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L’École du renouvellement urbain forme les habitants des quartiers prioritaires

Si l’École du renouvellement urbain a pour vocation la formation des professionnels de la maîtrise d’ouvrage urbaine, des sessions existent depuis 2012 en direction des habitants des quartiers en renouvellement urbain. La dernière en date s’est tenue du 2 au 6 mars 2015. La séance du vendredi après-midi, ouverte au public, a permis aux participants d’interpeller des représentants des structures partenaires de l’école (Anru, USH, CGET, CDC) sur les enjeux de la politique de la ville et de la rénovation urbaine, forts de cinq jours de cours théoriques, diagnostics "en marchant", et ateliers de cas pratiques.


Former les habitants des quartiers de la politique de la ville aux enjeux de la rénovation urbaine et de la gestion urbaine, pour en faire des interlocuteurs capables de faire valoir le point de vue des usagers, tel est l’objectif de la session de formation d’une semaine qui a eu lieu du 2 au 6 mars dans les locaux de l’École du renouvellement urbain, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Le vendredi, pour la clôture de la session, les 25 habitants participants étaient invités, lors d’une séquence ouverte au public, à poser leurs questions ou à interpeller des représentants du CGET, de l’Anru et de l’USH, institutions partenaires de l’école, sur des sujets qui avaient émergé ou n’avaient pas trouvé de réponse pendant la formation.

À l’image, par exemple, de ces deux représentants d’un conseil citoyen d’un quartier de Sarcelles (Val d’Oise) qui confient leur désarroi de ne pas retrouver dans les "grandes orientations" du contrat de ville, que leur ont transmis le service politique de la ville, les projets qu’ils avaient défendu et s’étaient vus assurés de voir figurer. "Nous n’avons pas la possibilité de savoir si nos projets sont inscrits dans les orientations qu’on nous présente" se plaint l’un d’eux. "Le document est trop vague. Comment nous exprimer dessus ?" La réponse vient de Kaïs Merzouki, du bureau du soutien aux associations et de la participation des habitants du CGET : "c’est une première étape, le processus va se poursuivre, vous n’en êtes qu’au début".

Un centre de formation dédié au renouvellement urbain


L’Institut de formation à la maîtrise d’ouvrage de la ville (IFMO), association loi 1901, est un organisme de formation, dont le conseil d’administration comprend l’Anru, le CGET, l’USH et la CDC. Sa mission est de promouvoir la formation et la qualification des professionnels de structures intervenant dans le domaine de la maîtrise d’ouvrage de l’habitat, de la rénovation urbaine et de la politique de la ville.

L’IFMO a créé en 2004 l’École de la rénovation urbaine, renommée en 2013 École du renouvellement urbain. Les formations proposées sont des formations inter-acteurs s’adressant à l’ensemble des maîtres d’ouvrage des projets (collectivités locales, bailleurs) et aux prescripteurs (Services de l’État). La formation à destination des habitants, initiée en 2012, fait office d’exception.

formation théorique et diagnostic en marchant

Les participants étaient également invités à évaluer une semaine de formation qu’ils ont trouvée globalement "intense", et "très enrichissante". Un sentiment de satisfaction se dégage, en effet, très nettement de la table ronde. Les habitants, représentants associatifs ou simples citoyens, disent avoir "beaucoup appris". Le programme, "plutôt dense" selon certains, combine en effet sur cinq jours des formations sur plusieurs thèmes.

Le premier module a pour objectif de permettre aux habitants d'"identifier les cadres institutionnels et règlementaires du renouvellement urbain et de la participation des habitants", et propose un "diagnostic en marchant" d’un quartier en cours de rénovation pour en identifier les atouts et les défauts. Le second, qui doit permettre aux participants de "comprendre les enjeux du renouvellement urbain" et d'"approfondir les fondamentaux des transformations urbaines", prend la forme d’un jury composé des habitants, et chargé, à la manière des professionnels de la maîtrise d’ouvrage urbaine, d’en analyser la cohérence, la durabilité, la pertinence de la gouvernance du projet, et la place laissée aux habitants dans celui-ci. "Une manière de les mettre dans la peau des professionnels", se félicite Chantal Talland, la directrice de l’École.

plus de 200 habitants formés depuis 2012

Les habitants sont ensuite formés à "la gestion urbaine de proximité, ses enjeux et les démarches visant à son amélioration" lors d’un module théorique d’une journée. La formation se termine par la constitution d’ateliers de travail sur des "situations concrètes identifiées auprès des participants", visant à développer leur "expertise d’usage". Chaque groupe analyse le jeu d’acteurs et les enjeux de la situation, et propose une démarche permettant de rendre les habitants "acteurs dans ces situations" : modes de coproduction, outils partagés, modes d’information et de communication.

L’École du renouvellement urbain, qui propose habituellement des formations à destination des professionnels de l’urbanisme, s’ouvre plusieurs fois par an aux habitants des quartiers ciblés (ou potentiellement ciblés) par des opérations de rénovation urbaine. "Cette formation existe depuis 2012 et a permis de toucher plus de 200 habitants", se félicite Chantal Talland pour qui, le succès n’est plus à prouver. "Il y a même une liste d’attente de 50 personnes" pour des sessions supplémentaires, dont les prochaines auront lieu du 20 au 24 avril et du 22 au 26 juin 2015.

la gratuité totale comme principe fondamental

"La formation est ouverte à tous les citoyens, avec deux limites", explique encore la directrice, "le quartier d’où ils sont issus doit faire partie des quartiers prioritaires de la politique de la ville, et il ne peut y avoir que deux représentants du même quartier à la fois. Nous ne nous adressons pas spécifiquement à des représentants d’associations, et en aucun cas ce ne sont les bailleurs sociaux qui recrutent nos participants." Autre principe fondamental, pour la directrice de l’École : la gratuité totale pour les habitants. Ainsi, l’hébergement et la nourriture sont pris en charge toute la semaine. "C’est la seule façon de faire venir des représentants des quartiers dans leur diversité socio-économique" explique-t-elle. Le recrutement est par ailleurs national, autre façon d’en garantir la diversité.

 

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Basile Delacorne, journaliste