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"Les fondations universitaires sont entrées dans une 2e phase de maturité" (J-M. Pautras, OIG Crédit coopératif aux RUE)

"Depuis la création des premières fondations universitaires, celles-ci sont entrées dans une deuxième phase de maturité, avec des équipes qui se sont professionnalisées, de vraies stratégies et une vision transversale", estime Jean-Marc Pautras, responsable de développement OIG Crédit coopératif, lors d’une table ronde consacrée aux fondations dans l’enseignement supérieur, le 20 mars 2015 dans le cadre des RUE 2015. Il souligne que ces fondations évoluent dans un "environnement plus large", marqué par "une concurrence rude", où "les donateurs ne se multiplient pas". "Les universités ont d’ailleurs un rôle à jouer dans l’éducation à la philanthropie", dit-il. Nicolas Crespelle, président de la Fondation UPMC, Grégory Quenet, directeur général de la Fondation de l’UVSQ, et Sophie Langouët-Prigent, vice-présidente de la Fondation Rennes-I, témoignent de leurs expériences.

Depuis la loi sur l’autonomie des universités de 2007, qui a permis la création de fondations universitaires, ces dernières se sont multipliées. Sept ans plus tard, plusieurs dirigeants de fondations tirent un premier bilan de leur fonctionnement, lors d’une table ronde consacrée au sujet dans le cadre des Rencontres universités-entreprises 2015. Il en ressort que ces fondations servent avant tout à "construire un sentiment d’appartenance" à la communauté d’un établissement d’une part, et à rapprocher l’université des entreprises de l’autre.

les fondations, outils de création d’un sentiment d’appartenance

"Nous avions déjà trois fondations internes et plusieurs chaires d’entreprises lorsque nous avons lancé la Fondation de l’UVSQ", explique par exemple Grégory Quenet, son directeur général. "Elle devait répondre à des enjeux cruciaux qui tenaient à cœur au président : donner une image forte et unitaire de l’université, construire un sentiment d’appartenance, et avoir une capacité à se projeter dans le temps, au-delà de la durée de vie d’un projet thématique."

"Quand on sort de Polytechnique, d’HEC ou de l’Insead, le système ne vous lâche pas, le sentiment d’appartenance vient naturellement", rebondit Nicolas Crespelle, président de la Fondation UPMC. "Nous, c’était différent. Certains de nos diplômés se disaient 'de Paris-VI', d’autres de 'l’UPMC', d’autres encore de 'Sorbonne sciences'… La fondation est devenue le porte-drapeau de l’ensemble de notre système académique vis-à-vis des donateurs et des grandes entreprises. C’est un moyen de créer du lien."

des vecteurs qui accélèrent les relations universités-entreprises

La fondation de Rennes-I est également née, à la suite de l’élection de Guy Cathelineau à la présidence, en 2008, de la nécessité de se doter d’un "outil visible pour chapeauter les relations entreprises et de développer le sentiment d’appartenance", alors que l’université avait déjà deux fondations en son sein. "La priorité était le rapprochement de l’université avec les entreprises. Au départ, nous n’avons pas reçu un accueil 100 % favorable, il y a eu des réfractaires", raconte Sophie Langouët-Prigent, vice-présidente de la fondation. "Aujourd’hui, il n’y en a plus du tout, la fondation fait l’unanimité. C’est une belle évolution en 6 ans."

"Souvent, nous sommes la première action de mécénat de nos donateurs", poursuit la représentante rennaise, qui précise compter aujourd’hui 150 partenaires entreprises de la fondation. "Ce ne sont pas forcément des levées de fonds extraordinaires, mais cela accélère les relations avec nos partenaires : en termes de stages, de recrutement, et aussi de recherches contractuelles, qui ont beaucoup augmenté grâce à la fondation. Elle permet d’apprendre à se connaître." Sophie Langouët-Prigent évoque par exemple l’organisation des "Rencontres de la recherche", pendant lesquelles les entreprises arrivent "avec de véritables problématiques" et sont "mises en relation avec les bons chercheurs". "Tout le monde s’y retrouve", assure-t-elle.

quel avenir à l’heure des comue ?

Jean-Marc Pautras, responsable de développement OIG Crédit coopératif, note que de son point de vue, les fondations universitaires "sont entrées dans une deuxième phase de maturité, avec des équipes qui se sont professionnalisées, de vraies stratégies et une vision transversale", alors qu’elles évoluent dans un "environnement plus large", marqué par "une concurrence rude" où "les donateurs ne se multiplient pas". Nicolas Crespelle confirme qu’il y a en France "entre 200 et 250 entreprises capables de donner de grosses sommes" et qu’elles sont "hypersollicitées", ce qui les amène à "créer elles-mêmes leurs propres fondations qui publient des appels d’offres".

Questionnés sur l’avenir de ces fondations à l’heure des Comue, les trois dirigeants n’ont pas encore de réponse précise à apporter. "Nos partenaires entreprises, TPE, PME ou grands groupes, ne connaissent pas encore le mot Comue", estime Sophie Langouët-Prigent (Rennes-I). Nicolas Crespelle considère que "ce qui compte pour les donateurs, c’est la marque. Et notre vrai souci, c’est que tout le monde a voulu s’appeler 'Sorbonne'… Le résultat, c’est que les donateurs trouvent cela compliqué et qu’ils nous renvoient souvent dans nos buts en nous demandant où nous sommes exactement. Il faudra un jour éclaircir tout cela, avec une seule université qui s’appellera Sorbonne, les autres prenant d’autres noms."

 

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Sarah Piovezan, journaliste