergam.

Des logiciels de gestion qui communiquent. Il faudra aller très vite sur les outils de gestion, les premiers masters mutualisés ouvrant en septembre. L’idée n’est pas "de tout uniformiser. Mais certains processus doivent être revus, par exemple celui de l’admission en vue d’une candidature unique aux formations", poursuit-elle. Et il est "hors de question" de ne pas utiliser l’outil numérique pour des recrutements communs d’étudiants. Les outils ne seront pas forcément communs mais doivent impérativement "communiquer entre eux". Des équipes y travaillent ensemble afin de gérer les inscriptions de septembre 2015.

Le numérique : un enjeu technique mais aussi pédagogique. "L’enjeu du numérique n’est pas seulement technique pour dématérialiser une formation. La réflexion sur la pédagogie - par projet, inversée… - est au cœur de la démarche [de mutualisation des masters]", pour Elisabeth Dufour-Gergam.

3- Susciter l’adhésion des étudiants

Qu’en pensent les étudiants ? Ils ont compris qu’un diplôme de l’université Paris Saclay avait de la valeur, et que la démarche de masters communs ne se fait pas aux dépens de l’identité des établissements, qui reste "un point fort" de Paris Saclay, assurent les intervenants. Ils n’auront pas non plus à être mobiles d’un site à l’autre "avant quelques années", en tout cas "pas avant que le site de Saclay ne soit doté de moyens supplémentaires de circulation", indique Elisabeth Dufour-Gergam. Elle présente plusieurs configurations pour l’organisation des masters.

Adapter les Moocs


"Nous avons travaillé à partir de Moocs créés au départ par HEC, l’X, Mines Telecom, autour de l’entrepreneuriat pour les adapter aux particularités des établissements et des publics", explique Pascal Corbel, VP chargé du développement et des partenariats à l’UVSQ.

Un nombre important d’étudiants. Quand le nombre d’étudiants est important, une équipe pédagogique commune est constituée, et un programme commun proposé sur différents sites. "Le numérique est un moyen – pas le seul – pour dupliquer ces formations."

Un M1 avec des particularités. Autre configuration : un "M1 avec des particularités". Les équipes pédagogiques se déplaceront de manière à ce que ce M1 soit assuré sur un seul site.

"Cas spécifiques" de déplacement d’étudiants. Dans certains "cas spécifiques", les étudiants "demandent à se déplacer"pour bénéficier d’équipements importants, par exemple une salle blanche. "Dans ce cadre, nous souhaitons mettre en avant des plateformes de TP."

(1) L’université Paris Saclay représente environ 70 000 étudiants, dont 12 000 en master.

(2) "Naissance de l’Université Paris-Saclay : la garantie d’une offre de formation au plus haut niveau ou comment grandes écoles et universités ont réinventé ensemble leur offre de formation".

(3) Paris-Sud compte près de 27 000 étudiants inscrits.

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Catherine Buyck, journaliste